Jacky Angot nous a quittés; Easy Up de Grandry et Cédric Angot honorent sa mémoire
Jacky Angot est décédé la nuit dernière dans sa quatre-vingt-cinquième année. Cavalier, éleveur et homme de cheval, ce Normand, indissociable de Joëlle, son épouse, a peuplé le paysage équestre français de quatre fils: Grégory, instructeur, puis Cédric, Florian et Reynald, qui ont tous porté la veste bleue de l’équipe de France. Lors du CSI 2* de Gassin, cet après-midi dans le Var, Easy Up de Grandry, le meilleur produit de l’élevage familial manchois, et Cédric Angot, respectivement vainqueur et troisième de l’épreuve majeure à 1,45m, lui ont rendu hommage à leur manière.
Jacky Angot le 20 novembre dernier à Saint-Lô.
© Jean Bougie
Jacky Angot nous a quittés la nuit dernière à l’âge de quatre-vingt-quatre ans après avoir courageusement et dignement lutté contre une maladie. Avec lui, c’est une grande figure du monde équestre normand qui s’éteint. Né en 1941, cet homme élégant et souriant avait repris la ferme familiale de Granderie, à Remilly-sur-Lozon, devenue Remilly-les-Marais, à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest du Pôle hippique et Haras national de Saint-Lô, où il manquait rarement à l’appel des Jeunes Chevaux. Autour de ce manoir de granit merveilleusement conservé, devenu haras d’Austral à la faveur de son acquisition en 2007 par l’Australienne Heather Killen, Jacky avait élevé des chevaux dès 1968, l’année où il avait épousé Joëlle, jeune Parisienne dont les parents avaient un pied-à-terre dans la Manche, comme le relate notre confrère Jean Bougie, dans “Le cheval de sport en Normandie”. Ils y avaient également créé une école d’équitation renommée.
Le couple donna bien vite naissance à quatre figures du monde équestre en 1969, 71, 73 et 75: Grégory, instructeur au village équestre de Brix, dans le Cotentin, Cédric, cavalier international et coach établi dans les Yvelines avec son épouse Eugénie, Florian, pilier de l’équipe de France de jumping de 2004 à 2007 avec l’étalon national First de Launay*HN, neuvième des championnats d’Europe de 2007 à Mannheim, et enfin Reynald, sacré champion du monde par équipes en 2002 en selle sur l’étalon Dollar dela Pierre. Lors de leurs réunions familiales à la Granderie, les Angot parlaient au moins autant de chevaux que de chasse, leur autre grande passion.
“Un regard nous suffisait pour nous comprendre”, Julien Épaillard
Cavalier adroit, fondateur de la Société hippique rurale de Saint-Jean-de-Daye, Jacky Angot forma nombre de bons et très bons chevaux, dont Mistinguette II (TF, Fra Diavolo) et Idéal de la Haye (ISO 176, SF, Amarpour, Ps x Prince du Cy), sacré champion du monde par équipes à huit ans sous la selle de Michel Robert, en 1982 à Dublin, avant d’accompagner l’Italien Graziano Mancinelli aux Jeux olympiques de Los Angeles, en 1984. L’Institut français du cheval et de l’équitation recense quelque trois cent trente-six chevaux de Grandry nés pour le compte des Angot, dont les meilleurs restent Ivoire (ISO 145, Cornet Obolensky x Mylord Carthago), Harmony (ISO 146, Lifestyle x Mylord Carthago), Elina (ISO 148, Qlassic Bois Margot x Quick Star), Philomène (ISO 148, Quidam de Revel x Incitatus), Iroise (ISO 154, Calypso de Moyon x Hadj A, AA) et Soprano (ISO 156, Jarnac x Hadj A, AA), fort bien valorisé par Florian Angot, Ulk (ISO 162, Mazarin V x Uriel) et bien évidemment Easy Up de Grandry (ISO 166, Jarnac x For Pleasure), qui brille actuellement sous la selle de Julien Épaillard après avoir été formé par Florian et Reynald.
Cet après-midi dans le Var, en guise d’hommage, le couple a remporté la qualificative à 1,45m du CSI 2* de Gassin, signant le plus rapide des dix-huit sans-faute, devant le légendaire Suédois Peder Fredricson, deuxième sur Vroom de la Pomme (Z, Vigo d’Arsouilles x Untouchable 27), et… Cédric Angot, troisième avec Gandor du Fief (SF, Upsilon x Corland) – le tout aux côtés de Philippe Rozier, directeur sportif du concours et quatrième avec sa fidèle Dirty Sweet (SF, Cornet Obolensky x Lavillon). Dans l’excellent article de notre confrère Xavier Boudon sur le site internet de L’Éperon, un Julien Épaillard ému honore la mémoire de Jacky Angot. “Cette victoire était la meilleure façon, sinon la seule, de lui rendre hommage. Plein de souvenirs, de très bons souvenirs, se bousculent dans ma tête. J’ai connu Jacky quand j’avais cinq ou six ans. Je passais mes vacances à la ferme de Granderie, et Reynald venait à la maison. Je me rappelle de grandes tablées avec de formidables repas de famille. Je me souviens aussi avoir vêlé une vache avec lui quand j’étais tout jeune. Jacky était un homme de cheval, un homme de la terre, un travailleur acharné, un ami, toujours à l’écoute, qui prenait soin des autres sans jamais donner de leçon. Un regard nous suffisait pour nous comprendre.”
En 2022, Joëlle et Jacky Angot avaient levé le pied, transmettant leurs poulinières à leur quatre fils et vendant aux enchères le reste de leur cheptel par l’intermédiaire de l’agence NASH. Depuis, Jacky continuait à fréquenter assidûment les concours Jeunes Chevaux, jusqu’à ce que la maladie ne le prive de cette passion. Depuis ce midi, les messages pleuvent pour saluer la personnalité et l’œuvre de cet authentique homme de cheval. “L’ordre des choses” est ce qu’il est, mais on ne peut s’empêcher de s’attrister de la disparition d’une telle figure.
GRANDPRIX adresse ses plus sincères condoléances à Joëlle, l’épouse du défunt, ainsi qu’à Grégory, Cédric, Florian et Reynald, leurs quatre fils, à leurs petits-enfants, mais aussi à leurs amis, très nombreux dans cette filière équestre à laquelle Jacky Angot donna sans compter son engagement, son regard et ses bons mots.
On retrrouve ici les regrettés Germain Levallois et Jacky Angot à l’ancien Jumping international de Caen. Au second plan, on reconnaît le maître instructeur Francis Mas et Élise Mégret, passionnée d’élevage et de sport.
© Jean Bougie

