“Je garde toujours la même envie de progresser“, Éric Navet (partie 1)

Le 9 mai, Éric Navet a fêté ses soixante et un ans confiné et entouré de sa famille, à Rancho Santa Fé, à quelques encablures de San Diego, en Californie. Fin 2020, son second contrat quadriennal d’entraîneur privé et exclusif du cavalier américain Karl Cook arrivera à échéance. Restera-t-il sur la côte Ouest, où il mène une vie paisible et heureuse? S’installera-t-il sur la côte Est, où sont établis la plupart des meilleurs cavaliers américains? Rentrera-t-il en France, où il a conservé ses écuries et tant d’amis qui lui manquent? Ou bien embrassera-t-il une vie de nomade, au risque de passer sa vie dans les avions? Relancera-t-il sa carrière de cavalier? Le Normand assure ne pas avoir encore fait son choix. Quoi qu’il en soit, s’entretenir avec le triple champion du monde procure un immense plaisir tant il s’exprime avec générosité, clarté et sincérité, tant il a à transmettre, et tant il semble apprécier cet exercice qui lui était si difficile dans sa jeunesse.



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Comment allez-vous ? Et dans quel état d’esprit êtes-vous en ce moment ? 

Je me sens bien. Nous, cavaliers professionnels, sommes privilégiés dans cette situation par rapport à beaucoup de gens, qui ont dû trouver ce confinement particulièrement pénible. Nous le sommes quoi qu’il arrive, mais encore plus aujourd’hui car nous évoluons dans de grands espaces avec nos animaux. En dehors du fait que les concours ont été annulés, notre vie quotidienne n’a pas foncièrement changé. Nous passons simplement plus de temps aux écuries, ce qui n’a rien de désagréable. À court terme, je vis donc dans une forme de sérénité. À moyen terme, j’ai un peu plus de mal à me projeter, comme tout le monde. Au-delà de la santé, qui est évidemment l’enjeu primordial de la crise que nous traversons, on ne sait pas quand les concours pourront reprendre et surtout à quoi ressemblera le monde d’après, ce qui génère forcément du stress et un peu de peur. Sans doute devrons-nous énormément changer nos habitudes. Et si c’était finalement un mal pour un bien, celui-ci serait très cher payé. 

Aux États-Unis, il est probable que le Covid-19 causera la mort de plus de cent mille personnes. Même si la côte Ouest est moins touchée que New York et sa mégapole, quelle est l’ambiance actuellement? 

Au rythme où la situation évolue, ce cap terrible des cent mille morts n’est malheureusement plus qu’une question de jours (entretien réalisé le 13 mai, ndlr). Même si ce chiffre doit être mis en relation avec la population de ce grand pays (comptant 320 à 330 millions d’habitants, ndlr), il fait tout de même froid dans le dos. Effectivement, l’état de New York est le plus touché, mais la Californie n’est pas épargnée, notamment les métropoles de San Francisco et Los Angeles. Dans la partie sud de l’État, autour de San Diego, où nous vivons, les cas sont heureusement moins nombreux, alors nous croisons les doigts.

À l’heure où nous nous parlons, comme la France, certains comtés de Californie entament leur déconfinement. En avez-vous profité pour aller au restaurant ou fréquenter un endroit qui était fermé jusqu’à présent? 

Non, ici, nous n’en sommes pas encore là. Les restaurants restent fermés. Pour autant, nos conditions de confinement n’ont jamais été comparables à celles imposées en France. Nous n’avons pas besoin d’attestation pour aller faire nos courses ou travailler, par exemple. On nous a juste fortement conseillé de rester chez nous. 

Quid des concours? Les organisateurs ont-ils déjà commencé à communiquer des dates de reprise pour les rendez-vous nationaux, par exemple? 

Oui, cela commence. Des organisateurs se sont positionnés sur des dates en juin, mais cela reste hypothétique. D’ailleurs, certains concours ont déjà été reportés trois fois… L’USEF (Fédération équestre des États-Unis, ndlr) met régulièrement à jour ses consignes. J’espère que nous pourrons concourir à San Juan Capistrano, entre Los Angeles et chez nous, où des épreuves nationales sont programmées tout l’été. C’est un endroit très sympa avec quatre terrains en herbe ! On verra bien comment évolue la situation sanitaire… 

Pour ce qui est des CSI, il n’y a plus rien de programmé en Californie avant le mois de septembre… 

Le calendrier s’est effectivement bien vidé, notamment avec l’annulation de la tournée estivale de Spruce Meadows, près de Calgary. Nous espérons que les CSI 3* programmés durant la seconde quinzaine d’août à Thunderbird, un magnifique endroit situé à Langley, près de Vancouver, également au Canada, pourront bien se tenir. Nous y prenons beaucoup de plaisir chaque année. D’habitude, on y disputait la première étape de la sous-ligue de la côte Ouest de la Coupe du monde. Cette année, ce ne sera pas le cas parce que la Fédération équestre internationale a décidé de réformer totalement le circuit, de fusionner les deux sous-ligues d’Amérique du Nord et de ne garder que huit étapes qui seront toutes disputées en indoor. Cela va complètement changer la donne, mais le concours de Langley restera un bel événement.

Comment votre élève, Karl Cook, vit-il cette période ? 

Il est plutôt fataliste, donc il prend la situation telle qu’elle est, en espérant qu’elle ne dure pas trop longtemps, d’autant qu’il se dédie pleinement à l’équitation et à l’écurie.



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Grâce à ses performances avec Caillou 24 (Holst, Casall x Corrado I), il avait remporté la sous-ligue de la côte Ouest. Qu’ambitionnait-il pour la finale de la Coupe du monde Longines, qui a finalement été annulée ? 

Il espérait vraiment réussir une belle finale, d’autant que celle-ci devait se disputer à Las Vegas, presque à domicile pour nous (à un peu plus de cinq cents kilomètres au nord-est de leurs écuries, ndlr). Karl s’était qualifié très tôt dans la saison, ce qui nous avait permis d’aborder les dernières étapes avec une moindre pression. Tout se présentait bien. Karl s’était même frotté avec succès à la forte concurrence de la côte Est, concédant une faute sur le dernier obstacle dans le beau Grand Prix du CSI 4* d’Upperville, en Virginie, puis terminant deuxième du Grand Prix CSI 4*-W de North Salem, près de New York, où Beezie Madden lui a soufflé la victoire pour moins d’une demi-seconde. Hormis Kent Farrington, qui était en Europe, tous les meilleurs Américains étaient là, donc ce fut une vraie performance. Le couple se rapprochait du tout meilleur niveau, donc cela commençait à devenir intéressant. Karl aurait disputé sa troisième finale. Il s’est qualifié à cinq reprises en huit ans de collaboration, ce qui n’est pas si mal, mais nous avions renoncé à disputer la finale en 2016 parce que Tembla V (Z, Tangelo van de Zuuthoeve x Cavalier), sa jument de l’époque, n’était pas encore prête à affronter une telle épreuve. Ici, contrairement à l’Europe, il y a une différence énorme de niveau entre les qualificatives et la finale (qui devrait se réduire avec la refonte du circuit, ndlr), d’autant que la plupart des concours se disputaient jusqu’à présent en extérieur. 

Combien de chevaux montez-vous ? 

En général, nous avons une douzaine de chevaux, que nous nous partageons. Je prends en charge ceux qui ont besoin d’être formés ou aguerris. Nous travaillons ensemble tous les matins, en commençant tôt. C’est à la fois une bonne habitude et une obligation en été, compte tenu de la chaleur, même si cette saison est bien plus sèche et supportable qu’en Floride, par exemple. De toute façon, c’est le meilleur climat du monde (comparable à celui de la Méditerranée, ndlr), d’autant que nous avons souvent droit à une petite brise qui vient de l’océan Pacifique ! En concours, j’en monte quatre. Il y a Cadillac Jack (Old, Cantoblanco x Cordalme), Chaccuna Matata (Han, ChaccoBlue x Balou du Rouet) et Quidamo 10 (Holst, Quidam de Revel x Lasino), qui nous a rejoints cet hiver pendant la série de concours de Thermal (à deux cents kilomètres au nord-ouest de leurs écuries, ndlr) et qui pourrait être un futur cheval de tête pour Karl. Je vais donc employer mes derniers mois de contrat (qui s’achève fin 2020, ndlr) pour parfaire sa formation. 

Et je prends beaucoup de plaisir avec une jument française, Crème de Lu (SF, Kannan), que j’avais trouvée et acquise chez Olivier Jouanneteau à la demande de la mère de Karl (Signe Ostby, cavalière amateur, ndlr). Passionnée d’élevage, elle a développé cette activité à Pomponio Ranch, une magnifique et immense propriété située entre San Francisco et San José (à huit cents kilomètres au nord-ouest des écuries de son fils, ndlr), près de leur lieu de résidence (Signe Ostby est l’épouse de Scott Cook, milliardaire ayant fait fortune dans le domaine des logiciels de gestion et de comptabilité, ndlr). Il y a un an et demi, elle m’avait demandé de lui trouver une jument française par Kannan et issue d’une très bonne souche. Crème de Lu coche toutes les cases puisque c’est une fille de Ma P’tite Lulu (SF, Quidam de Revel) et petite-fille d’Uélème (SF, Nelfo du Mesnil), qui ont toutes deux concouru jusqu’à 1,60m avec Olivier. De plus, elle avait montré de belles choses sur le Cycle classique (terminant quatrième du championnat des quatre ans et dix-septième à six ans avec Clément Deshayes, ndlr). Au départ, il n’était pas question de la monter mais de la consacrer à l’élevage. D’ailleurs, je ne l’avais même pas essayée. Cependant, pour être labellisée Élite (par le district nordaméricain du stud-book flamand BWP, où Signe Ostby inscrit ses produits, ndlr), les juments doivent justifier de cinq classements à 1,40m. Nous l’avons donc prise au travail. Elle est courageuse et respectueuse, mais elle avait tendance à sauter trop haut. Du coup, l’an passé, je ne l’ai engagée que dans des épreuves à 1,30m, afin qu’elle trouve une bonne routine. Nous avons débuté à 1,40m à Thermal en mars, juste avant le confinement, et nous nous sommes classés deuxièmes. La jument s’est montrée très à l’aise à cette hauteur, ce qui est très prometteur pour la suite. Il nous reste donc quatre classements à obtenir. Elle se comporte tellement bien en compétition qu’elle va peut-être mener de front sport et élevage, grâce aux transferts d’embryons. La mère de Karl attend d’ailleurs un poulain de Crème et ASB Conquistador (exBush van de Heffinck, propre frère d’Utrillo van de Heffinck, BWP, Clinton x Heartbreaker), un étalon que Karl et moi avons tous deux monté en concours et qui a récemment été racheté par le Groupe France élevage. Il a très bien produit, notamment en Australie, puisque rien qu’en 2018, deux de ses fils (Oaks Redwood et Yandoo Oaks Constellation, issus de juments SF) ont disputé la finale de la Coupe du monde Longines à Paris et participé à la qualification de l’Australie pour les Jeux olympiques de Tokyo (respectivement avec Billy Raymont et Jamie Kermond, ndlr) lors des Jeux équestres mondiaux de Tryon.

Compte tenu de la moindre densité de concours sur la côte Ouest, et de leur plus longue durée, mais aussi de la chaleur qui règne souvent, en quoi la formation et l’entraînement des chevaux diffèrent par rapport aux pratiques européennes ? 

Cela change surtout notre manière de les gérer entre les concours. En Europe, les cavaliers sont en concours presque tous les week-ends de janvier à décembre, sans compter les épreuves Jeunes Chevaux programmées en début de semaine, au printemps et en été. À l’époque où j’évoluais au plus haut niveau, il n’y avait déjà plus qu’un mois de trêve hivernale entre les CSI-W de Malines, fin décembre, et Bordeaux, début février. C’est extrêmement intense et cela demande une santé de fer, aux cavaliers comme aux grooms. Ici, on enchaîne généralement deux à trois semaines intenses de concours, souvent au même endroit, puis on rentre deux à trois semaines à la maison, ce qui permet à la fois de récupérer et de prendre le temps de faire bien travailler tous les chevaux. Au retour des compétitions, ils ont droit à une semaine tranquille pour décompresser avec des promenades et quelques séances de longe, puis nous les remettons au travail avant de repartir. C’est un rythme très agréable pour eux comme pour nous, car nous pouvons passer plus de temps à la maison et en famille. Le seul inconvénient est que nous sommes parfois plusieurs semaines sans rentrer à la maison, mais les terrains de concours sont généralement très agréables à vivre.

Que devient Catypso (Han, Catoki x Calypso II), le cheval avec lequel vous aviez pris part à la finale de la Coupe du monde en 2017 à Omaha ? 

Depuis fin 2018, il est à la retraite dans les prés du ranch des parents de Karl. Il m’a procuré énormément de plaisir là-bas. Ce n’était vraiment pas rien de retrouver le très haut niveau après tant d’années d’absence (le dernier grand rendez-vous du cavalier remontait aux terribles et douloureux Jeux olympiques d’Athènes, en 2004, où Dollar du Mûrier s’était irrémédiablement blessé sur le sol trop dur du stade de Markopoulo, ndlr),  qui plus est pour une finale de la Coupe du monde (il n’en avait disputé qu’une seule précédemment, en 1992 à Del Mar, se classant neuvième avec Roxane de Gruchy, SF, Le Sartillais x Éclat, Ps). J’ai vécu une semaine fabuleuse dans cette arène où l’ambiance était d’ailleurs incroyable (cette finale fut l’une des meilleures de ce point de vue, ndlr). De plus, cela s’était très bien passé sportivement (le couple avait fini dix-neuvième, ndlr). Je ressentais un peu de pression, parce que je n’étais pas sûr que nous serions au niveau de ce rendez-vous, ni Catypso, ni moi! Finalement, je n’avais perdu ni la main, ni la jambe! 

Ce retour furtif à très haut niveau a-t-il réveillé en vous une envie de consacrer à nouveau plus de temps à votre carrière sportive ? 

On ne sait jamais. Je ne peux pas dire que ce soit un objectif, mais oui, j’aimerais beaucoup trouver un cheval capable de s’illustrer à ce niveau. Je viens de fêter mes soixante et un ans mais je ne sens pas du tout mon âge. Je suis même en pleine forme. Et puis oui, cette finale d’Omaha m’a permis de réaliser que j’étais toujours capable de le faire, de bien le faire, et en prenant un maximum de plaisir! Si j’y parvenais, je le ferais pour moi, sans ambition de réintégrer l’équipe de France. Il y a un temps pour tout et la France ne manque pas de grands cavaliers plus jeunes que moi ! Entre la Coupe du monde et les beaux concours estivaux, on peut tout à fait s’épanouir à haut niveau sans solliciter de sélections dans les grands CSIO.



Au terme de votre second contrat, continuerez-vous à conseiller Karl Cook ponctuellement ? À quoi ressemblera le prochain chapitre de votre carrière et de votre existence ? Les propositions et sollicitations ne doivent pas manquer… 

Notre second contrat de quatre ans se termine fin 2020. À ce stade, nous n’avons pas véritablement parlé de la suite. En ce qui me concerne, au-delà même des incertitudes liées à la crise actuelle, je ne sais pas si je resterai en Californie. J’ai quelques idées et plusieurs solutions. Les personnes potentiellement intéressées savent que mon contrat arrive bientôt à son terme donc on me contacte de plus en plus souvent, aussi bien sur la côte Ouest que sur la côte Est, et même en Europe. Je ne sais pas du tout ce que je vais faire. Je me suis bien habitué aux États-Unis, notamment à la Californie. En début d’année, Karl et moi sommes allés concourir à Wellington, ce que nous n’avions jamais fait jusqu’à présent, considérant que le niveau était trop exigeant pour remettre les chevaux en route en hiver. Là, comme certains sont désormais expérimentés et performants, nous avons décidé de nous installer quelques semaines en Floride. Ce fut une belle expérience pour Karl, huitième en Coupe du monde à Deeridge Farm avec Caillou, qui a concédé une petite faute sur le dernier obstacle. Retrouver la Floride après tant d’années m’a fait très plaisir, et j’ai été sollicité par d’autres personnes. Et puis, même si je suis très heureux aux États-Unis, je ne cache pas que la France me manque! De toute façon, il n’y a aucun endroit parfait dans le monde. La preuve, on ne boit pas de cidre ici! Sincèrement, je ne sais vraiment pas ce que je vais faire… En tout cas, l’exclusivité est ce qu’il y a de plus embêtant à la longue, parce que cela m’empêche d’accepter certaines collaborations qui pourraient être très enrichissantes. Je me consacre pleinement à cette tâche. Je suis à cheval avec Karl tous les matins depuis plus de sept ans maintenant, et je suis heureux du chemin que nous avons parcouru. Mais désormais, j’aspire à plus de liberté, y compris de mouvement, ce qui me permettrait de passer plus de temps en France. Depuis 2013, je n’y reviens que quelques semaines par an, en été et à Noël, consacrées en grande partie à la gestion de mes écuries normandes (situées à Vexin-surEpte, près de Vernon, dans l’Eure). D’ailleurs, elles sont parfaitement gérées et entretenues par mon neveu, Jérôme, et Laurette (Laure Belbouche, ndlr), mon ancienne groom de concours, qui travaille avec moi depuis vingt-cinq ans et qui reste la responsable d’écurie en mon absence. Quand je rentre, j’ai toujours plaisir à retrouver cette propriété telle que je l’avais laissée. Karl Cook a beaucoup progressé en huit ans, même si les portes de l’équipe nationale lui restent fermées en raison de la très forte concurrence qui existe aux États-Unis. 

Qu’est-ce qui vous rend le plus fier ou heureux quand vous le regardez monter ? 

Au sujet de l’équipe nationale, Karl ne lutte pas encore pour les sélections dans les grands événements parce qu’il y a effectivement une concurrence folle et des piliers (Beezie Madden, McLain Ward, Kent Farrington, Laura Kraut, ndlr) qui ont presque toujours des chevaux d’exception. En revanche, les portes des CSIO commencent à s’ouvrir. Karl avait disputé une Coupe des nations en 2016 à Langley, où il était à nouveau sélectionné cette année. Et il était aussi présélectionné pour celle de Coapexpan, au Mexique, qui a été annulée. En tout cas, oui, je suis heureux du travail que nous avons accompli ensemble et du sens dans lequel il a évolué. Pour autant, il ne m’a pas attendu pour être brillant. Quand il était jeune, il gagnait tout. C’est un cavalier extrêmement rapide et compétitif. Il lui a plutôt fallu apprendre à se canaliser et à se poser. Contrairement à d’autres cavaliers, comme Henrik von Eckermann vis-à-vis de Ludger Beerbaum ou Robert Whitaker par rapport à son père, John, Karl a toujours souhaité conserver son indépendance équestre. J’entends par là qu’il n’a jamais été question qu’il apprenne à monter comme moi, ce qui me convient très bien. Et il m’a toujours dit qu’il ne voulait pas se retrouver démuni une fois que je serais parti - ici, beaucoup de cavaliers sont dépendants de leur coach… C’est pourquoi j’ai plutôt cherché à le faire progresser sur les bases du travail du cheval et du cavalier. De toute façon, on en revient toujours là! 

C’est ainsi que vous envisagez la relation de maître à élève ou d’entraîneur à cavalier ? 

Il y a plusieurs options, en fonction des souhaits et de la personnalité du cavalier, mais il ne faut jamais oublier que le ressenti est très important dans notre sport. Il ne faut pas chercher à l’éteindre ou l’altérer par un cadre technique trop rigide. C’est pourquoi il faut évoluer très progressivement. 

Beaucoup d’accusations de harcèlements, d’agressions sexuelles, voire de viols, parfois sur des mineurs, émergent dans le monde de l’équitation, comme dans de nombreux autres milieux. Cela vous surprend ? 

Franchement, si l’on m’avait parlé de cela avant que ces affaires éclatent au grand jour, j’aurais eu du mal à y croire. De fait, je n’en avais jamais entendu parler auparavant. Et je dois avouer que je suis tombé de haut…

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