LE BILAN DU CROSS AVEC LA CHEF DE PISTE



Le parcours de cross que les couples ont dû affronter aujourd’hui était dessiné par une femme, la Britannique Sue Benson, qui aura réalisé un travail gigantesque sur cinq ans pour faire de Greenwich Park le terrain de jeu d’une journée des meilleurs cavaliers de la planète.


Comment avez-vous vécu cette journée de cross d’un point de vue de chef de piste ? SUE BENSON : C’est toujours une journée très difficile car certaines choses que vous n’aviez pas prévues arrivent tandis que d’autres ne se passeront finalement pas, mais je crois qu’au-delà de tout cela nous avons eu une journée de sport incroyable. Je n’avais jamais vu autant de belles images à la télévision, qui a d’ailleurs fait un superbe travail, les spectateurs étaient fantastiques et l’atmosphère perçue était parfaite. Nous avons pu voir que tous les chevaux étaient en bonnes conditions et que le message que je tentais d’envoyer à travers le monde ces quatre dernières années est vraiment passé, avec des chevaux qui ont vraiment bien terminé ce parcours. J’ai vu de très belles équitations, cela a été l’un de ces jours de sport que tout le monde fête.

 
Il y a eu une dizaine de chutes aujourd’hui mais deux obstacles qui semblaient pourtant anodins ont posé des problèmes. Avez-vous été surprise ? S.B. : En effet l’obstacle numéro 23 a posé des problèmes à deux couples qui ont chuté dessus, mais ce genre d’obstacle individuel qui arrive après une longue galopade peut toujours présenter un piège pour les cavaliers.  Ils doivent penser à ce genre de configuration en restant concentrés afin de réajuster l’allure de leur cheval. Sur la vidéo j’ai pu voir que les deux chutes étaient plus dues à des erreurs de jugements qu’à une véritable difficulté de l’obstacle. Ce n’est jamais agréable de voir des chevaux tomber et je rêve de ne jamais voir cela arriver sur les parcours que je dessine. La combinaison numéro 3 a quant à elle aussi posé des problèmes à plusieurs couples mais la trajectoire directe était loin d’être simple et l’option longue ne rallongeait le chronomètre que de deux ou trois secondes. C’était alors aux cavaliers de décider ce qui était le mieux pour leurs chevaux. Certains d’entres eux ont été parfaitement capables de sauter à merveille l’option courte tandis que d’autres auraient peut-être dû faire un autre choix. C’est la toute la difficulté d’un parcours olympique, faire les bons choix en fonction de son cheval.

 
Anna-Mette Binder (présidente du Grand Jury, ndlr), quel est votre sentiment quant aux questions qui se posent sur le véritable niveau des parcours de cross olympiques ? ANNA-METTE BINDER : Le Grand Jury et l’équipe des officiels seraient d’accord avec moi pour dire que nous avons trouvé le bon compromis entre le dénivelé du terrain et la configuration des obstacles. L’environnement de ce parc est très spécial et nous avons cherché ce qui conviendrait le mieux en termes d’obstacles, la façon dont ils étaient construits, dessinés, pour correspondre parfaitement au niveau attendu sur un parcours olympique. Se poser la question de savoir s’il s’agit vraiment d’un quatre étoiles ou plutôt d’un trois étoiles est très intéressante mais je ne crois pas qu’il soit nécessaire de créer un niveau spécial pour les JO. Je pense qu’aujourd’hui, nous avons été contents de voir le travail accompli pour que les cavaliers prennent leur responsabilité. Le déroulement de la journée a prouvé que nous avons fait un grand pas dans ce sens, car les cavaliers avec peut-être moins d’expérience n’ont pas pris de risques inconsidérés, privilégiant les options longues et prenant leur temps pour assurer un maximum de sécurité. Je pense qu’il est important pour les cavaliers de donner une bonne image de notre sport et la journée a été dans ce sens.

 
 
Pensez-vous avoir dessiné un parcours favorisant les cavaliers britanniques ? S.B. : J’ai vraiment essayé d’être complètement impartiale depuis que je suis à ce poste de chef de piste et je n’ai à aucun moment essayé de dessiner ce parcours en faveur d’une équipe ou d’un cavalier en particulier. L’objectif a toujours été de mettre en avant le sport et les Jeux olympiques. Si l’équipe britannique remporte une médaille je serai juste autant excitée que si je l’avais regardé à la télévision.

 
A Greenwich Park, Londres, Elodie Muller