Sara Brionne se résout à vendre Grand Duc du Paradiso, qui rejoint les États-Unis
Grand Duc du Paradiso n’évoluera plus sous la selle de Sara Brionne. Alors que le couple semblait franchir de nombreux paliers ces derniers mois, et que la Française de vingt-quatre ans avait annoncé dans le magazine GRANDPRIX du mois de mars avoir décidé de conserver le fantastique étalon bai malgré les nombreuses sollicitations commerciales, celle-ci a finalement fait le choix de s’en séparer. Le fils de Vagabond de la Pomme, figurant parmi les meilleurs chevaux du moment, évoluera désormais avec l’Américaine Eve Jobs.
On ne verra plus Grand Duc du Paradiso et Sara Brionne évoluer ensemble. En effet, le Selle Français fils de Vagabond de la Pomme, qui appartenait au grand-père de la cavalière, a été vendu à l'Étasunienne Eve Jobs, dont il devrait rejoindre les écuries dès ce lundi. Une annonce aussi tonitruante que surprenante, Sara Brionne ayant déclaré pas plus tard qu’au mois de mars, dans le magazine GRANDPRIX, qu’elle avait décidé de le conserver.
Sur Instagram, la Sara Brionne a écrit: “Mon cher Grand Duc, il m’est impossible de résumer nos quatre années passées ensemble en un simple texte… Tu as été mon évidence, mon cheval guide, ma moitié… Notre lien est éternel et indéfectible je n’ai aucun doute là-dessus. Tu es entré dans ma vie pour me protéger et me guider, ton contrat est rempli, et je pense que tu croises le chemin d’Eve (Jobs, ndlr) pour les mêmes raisons… Merci pour tous ces moments sportifs, mais surtout merci pour tous nos moments de complicité et d’amour. Je t’ai toujours promis que si tu devais partir un jour, tu irais dans une maison où tu seras au moins aussi bien que chez nous. Je suis sereine quant à ta future vie aux côtés d’Eve et de son équipe. Eve, je te passe le relais. Profite de tout ce que tu auras l’occasion de vivre avec lui, mêmes les mauvais moments, il (Grand Duc du Paradiso, ndlr) en vaut tellement la peine. Grand Duc tu es l’un des amours de ma vie, pour toujours.”
Une perte importante pour le jumping tricolore
Figurant sans conteste parmi les meilleurs chevaux du moment, comme en témoignaient les nombreuses sollicitations commerciales reçues par Sara Brionne ces derniers mois, son départ représente une lourde perte pour l’équipe de France. Grâce à son immense galop, son respect et à la puissance qu’il dégage, Grand Duc du Paradiso semblait taillé pour les plus grandes échéances internationales. Si son jeune âge et l’inexpérience du couple qu’il formait avec Sara Brionne pouvait laisser penser que les Mondiaux d'Aix-la-Chapelle arrivaient peut-être un peu tôt, le bai apparaissait déjà comme un sérieux prétendant aux grands rendez-vous à venir. Plus largement, le cheval né au sein de l’élevage de Jean-Marie Lefevre, à Amiens, représentait un atout de choix pour les troupes du sélectionneur national Édouard Coupérie dans les années à venir.
Toujours associé à la Normande d’adoption sur la scène internationale, Grand Duc du Paradiso, formé de quatre à six ans par Luc Couteaudier, a gravi les échelons avec une régularité impressionnante. Le couple avait fait ses débuts internationaux en 2022, lors des épreuves réservées aux jeunes chevaux à l’occasion de la première édition de Compiègne Classic. Après des passages remarqués sur le circuit des six et sept ans, les deux complices avaient poursuivi leur ascension à Lierre, où ils avaient disputé leur première épreuve comptant pour le classement mondial Longines. Pour ce baptême à ce niveau, le duo avait frappé fort en décrochant une septième place grâce à un double sans-faute.
L’année dernière, à neuf ans, Grand Duc du Paradiso a véritablement changé de dimension. Troisième du Petit Grand Prix du CSI 3* de Compiègne Classic, il avait ensuite conclu le Grand Prix du CSI 3* du Touquet Classic avec un seul point de temps dépassé. Quelques semaines plus tard, le couple s’était illustré à Cabourg avec une brillante cinquième place dans le Grand Prix 4* à 1,55m. Puis, sur la prestigieuse piste en herbe de Chantilly, le bai avait confirmé tout son potentiel en s’offrant la quatrième place du Grand Prix 4* à 1,55m, avant de ne concéder qu’un point de temps dans le Grand Prix du CSI 4* de Deauville Classic. Cette remarquable régularité avait logiquement ouvert au duo les portes de la finale du circuit EEF des Coupes des nations, disputée à Avenches. En Suisse, Sara Brionne et son petit-fils de Toulon avaient signé trois parcours magistraux, tous vierges de la moindre pénalité, offrant à la France une brillante deuxième place.
En fin d’année dernière, la Française et son crack avaient gravi un échelon supplémentaire en obtenant un ticket d’entrée pour disputer les épreuves intermédiaires du CSI 5*-W de Lyon, où son étalon s’était montré irréprochable sur les hauteurs de 1,45m et 1,50m. Plus récemment encore, Grand Duc du Paradiso et Sara Brionne avaient confirmé leur montée en puissance lors du championnat de France (en photo ci-dessous). Auteurs de trois parcours sans faute tout au long du championnat, les deux complices avaient décroché une prometteuse quatrième place, laissant entrevoir une saison 2026 particulièrement ambitieuse.

Crédit Mélina Massias
Un nouvel achat pour Eve Jobs
Avec cet achat, Eve Jobs, qui suivait le cheval de très près depuis le CSI 5*-W d’Equita Lyon et aurait été définitivement conquise après un essai remontant au début de la semaine, confirme sa volonté d’investir dans des chevaux de tout premier plan. En effet, il y a quelques semaines, la cavalière avait déjà fait l’acquisition de Good Star du Bary, le hongre qui avait permis à l’Irlandaise Jessica Burke de devenir la première femme lauréate du Grand Prix Coupe du monde de Bordeaux. Pour rappel, il y a un peu plus d’un an, la fille de Steve Jobs avait déjà fait l’acquisition de Zineday, vice-champion d’Europe à Milan avec l’Allemand Philipp Weishaupt. Par ailleurs, au début de sa carrière chez les Seniors, l’Étasunienne avait pu s’appuyer sur Venue d’Fées des Hazalles, une fille de President appartenant à la Belge Fabienne Daigneux, avec laquelle elle avait notamment disputé la finale de la Coupe du monde Longines de Göteborg ainsi que les Jeux panaméricains de Lima en 2019. Enfin, depuis janvier 2025, la cavalière peut également compter sur Canto Bruno, performant jusqu’en Grands Prix 5* sous la selle de la Finlandaise Aura Vasama.
Si le prix de la vente n’a, comme souvent, pas été communiqué publiquement, il s’agit certainement d’une somme à sept chiffres compte tenu du potentiel de ce crack.
Ci dessous (re)vivez le brillant parcours sans faute que Grand Duc du Paradiso dans le Grand Prix du CSI 4* de Chantilly Classic, en 2025.

