Favoris des Mondiaux, Boyd Exell et Bram Chardon évoquent leur préparation

Deux des meilleurs meneurs d’attelage à quatre chevaux au monde, Boyd Exell et Bram Chardon, ont déjà les yeux rivés sur les championnats du monde FEI d’Aix-la-Chapelle. L’Australien Boyd Exell s’est imposé comme une référence de la discipline en décrochant cinq titres mondiaux individuels, entre 2010 et 2018. De son côté, le Néerlandais Bram Chardon figure parmi les meneurs les plus titrés de sa génération, avec plusieurs sacres européens, des titres mondiaux par équipes et de nombreuses victoires en Coupe du monde FEI. Dans une interview, les deux champions reviennent sur leur préparation pour l’événement, qui se déroulera du 11 au 23 août.  



Quel regard portez-vous sur les championnats du monde d’Aix-la-Chapelle, qui réunissent six disciplines équestres ?

Boyd Exell : C’est toujours enthousiasmant. Cela contribue à l’ambiance générale, car les fans de chaque pays suivent la compétition de plus près et s’intéressent davantage aux performances ainsi qu’aux résultats de leurs équipes. Mais une fois en compétition, nous nous concentrons sur ce que nous faisons et ne pensons pas à tout ce qui se passe autour.

Bram Chardon : C’est bénéfique pour la visibilité de notre sport. Comme toutes les disciplines sont réunies (toutes celles placées sous l’égide de la Fédération équestre internationale, à l’exception de l’endurance, ndlr), on attire aussi des spectateurs qui sont à l’origine venus pour le saut d’obstacles mais qui restent ensuite pour assister aux épreuves d’attelage, ce qui nous permet d’attirer un nouveau public vers notre discipline. Le nombre de spectateurs attendus pour les épreuves d’attelage sera donc lui aussi important. C’est un peu comme les Jeux équestres mondiaux qui ont connu un grand succès en 2006 à Aix-la-Chapelle, c’est un lieu qui a fait ses preuves pour renouveler l’expérience.

Quelles sensations éprouvez-vous lorsque vous concourez à Aix-la-Chapelle ?

Bram Chardon : C’est très inspirant pour nous, en tant que meneurs, d’être aux côtés de l’élite mondiale de chaque discipline, voir d’autres athlètes réaliser des performances sous une pression intense, avant de se lancer soi-même sur le parcours… Toute cette ambiance ici incarne l’essence même du sport équestre. Tous les athlètes présents ressentent une tension supplémentaire en raison du lieu où ils se trouvent. Le marathon est ensuite un moment à part. Dès les obstacles d’eau, on aperçoit des rangées de spectateurs sur l’ensemble du parcours, on ne se retrouve jamais seul. Il y a toujours du public pour nous encourager, ce qui est vraiment exceptionnel.

Boyd Exell : Il y a plusieurs milliers de personnes, et on entend vraiment la foule. Bien sûr, cela ajoute énormément à l’ambiance de la compétition. On se laisse en quelque sorte porter par cette atmosphère, tout en essayant de rester concentrés.  

Quel est votre programme pour les dernières semaines avant les championnats du monde ?

Boyd Exell : Nous avons tous les deux encore quelques compétitions à disputer. Dans notre programme, tout s’articule autour d’Aix-la-Chapelle, nous le préparons en vue de cet événement. Le plus important, c’est de maintenir les chevaux en forme, cela implique de ne ni trop les solliciter, ni pas assez. Il faut trouver le bon équilibre.

Bram Chardon : Nous avons déjà une idée des cinq chevaux que nous souhaitons emmener. Pour chacun d’eux, nous avons mis en place un programme depuis le début de la saison jusqu’à Aix-la-Chapelle, afin de déterminer le meilleur calendrier individuel pour les amener au meilleur de leur forme. Il arrive que les choses ne se passent pas comme prévu, et il faut parfois adapter son programme en vue des championnats du monde. Nous connaissons le site, donc nous savons à quoi nous préparer. Et nous savons que toute la semaine à Aix-la-Chapelle exige des chevaux en excellente condition physique.

Qu’est-ce qui rend l’attelage à quatre chevaux si particulier ?

Boyd Exell : C’est tout simplement le plus grand plaisir qu’on puisse avoir en restant assis ! Et c’est aussi un véritable travail d’équipe. Le propriétaire d’un cheval de saut d’obstacles ou de concours complet regarde le cavalier monter et concourir, alors que nous, nos sponsors, propriétaires et amis peuvent nous accompagner sur l’attelage. Ils font partie intégrante de l’expérience de la compétition, il ne s’agit pas seulement de meneurs individuels, mais de tout un groupe de personnes. C’est ce qui rend notre sport unique : chaque équipe compte dix ou douze personnes lors des compétitions. C’est un travail considérable, mais l’union fait la force.

Bram Chardon : L’équipe participe également à la stratégie pendant la course. Lors des épreuves de marathon et de maniabilité, la communication entre le meneur et les grooms est très intense, ils jouent vraiment un rôle très actif et déterminant dans le résultat. Il y a des personnes au sol qui vérifient les scores, nous tiennent informés des temps intermédiaires, etc. Ce n’est pas seulement mon travail, c’est celui de toute l’équipe.