’’Mexico est là pour au moins cinq ans, il faut faire les choses correctement’’, Alvaro Arietta

Début janvier, le Global Champions Tour a officialisé la création d’une nouvelle étape à Mexico, du 14 au 17 avril. Deuxième escale du circuit, juste après Miami, elle va permettre à Jan Tops d’implanter le saut d’obstacles en Amérique du Sud, alors que les Jeux olympiques auront lieu au Brésil, dans quelques mois. Pour GrandPrix-Replay, Álvaro Arrieta Konyay, en charge de son organisation, lève le voile en avant-première sur cette compétition inédite.



GrandPrix-Replay : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur Campo de Marte, le lieu qui accueillera cette deuxième étape du Global Champions Tour 2016 ?
Álvaro Arrieta Konyay : Campo de Marte est un lieu militaire. Il est situé dans Polanco, qui est le plus beau quartier de Mexico, sur l’Avenue Reforma, qui est l’un des axes routiers les plus importants de la ville. Nous avons déjà organisé des compétitions là-bas. Évidemment, le concours était de plus petit niveau que le Global Champions Tour, mais nous savons que le terrain est bon. De plus, le fait qu’il soit sous l’autorité militaire fait que son accès est contrôlé et qu’il est entretenu.
En 1968, Campo de Marte a déjà accueilli des épreuves de saut d’obstacles, dans le cadre des Jeux olympiques. Quarante-huit ans après, ce terrain, qui est apparu sur les télévisions du monde entier en noir et blanc, va retrouver sa place en couleurs ! 
 
GPR : Le saut d’obstacles est-il un sport populaire au Mexique ?
Á. A. K. : Pour être franc, pas vraiment. Au Mexique, quelques personnes sont riches, mais beaucoup ne le sont pas. Du coup, la majorité des gens n’ont pas accès aux chevaux. Ceci dit, avec l’émergence d’une classe moyenne qui se développe peu à peu, la discipline commence à grandir. Par exemple, lors des championnats du Mexique, nous avons reçu mille chevaux. Tout cela prend du temps et il n’y a pas encore beaucoup de cavaliers de haut niveau. Mais ce n’est pas forcément facile d’y accéder lorsque l’on est au Mexique car les belles épreuves et les bons chevaux ne s’y trouvent pas.
 
GPR : Quels sont les défis à relever lorsque l’on décide d’organiser un CSI 5* dans un pays comme le Mexique, qui n’a pas forcément l’habitude d’accueillir les plus belles compétitions du monde ?
Á. A. K. : D’abord, il y a la promotion de l’événement. Heureusement, le gouvernement mexicain aide beaucoup le tourisme, surtout quand il s’agit de grands événements sportifs de golf ou de football par exemple. Lorsque nous leur avons soumis l’idée d’amener le Global Champions Tour au Mexique, ils ont trouvé la couverture médiatique globale et mondiale qu’offre le GCT fantastique.
Ensuite, le Global Champions Tour ne comptait que trois étapes hors d’Europe : Miami, Shanghai et Doha. Organiser un concours à Mexico prenait donc tout son sens, surtout immédiatement après Miami. Une fois à Miami, il ne faut que trois heures en avion pour se rendre à Mexico, ce qui est une bonne option pour les cavaliers et leurs chevaux. C’était indispensable, car nous avons signé un contrat pour cinq ans.
 
GPR : Qu’en est-il des problèmes sanitaires, notamment pour les chevaux ?
Á. A. K. : Nous sommes partis du constat que les chevaux voyagent beaucoup dans une saison et qu’il serait bien de pouvoir leur éviter de longs voyages inutiles et fatiguants. La connexion entre les États-Unis et l’Europe se fait très bien et nous voulions retrouver la même chose pour le Mexique. Nous avons donc réussi à obtenir une permission spéciale et un accord a été signé entre le Mexique et la Commission européenne. À l’aller, les chevaux partiront de Liège et iront jusqu’à Miami. Pour ce trajet-là, il n’y a aucun problème. Ils feront ensuite le voyage jusqu’à Mexico avant de retourner en Europe. Tout au long de ces voyages, les chevaux suivront un protocole très strict. Ils voyageront tous ensemble, dans des avions spéciaux, avant de rejoindre des camions spéciaux. Tout sera contrôlé, des écuries aux terrains d’échauffement. Ce n’était pas un point facile, mais nous voulions tout faire proprement et correctement. Nous préparons la première édition du CSI 5* de Mexico, nous partons pour cinq ans, alors c’était très important.
 
GPR : À un peu moins de quatre mois du lancement de la compétition, le lieu est-il prêt ou y a-t-il des travaux à faire ?
Á. A. K. : Comme je le disais, c’est un terrain militaire, surveillé et entretenu. Nous aurons sans doute quelques bricoles de dernière minute mais rien de titanesque. En novembre dernier, nous avons organisé un concours là-bas. Le niveau était moins élevé que celui du GCT, mais nous avons pu nous rendre compte que les infrastructures étaient de haute qualité. Ce terrain est fantastique !