“À terme, l’objectif serait de travailler avec mes parents et d'apporter une plus-value avec la communication”, Mado Pinto

Jeune cavalière de dressage, Mado Pinto a de grandes ambitions, suivie de près par ses parents Isabelle et Carlos Pinto, eux-même cavaliers. Avec quatre participations aux championnats d’Europe, la vice-championne de France Juniors espère aller encore très loin avec ses chevaux et rêve à long terme de Jeux olympiques. Très présente sur les réseaux-sociaux, la cavalière de dressage de dix-huit ans s’est notamment confiée sur son futur en compétition.



Vous avez dix-huit ans et vous venez de terminer le lycée en terminale STMG, quels sont vos projets ? 

L’année prochaine, je vais faire un BTS communication à Aix-en-Provence. Ce qui est l’idéal, parce que c’est à vingt minutes en voiture de chez moi donc je resterai avec mes parents, auprès de mes chevaux. Faire des études supérieures n’était pas l’un de mes objectifs prioritaires. Au départ, je voulais arrêter après le baccalauréat pour travailler avec mes parents dans le milieu équestre. Mais après réflexion, ma mère m’a dit que c’était important d’avoir un certain bagage et donc un diplôme. Elle a complètement raison. Même si je pars faire des études supérieures, j’ai la chance d’avoir mes parents, qui continueront de s’occuper de mes chevaux quand je n’aurai pas trop le temps, ce qui est une chance. 

Pourquoi avez-vous choisi le domaine de la communication ? 

J’ai choisi de suivre des études dans la communication car c’est un domaine qui m’intéresse et que j'apprécie les réseaux sociaux. Je le fais déjà un peu avec mon compte Instagram. À terme, l’objectif serait de travailler avec mes parents et d'apporter une plus-value avec la communication dans l’entreprise. Je pense que pour une écurie comme la nôtre, il est très important d’avoir une bonne communication, en partie sur les réseaux sociaux. Que cela soit dans le commerce ou même pour les pensions, beaucoup de clients passent par les réseaux sociaux désormais. Il y a de plus en plus de personnes actives sur Instagram ou sur les autres plateformes. Les professionnels du monde du cheval n’ont pas forcément le temps ou même l’envie d’exposer un peu leur quotidien sur les réseaux sociaux pour faire parler d’eux, ce qui les rend parfois moins populaires que des amateurs. 

D’où vous est venue cette envie de partager sur les réseaux sociaux au quotidien ? 

Je pense que comme tous les jeunes d’aujourd’hui, nous avons une certaine familiarité avec les réseaux. Au départ, j’avais un compte Instagram personnel qui est celui que j’utilise aujourd’hui. Petit à petit, j’avais des gens qui s’abonnaient à moi ou qui me contactaient par rapport au dressage. Alors je me suis dit que je pouvais, pourquoi pas, partager un peu de mon quotidien avec eux. Je l’ai donc fait un peu plus sérieusement. Pour moi, ce n’est pas une contrainte de faire ce genre de choses. Si on veut aboutir à un résultat propre, cela demande un peu plus de temps, même si je ne fais pas partie des personnes les plus actives. Les gens aiment bien voir des vidéos de mes entraînements, alors quand je m’entraîne avec mon père, je lui demande de faire une petite vidéo pour les réseaux sociaux. Finalement, cela ne me prend pas beaucoup de temps et les personnes qui me suivent apprécient. Je trouve cela sympa de partager ça avec eux et j’ai énormément de retours positifs, ce qui est une chance.
Beaucoup de personnes jalouses critiquent sur les réseaux sociaux, mais j’ai la chance d’avoir une communauté bienveillante. Ce n’est pas une énorme communauté par rapport à d'autres (environ 15 000 abonnés, ndlr). Mais comme c’est à petite échelle, les gens sont gentils et actifs donc c’est un réel plaisir.
Ce qui a changé par rapport à cette nouvelle exposition, c’est mon rapport avec les marques. Plus on est exposé sur les réseaux, plus on est contacté pour des partenariats. Par exemple, jusqu’à présent, les personnes qui venaient prendre des cours ou mettre leurs chevaux en pension venaient grâce à la notoriété de mon père notamment. Mais aujourd’hui, je reçois de plus en plus de messages de personnes intéressées par les écuries ou pour un stage, qui passent par moi via mon compte Instagram. Ce qui m’a étonné au départ. Je fais en quelque sorte ma propre publicité et je ramène un public un peu plus différent que celui que l’on avait l’habitude de recevoir.
Malgré cela, je ne souhaite pas tout exposer sur les réseaux sociaux, ce que je faisais un peu plus par le passé. En voyant quelques fois ce qu’il se passe sur Instagram, je me suis dit qu’il fallait que je mette une certaine barrière et que j’arrête de tout exposer, comme mes amis par exemple. Parfois, il arrive que les gens essayent trop de s’immiscer dans notre vie, même si ce n’est pas forcément malveillant, donc j'ai fait le choix de me protéger. 



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© Eugénie Burban

Comment s’est passé la période du confinement ?   

Cela s’est très bien passé, puisque mon quotidien n’a pas trop changé à l'exemption du fait que je ne pouvais plus voir mes amis. J’ai pu vraiment avancer sur le travail de mes chevaux, en particulier avec les jeunes. Je dirais même que cela a été bénéfique personnellement. Mon père est très souvent absent en règle générale, mais comme les concours étaient tous annulés, il était aux écuries pendant deux mois, ce qui m'a permis d'avoir un ou deux cours par jour, contre deux ou trois cours par semaine d'ordinaire. Assister à l'annulation des concours a toutefois été un peu compliqué car il n’est pas agréable de voir la saison s’interrompre subitement. Je reprendrai la route des concours la semaine prochaine au Grand National de Mâcon avec mes trois chevaux de concours : mes deux neuf ans en Juniors, et mon cheval de tête, Rafale en moins de vingt-cinq ans.   

Quels sont vos objectifs aujourd’hui ?  

Mon objectif est de travailler mes chevaux dans le but de passer au niveau supérieur en sachant que je vis ma dernière année en Juniors. L’année prochaine, je concourrai en Jeunes Cavaliers, mes chevaux doivent donc être prêts pour ce niveau-là. Le confinement m’a permis de travailler vers cette perspective. Le fait de reprendre les concours et de me dire qu’il y aura des championnats d’Europe me remet un peu vers l’objectif Juniors. Le confinement m’a permis d’avancer dans l’apprentissage de mes chevaux au niveau supérieur et m’évitera de me précipiter cet hiver. Cela a été l’occasion de prendre plus temps pour passer à l’étape suivante.   

Combien de chevaux travaillez-vous ?   

Actuellement, je concours avec trois chevaux dont Rafale du Coussoul de la Gesse, un Lusitanien de quinze ans qui est mon cheval de tête. Je le monte depuis sept ans maintenant. Avec lui, je prépare les épreuves de moins de vingt-cinq ans en Grand Prix. En ce qui le concerne, j’avais seulement quelques détails à régler. J’ai aussi deux autres chevaux pour les Juniors qui ont neuf ans : Sirano de Luxe, un Oldenburg que j’ai depuis deux ans maintenant et Hot Bit de la Gesse, un Hanovrien qui j’ai depuis un an et demi. Je les prépare pour concourir dans les épreuves Jeunes Cavaliers. En plus de mes trois chevaux de compétition, je m’occupe de quelques jeunes en partenariat avec le haras de la Gesse, qui se situe à côté de Toulouse. Actuellement je monte aussi un cinq ans : Lancelot de la Gesse, un étalon Lusitanien que je prépare dans un objectif de concourir en Grands Prix plus tard.   

Quels sont vos objectifs pour le long terme ?   

Si je dois rêver, je pense à Paris 2024 ! Cela fait partie de mes objectifs, mais j’ai encore le temps. Plus raisonnablement, mon but serait d’aller au plus haut niveau possible avec les chevaux que j’ai actuellement et que j’aurai plus tard. Il est encore difficile à dire aujourd’hui jusqu’où je vais aller, parce qu’entre temps, des chevaux seront vendu ou achetés.   

Aimeriez-vous monter dans une autre écurie que celle de vos parents un jour ?   

De manière générale, je pense que je resterai avec mes parents. Mais on réfléchissait peut-être à ce que je parte pendant quelques mois à l’étranger pour voir autre chose. En pensant à l’objectif de Paris 2024, même si j’ai un peu de temps pour y penser, je me dis que cela se prépare tôt et il faut que je fasse les bons choix. Dans l’idéal, j’aimerais aller chez Carl Hester, en Grande-Bretagne. C’est une équitation que j’affectionne énormément car elle est très fine, élégante, dans la finesse et la légèreté.