''Quand vous prenez votre envol, vous réalisez à quel point être bien entouré est important'', Henrik von Eckermann

Victorieux des Grands Prix 5* d'Amsterdam, Bois-le-Duc et Windsor, ainsi que médaillé d'argent par équipes aux derniers Jeux équestres mondiaux à Tryon, tout ça avec son incomparable guerrière Toveks Mary Lou 194, Henrik von Eckermann ne fait qu'enchaîner les succès. Entretien avec le Suédois.



Qui était votre premier poney?
Mon premier poney était un Dales qui s'appelait Golden Chance.
 
Quel a été le meilleur moment de votre carrière pour le moment?
C'est difficile à dire pour être honnête, mais mon dernier était bien sûr ma victoire dans le Grand Prix du Grand Chelem Rolex à Bois-le-Duc. Il y en a tellement! Cela dépend d'où vous vous situez dans votre carrière. J'ai tellement de bons souvenirs, qui vont de mon premier concours international à cette victoire à Bois-le-Duc. Evidemment, gagner un Grand Prix était l'un des objectifs de ma vie. 
 
Aux Dutch Masters de Bois-le-Duc, à quoi avez-vous pensé quand vous avez réalisé que vous aviez gagné le Grand Prix? 
Steve était passé avant moi, et quand j'ai vu son barrage, j'ai su que je pouvais le battre. Il y avait deux ou trois cavaliers après moi, et vous n'êtes pas le dernier à partir, vous savez que tout peut encore arriver. J'ai terminé deuxième tellement de fois! Dans le Grand Prix de Genève, Kent m'a battu et j'étais encore deuxième, donc je voulais vraiment gagner à Bois-le-Duc. C'était tellement difficile de regarder les autres, j'étais si nerveux et j'appréhendais de finir deuxième!
 
Pensez-vous que le circuit du Grand Chelem puisse avoir une résonnance importance autour du saut d'obbstacles?
Oui, c'est un apport fantastique pour notre sport. Le Grand Chelem est pour l'équitation l'équivalent du Grand Chelem dans la Formule 1. Je ne sais pas si on reverra quelqu'un faire ce que Scott Brash a réalisé (l'Ecossais avait remporté les trois Grands Prix 5* du circuit la même année, ndlr), mais mon objectif est de remporter deux étapes d'affilée. Nous verrons!
 
Depuis Bois-le-Duc, qu'avez-vous couru comme concours?
Nous avons disputé quelques concours, le premier d'entre eux était la finale de Coupe du monde Longines de Göteborg. Malheureusement, ça ne s'est pas passé comme nous l'aurions souhaité, et nous avons directement essayé de l'oublier... Elle a ensuite profité d'un peu de repos, et a repris la compétition à Windsor où elle était super (le couple a remporté la victoire du Grand Prix devant Steve Guerdat et Albfuheren's Bianca, ndlr).
 
Vous avez vécu une superbe année 2018 avec Toveks Mary Lou. Qu'est-ce qui la rend si spéciale?
C'est une gagnante! Elle a un esprit de combattante fantastique dès qu'elle rentre en piste. Elle donne toujours tout ce qu'elle a et sait toujours ce qu'elle a à faire pour performer.
 
Comment est-elle en concours et à la maison?
Très différente. À la maison, elle est très calme et profite de sa vie, mais elle peut être très sensible en concours. Elle n'a pas du tout la même humeur! Aux écuries, elle est tellement plus relaxée et ne se laisse pas émouvoir facilement. Alors qu'en piste, elle est électrique! 
 
Pouvez-vous nous parler de votre équipe, y compris les gens qui vous aident et supportent à la maison?
Au tout début, il y avait Karl Schneider, qui était propriétaire d'une écurie, et aussi de Mary Lou. C'est à ses côtés que tout a commencé. Heureusement, nous avons eu Mary Lou, en qui nous croyions depuis le début. Et bien sûr, la famille Toveks, qui a racheté Mary Lou, garantit le fait que je puisse la conserver, ce qui est très important. Evidemment, mes grooms et mes cavaliers à la maison m'aident énormément. Ils prennent tellement soin de Mary Lou, qui est si spéciale. N'importe quoi pourrait lui arriver, et même si je ne suis pas toujours aux écuries, je sais que je peux compter sur leur soutien. J'ai une équipe géniale! Ma compagne, Janika Sprunger, m'épaule dans les bons et mauvais moments. J'ai beaucoup de chance... Quand vous prenez votre envol, vous réalisez à quel point c'est important d'être bien entouré.


''Je voulais toujours être le meilleur''

Henrik von Eckermann et sa compagne Janika Sprunger, membre de l'équipe suisse.

© Sportfot

?Qu'est-ce qui est le plus difficile dans votre métier?
Les aléas du sport, et le fait de ne pas toujours parvenir à accomplir tous ses objectifs. Les chevaux qui se blessent sont peut-être les choses les plus difficiles à vivre, et savoir qu'il y a toujours un risque.
 
Et la meilleure partie de votre métier?
Tellement de choses! Rien que le fait de pouvoir vivre avec les chevaux et accomplir de belles choses à leurs côtés est génial. Savoir communiquer avec eux, puis travailler pour former un couple. Gagner n'est au final qu'une petite partie de ce que m'offre cette vie. Rien n'est jamais pareil, chaque jour est différent. Il n'y a pas d'autre sport comparable! Il y a des jours où vous êtes au sommet, et le lendemain vous pouvez vous retrouver au fond du trou... Vous ne pouvez jamais prévoir quoi que ce soit!
 
Si vous n'aviez pas été cavalier professionnel, à quoi auriez-vous dédié votre vie?
Je pense que j'aurais aimé être joueur de hockey sur glace!
 
À quel âge avez-vous décidé de devenir cavalier professionnel?
Dès que j'ai commencé à monter à cheval. J'ai pratiqué plein de sports différents quand j'étais plus jeune, et j'étais plutôt compétitif ; je voulais toujours être le meilleur! Dès que je sentais que je n'étais pas assez bon, j'arrêtais et je passais à une autre discipline. J'ai trouvé mon bonheur dans l'équitation! Si vous m'aviez vu monter à poney pour la première fois, vous n'auriez probablemet pas parié sur le fait que je devienne cavalier professionnel. Je n'avais pas tout le talent, mais j'avais le bon état d'esprit, ce qui est très important. 
 
Vous vous êtes formé aux côtés de votre mentor, le Kaiser Ludger Beerbaum. À votre tour, comment feriez-vous émerger un jeune cavalier?
J'entraîne depuis quelque temps une jeune cavalière, Evelina Tovek. Avant, je me concentrais uniquement sur mon système et mes performances personnelles. Désormais, j'ai une jeune élève, qui est à la fois une coéquipière d'équipe et une concurrente. C'est incroyable parce que cela me procure un vrai équilibre et me permet d'avoir d'autres occupations sur lesquelles me concentrer. Si quelque chose va mal pour moi, mais qu'elle connait du succès de son côté, ça me va. Ce n'est pas dans tous les sports que vous avez la possibilité d'aider des confrères alors que vous êtes encore en activité.