“Je sors de la course pour les championnats d’Europe”, Thierry Rozier

Très bien engagé pour faire partie de la sélection de Thierry Pomel pour les championnats d’Europe Longines de Rotterdam, Thierry Rozier a dû se résoudre à faire une croix sur ce qui aurait pu être sa première très grande échéance de titulaire. Moins brillante qu’à l’accoutumée le 23 juin dans le Grand Prix du Longines Masters de Lausanne, Venezia d’Écaussinnes a depuis subi des examens vétérinaires, qui ont révélé une inflammation d’un tendon. Évidemment attristé de devoir laisser tomber la veste bleue pour l’échéance continentale, où il aurait pu tenter de participer à la qualification olympique de la France, Thierry Rozier s’est confié à GRANDPRIX. 



Thierry Rozier et Venezia d'Écaussinnes dans le Grand Prix du Longines Masters de Lausanne.

© Scoopdyga

“Ce qu’il s’est passé dans le Grand Prix du Longines Masters de Lausanne était très inhabituel (après trois fautes de Venezia d’Écaussinnes, Thierry Rozier a préféré abandonner, ndlr), cela ne ressemblait pas à Venezia. Ce n’est pas mon genre d’abandonner dans une épreuve, mais comme je la connais par cœur, je savais qu’elle ne s’arrêterait pas et qu’elle irait au bout du parcours malgré une douleur. Comme je suis très proche de mes chevaux, j’ai préféré m’arrêter prématurément et trouver la cause de sa méforme. 
Venezia est rentrée le lundi soir qui suivait le concours et ma vétérinaire est venue le lendemain. Nous avons fait un check up complet, lors duquel nous nous sommes rendus compte qu’elle avait une petite inflammation sur un tendon du postérieur gauche. Heureusement, l’examen n’avait pas révélé de lésion. Cela m’avait déjà rassuré. En accord avec la propriétaire de Venezia (Electra Niarchos, ndlr), ma vétérinaire a pris un rendez-vous à la clinique vétérinaire de Dozulé où la jument a subi une scintigraphie et une IRM afin d’avoir le cœur net. Le diagnostic a été exactement le même : Venezia n’avait qu’une petite inflammation sans lésion. Les vétérinaires m’ont dit qu’il n’y avait rien de grave et m’ont conseillé d’arrêter la jument six semaines pour pouvoir repartir d’un bon pied. Ma propriétaire, mon équipe et moi-même avons donc dû prendre la décision de l’arrêter en début de semaine dernière, à contrecœur évidemment car lorsqu’on fait partie de l’équipe de France, on a envie d’y rester”. 


“Participer au CHIO d’Aix-la-Chapelle me tenait vraiment à cœur”

“Je suis quelqu’un d’honnête, j’ai donc directement appelé le staff de la Fédération pour leur faire part qu’avec Electra Niarchos nous avions décidé d’arrêter Venezia jusqu’à mi-août. J’étais bien sûr triste d’annoncer cette nouvelle à Sophie, Thierry et Henk (Dubourg, Directrice technique nationale, Pomel, sélectionneur tricolore et Nooren, formateur de l’équipe de France, ndlr). Malheureusement, j’ai dû tirer un trait sur Aix-la-Chapelle. Cela me tenait vraiment à cœur d’y participer. J’ai eu la chance d’y aller pour la première fois l’année dernière et je pense qu’il faut y emmener des chevaux à cent pour cent. Avec ce qui est arrivé, Venezia est plutôt à soixante-dix pourcents. Par rapport à l’équipe de France, je ne pouvais pas me permettre d’y aller, d’autant plus que cela représentait un risque de blesser ma jument bien plus gravement. C’était hors de question. Le bien-être de mes chevaux est une priorité. 

Cela veut également dire que je sors de la course pour les championnats d’Europe car elle ne sera pas remise à temps. Si tout va bien, notre prochain objectif pourrait éventuellement être la finale de Coupe des nations de Barcelone, fin septembre. L’idéal serait que Venezia reprenne la compétition mi-août lors d’un CSI 3* ou 4*, peut-être à Saint-Tropez où la piste et le paddock sont très bons”. 


“L’équipe de France me manque déjà”

“Même si cette nouvelle me rend triste, je suis tout de même réconforté par le fait qu’il ne s’agisse que d’une petite pause. Il n’y a pas de lésion et Venezia n’est pas arrêtée : elle marche et elle trotte quotidiennement. Enfin elle trotte… elle vole (rires) ! Je la trouve parfaitement en forme, mais nous avons choisi la sagesse. Je connais ma jument et je sais qu’elle est dure et qu’elle a envie de se donner. Mais par respect pour elle, je préfère qu’elle se remette pleinement. 
L’équipe de France me manque déjà, j’ai envie de retrouver la veste bleue, et pour cela je sais que nous devons prendre le temps que Venezia souffle six semaines afin de revenir en fin d’année. J’espère surtout pouvoir épauler les Bleus la saison prochaine, c’est un objectif majeur. D’un côté, c’est presque une chance qu’elle ait fait des fautes à Lausanne car cela m’a mis la puce à l’oreille.
Tous mes coéquipiers ont été formidables, ils m’ont appelé pour prendre des nouvelles de Venezia et pour savoir s’ils pouvaient encore compter sur nous. Je leur souhaite le plus grand des succès jusqu’aux championnats d’Europe. Notre programme pour cette échéance était idéal, je n’ai rien à regretter… Malheureusement, l’équitation est un sport à risques. Mais vous nous reverrez très vite sur les terrains de compétition, on a hâte !”