L’avocat d’Oleksandr Onyshchenko craint pour la vie de son client

Depuis le 28 novembre 2019, Oleksandr Onyshchenko est détenu à Oldenbourg, en Allemagne. Selon son avocat, qui s’est confié dans la presse allemande, il pourrait être en danger de mort en cas d’extradition vers l’Ukraine, laquelle dépend encore d’une incertaine décision de justice, et même dans sa cellule de prison…



Oleksandr Onyshchenko, c’est l’histoire bien connue de l’ascension et de la descente des oligarques d’Europe de l’Est. Businessman, homme politique, cavalier, propriétaire de chevaux, mais aussi jet-setteur invétéré, l’homme intrigue, attire, agace ou révulse… d’autant qu’il n’hésite pas à afficher son train de vie de rock star sur son compte Instagram! Ou plutôt n’hésitait pas, puisque son dernier post, une photo où on le voit découper un gâteau d’anniversaire en compagnie de l’acteur belge Jean-Claude van Damme, date du 23 novembre 2019… Et pour cause, l’Ukrainien, sous le coup d’un mandat d’arrêt international lancé par les autorités judiciaires son pays, a été arrêté quelques jours plus tard non loin de son dernier domicile connu, en Allemagne, et placé en détention. En décembre déjà, GRANDPRIX avait fait part des derniers démêlés judiciaires du jeune quinquagénaire, promis à une possible extradition vers l’Ukraine.

Depuis, le grand quotidien national allemand Die Welt et son homologue régional Neue Osnabrücker Zeitung continuent à suivre l’affaire de près. Selon nos confrères, repris par la presse équestre, à l’instar d’un dernier article paru sur le site de Reiter Revue International, le 28 novembre, Oleksandr Onyshchenko serait entré libre dans le poste de police d’Achim, entre Brême et Verden, en Basse-Saxe, puis aurait été arrêté. Il s’y serait rendu pour témoigner dans le cadre d’une enquête pour fraude liée à une transaction commerciale de chevaux. Cependant, compte tenu du mandat d’arrêt délivré à son encontre par l’État ukrainien, l’oligarque aurait été conduit à la prison d’Oldenbourg, entre Brême et la frontière germano-néerlandaise. Selon son avocat, Peter Gauweiler, le cavalier olympique – “auto-sélectionné” en 2008 à Hong Kong et 2012 à Londres – aurait été victime d’un traitement illégal dans le sens où l’interrogatoire sur le commerce frauduleux de chevaux n’aurait été qu’un prétexte pour l’arrêter.

Désormais, l’avenir d’Onyshchenko est suspendu à la décision d’un juge allemand, chargé d’examiner la situation et de valider ou non la demande d’extradition ukrainienne. Alors que le procureur général souhaiterait que celle-ci soit déclarée recevable dans les meilleurs délais, selon le Neue Osnabrücker Zeitung, le Dr Gauweiler n’envisage que la libération de son client. L’ancien député fédérale appartenant à la CSU, parti bavarois associé à la CDU d’Angela Merkel, estime que la vie de l’ancien président de la Fédération équestre ukrainienne est gravement menacée. D’une part, celui-ci souffrirait d’une maladie cardiaque qui ne pourrait être traitée de manière adéquate en Ukraine… D’autre part et surtout, il pourrait être victime d’un meurtre prémédité et commandité à un haut niveau de l’État. Il faut dire qu’il compte de puissants ennemis dans son pays d’origine, dont certains qu’il n’a pas hésité à provoquer dans son livre ou lors de diverses interviewes, arguant qu’il avait de quoi les faire tomber et déstabiliser tout le régime…

La décision du tribunal allemand devrait encore prendre un certain temps. En attendant, Peter Gauweiler dit craindre qu’une attaque contre son client puisse être perpétrée y compris sur le sol allemand. Quel que soit le degré de crédibilité d’une telle hypothèse, toute cette histoire fait froid dans le dos…