Cap Kennedy a poussé son dernier souffle
Le haras du Bois Margot a annoncé ce matin la mort de Cap Kennedy, l’un de ses étalons les plus demandés. Importé jeune du Holstein, ce fils de Cassini II est surtout connu comme le père de Dallas Vegas Batilly, sacrée championne olympique par équipes en 2024 à Paris puis médaillée d’argent par équipes aux championnats d’Europe de La Corogne l’été dernier avec le Britannique Ben Maher.
Cap Kennedy*Bois Margot est mort dans sa vingt-troisième année. Lætitia Viollet, copropriétaire du haras du Bois Margot avec Rodolphe Bonnet, l’a annoncé ce matin sur les réseaux sociaux. De retour d’une sortie au paddock, l’étalon, qui semblait en pleine forme, se serait brusquement écroulé. “Ils nous a quittés sans souffrir, ce qu’on pourrait souhaiter à tout être”, dit Lætitia Viollet, contactée par GRANDPRIX. Le Holsteiner gris par Cassini II et une mère par Cantus était stationné de très longue date au Pin, dans le Calvados, ayant été importé en France dès son plus jeune âge. “Lors de la Körung du Holstein, en 2006, il nous avait subjugué. Il avait deux ans et sautait comme un avion”, se souvient l’éleveuse. “Tu étais un cheval volant et de robe grise, nous t’avons baptisé Cap Kennedy. […] Ton caractère est resté immuable jusqu’à ton dernier souffle: toujours de bonne humeur, toujours studieux, toujours généreux à l’obstacle, toujours connecté aux humains qui t’ont monté et entouré”, salueLætitia Viollet dans son message diffusé sur les réseaux sociaux.
Formé par Timothée Anciaume à cinq ans, puis à nouveau par le Rouennais et Marc Dilasser à six ans, avec à la clé une participation au Mondial des Jeunes Chevaux à Lanaken, Cap Kennedy était passé sous la selle de Guillaume Batillat en 2011, obtenant un ISO 137, le meilleur de sa courte carrière. À huit et neuf ans, Soline Willemann Aubry et Simon Delestre avaient poursuivi la formation du gris, qui avait achevé son parcours sportif avec Pauline Paris, Edgar Paillousse et Clément Boulanger. Sa meilleure performance fut un classement à 1,45m dans une épreuve nationale disputée en juillet 2012à Lure, en Haute-Saône, avec Simon Delestre.
Cap Kennedy s’est surtout illustré à l’élevage. En France, l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE) recense pas moins de 1.276 saillies enregistrées en France entre 2007 et 2025 pour un total de 630 poulains nés entre 2008 et 2025. Sur 496 produits âgés de six et plus en 2025, huit ont été indicés à 140 et plus, dont Jaguar du Gautray (ISO 144/2025, SF, mère par L’Amour du Bois), Calypso du Léon (ISO 144/20, Z, mère par Bayard d’Elle) et Utopia d’Étrez (ISO 144/16, CS, mère par Carnute), mais aussi Unna de Kerglenn (ISO 155/17, SF, mère par Diamant de Semilly), excellente mère et performante jusqu’à 1,50m avec Kevin Staut, Cap Libellule (ISO 159/24, SF, mère par Jarnac), classé jusqu’en Grands Prix à 1,55m avec Jean-François Filatriau, et surtout Dallas Vegas Batilly (ISO 174/24, mère par L’Arc de Triomphe).
En 2010 à Lanaken, Cap Kennedy avait pris part au Mondial des Jeunes Chevaux sous la selle de Marc Dilasser.
© Sportfot
Née chez Jean-Claude Viollet, le père de Lætitia, cette puissante jument a été formé successivement par Valentin Véry, Claire Fontanel Berne, Mégane Moissonnier, Romain Ozzola et Nicolas Delmotte, qui l’a valorisée jusqu’à 1,60m, le couple se classant au CSIO 5* d’Aix-la-Chapelle en juillet 2022. Vendue à Ben Maher par l’intermédiaire de Laurent Guillet, Dallas Vegas Batilly a permis au Britannique de se classer dans pas moins de trente-huit épreuves à 1,60m et plus. Le couple a notamment remporté le Grand Prix Rolex du CSIO 5* de Belgique et le Grand Prix Coupe du monde Longines de Vérone en 2023. Sélectionné dans six Coupe des nations de niveau 5*, il a contribué à la deuxième place de la Grande-Bretagne en 2023 à Aix-la-Chapelle, puis à sa troisième place dans cette même épreuve en 2024, avant de contribuer pleinement à la médaille d’or britannique aux Jeux olympiques de Paris 2024, puis à la médaille d’argent du quatuor de Di Lampard aux championnats d’Europe Longines de La Corogne, l’été dernier.
“Merci Cap de nous avoir légué Dallas Vegas Batilly. Ta fille est tout simplement l’une des meilleures juments du monde. Voici encore un signe de ta générosité. Tu es la preuve que l’élevage n’est pas une affaire de mode, mais de constance et de persévérance, de convictions”, analyse Lætitia Viollet, estimant que “si les succès de Dallas Vegas ont avantageusement relancé la demande, Cap Kennedy est un étalon qui a toujours suscité l’intérêt des éleveurs, dont certains lui restent très fidèles. D’une manière générale, ses produits ont hérité de ses qualités à l’obstacle, de sa douceur et de son envie de bien faire. On en trouve des compétitifs dans le monde entier, et je dirais que les cavaliers, notamment les cavalières, sont les meilleurs ambassadeurs de Cap Kennedy”, conclut l’éleveuse.
Revivez la présentation de Cap Kennedy au Salon des étalons de Saint-Lô en 2024 (sous la photo).
Dallas Vegas Batilly, meilleur produit de Cap Kennedy, a contribué à la médaille d’or britannique aux Jeux olympiques de Paris 2024.
© Benjamin Clark/FEI

