Grande figure de l’équitation corrézienne et du complet, Gilles Bordes s’est éteint

Le complétiste corrézien Gilles Bordes est décédé ce samedi 3 janvier à l’âge de soixante-quatre ans, a-t-on appris aujourd’hui. Installé à La Vigne, au sein de la commune de Sainte-Fortunade, juste à côté de Tulle, il avait connu ses plus belles heures sportives en compagnie d’Orion de Cavalhac. Gilles Bordes était également reconnu comme un talentueux formateur de jeunes chevaux.



“C’est avec une grande tristesse que je vous annonce le décès de Gilles, [survenu] ce samedi 3 janvier”, peut-on lire sur la page Facebook des écuries de Gilles Bordes, sises au lieu-dit La Vigne, à Sainte-Fortunade, tout près de la préfecture corrézienne de Tulle. Ses parents, Marcel et Denise, avaient créé là le centre équestre de la Vigne, où Gilles Bordes, né le 29 janvier 1961, entraînait cavaliers et chevaux aux côtés de son épouse, Katia Rouchette, plutôt spécialisée en dressage tandis que lui a pratiqué le concours complet en compétition jusqu’en 2024, et concourait toujours en saut d’obstacles en 2025. “Dès les années 1980 et 90, il réalisait déjà de belles performances aux niveaux régional et national dans ces deux disciplines”, se rappelle Emmanuel Quittet, ancien sélectionneur national de l’équipe de France de complet Poneys qui fut aussi président du Comité régional d’équitation du Limousin et qui a côtoyé Gilles Bordes “sur tous les terrains”

Le Corrézien, décédé des suites d’une rupture d’anévrisme selon les informations de France Complet, a connu ses plus belles heures sportives avec Orion de Cavalhac, un Anglo-Arabe que Gilles Bordes et son épouse ont formé depuis ses quatre ans. Sixième du championnat de France des chevaux de complet de six ans à Pompadour en 2008, le gris a permis à son cavalier de se classer quatrième de la Coupe de France Pro 1 disputée au même endroit dans le cadre du Master Pro l’année suivante. Deuxièmes de leur première Pro Élite commune à Pompadour en 2010, ce qui leur avait permis d’y remporter le Critérium de la catégorie, le Corrézien et son hongre avaient connu un moment bien plus dramatique l’année suivante, où Gilles Bordes avait subi une grave chute lors du cross de la Pro Élite de Pompadour. Si Orion s’en était tiré indemne, son cavalier avait dû être hospitalisé en soins intensifs à l’hôpital de Limoges avant de passer entre les mains d’un chirurgien-plasticien, ayant souffert de fractures au niveau du visage. Après avoir concouru un peu sous la selle de Katia Rouchette, Orion avait retrouvé son cavalier dans de petites épreuves d’abord, puis jusqu’à aborder de nouveau le niveau Pro Élite en 2014. Vainqueur de l’étape du Grand National du Lion-d’Angers en 2016, le couple avait représenté la France lors de six CCIO 4*: à Houghton Hall et Malmö - où il s’était classé septième individuellement – en 2014, Ballindenisk et Boekelo en 2015 puis Fontainebleau et Aix-la-Chapelle en 2016.



Gilles Bordes avait donc goûté au très haut niveau international, mais il était aussi et surtout reconnu comme un talentueux formateur de chevaux et de cavaliers. Du côté des équidés qu’il a formés le plus récemment, on peut évidemment citer Firewall des Aucels, sacré champion d’Europe Jeunes cavaliers sous la selle de Charlotte Bordas en 2023 à Montelibretti. “Mon papa me répète toujours ‘nous nous formons en fonction des personnes que nous rencontrons’”, a écrit la jeune femme sur les réseaux sociaux. “Effectivement [Gilles], tu es la personne qui a tout fait changer dans ma vie. Celle qui a dit à mes parents que j’avais peut-être quelque chose en plus à cheval. Celle qui a mis Byzance (de Kolonaki, la première jument avec laquelle Charlotte a concouru internationalement, ndlr) sur ma route. Celle qui a mis mon champion (Firewall, ndlr) sur ma route et qui l’a formé à ses débuts. Celle qui a fait que j’en suis là aujourd’hui. Je n’oublierai jamais tous les merveilleux moments qu’on a passés ensemble. Tu es parti bien trop tôt et si soudainement. Tu as laissé un si grand vide et tant de larmes de tristesse ont coulé… J’espère une chose: que de là-haut tu me suivras tout autant que tu le faisais avant! Mille mercis pour tout Gilles. Une immense pensée à toi Katia, qui a tout fait pour Gilles et pour moi. Également une pensée à toute la famille dans ce moment déchirant.”

“Gilles était de ces personnes qu’on ne pouvait qu’aimer: bienveillant, espiègle et attachant”, salue quant à elle avec émotion son ancienne élève Aurélie Riedweg, qui a évolué en concours complet jusqu’au niveau 4* après s’être entraînée aux côtés de Gilles Bordes de ses quinze à ses dix-huit ans. “Grâce à lui, j’ai pu intégrer la formation initiale à l’école nationale d’équitation de Saumur et commencer ma vie professionnelle. Après cela, nous sommes toujours restés proches. Comme cavalier ou entraîneur, il savait extraire le meilleur de ses chevaux et de ses élèves, avec simplicité et complicité. Il a marqué ma vie et celle de bien d’autres.” Et Emmanuel Quittet de confirmer: “Gilles a aidé énormément d’élèves. Sa femme et lui étaient très investis dans leur accompagnement. D’ailleurs, ils organisaient régulièrement des stages avec Philippe Limousin, par exemple. Il était l’un de mes meilleurs copains depuis quarante-cinq ans, donc je suis très touché par sa disparition. Je pense beaucoup à tous les gens formidables qui composent sa famille. Au-delà d’être une figure du concours complet français, il était aussi une figure de l’équitation en Limousin.”

L’ensemble de la rédaction de GRANDPRIX adresse ses plus sincères condoléances aux proches de Gilles Bordes



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