Le Selle Français, une marque qui s’exporte hors de nos frontières

D’année en année, le Selle Français gagne les territoires étrangers et s’installe comme une race extrêmement appréciée. Cette augmentation des exportations est aussi le fruit du travail du Stud-book Selle Français, qui œuvre au rayonnement de la race via différentes actions. 



“Une race extrêmement réputée à l’étranger” Marion Bernard

Si le berceau historique du Selle Français est en France, et plus précisément en Normandie, la race s’exporte de plus en plus à l’étranger grâce au travail de son Stud-book, permettant un rayonnement plus important. Cette stratégie d’exportation comprend deux axes, en plus de la communication sur les terrains de concours étrangers. “La première partie concerne l'accompagnement des éleveurs”, explique Marion Bernard, chargée de mission au sein de l’association depuis quatre ans. “Il y a une dizaine d’années, nous avons entamé une réflexion car le Selle Français est extrêmement réputé à l’étranger, et beaucoup de professionnels équestres aiment cette race.” Depuis , le Stud-book accompagne les propriétaires qui veulent inscrire leur poulain au SF, ainsi que les éleveurs qui souhaitent labelliser leurs poulinières ou approuver leurs étalons. “Les critères d’éligibilité sont les mêmes qu’en France”, précise Marion Bernard. “En revanche, les processus peuvent être différents, notamment pour les labellisations de juments. L’expertise se fait via des photos et des vidéos”, afin d'optimiser les possibilités. “Nous développons ce service d’année en année car la demande grandit”, ajoute la jeune femme, qui en a la charge au sein de l’association nationale. “Ces processus semblent naturels pour les Européens car le Selle Français est une race très présente dans le sport de haut niveau notamment, et notre objectif est qu’ils deviennent également un réflexe pour les étrangers.”  Parmi les zones géographiques très actives en matière d’élevage de SF, on retrouve l’Afrique du Nord, avec une antenne en Algérie, l’Amérique du Sud, avec une antenne en Colombie, ainsi que les États-Unis et les DOM-TOM français notamment. “Nous avons récemment approuvé deux étalons sur l’île de la Réunion et en Nouvelle-Calédonie”, cite Marion Bernard en exemple. Sur chacun de ces territoires, un ambassadeur est missionné pour promouvoir la race et servir d’intermédiaire avec de potentiels éleveurs.



“Si historiquement le Barbe est très présent au Maghreb, le Selle Français est très apprécié” Marion Bernard

Le deuxième axe concerne l’organisation d’événements. En effet, depuis plusieurs années, des tournées d'expertises et des concours d’élevage sont organisés à l’étranger, notamment en Algérie, en Colombie et aux États-Unis. Sur chaque territoire, le Stud-book a développé des partenariats avec des structures équestres locales. En Algérie, le haras Hocine El Mansour à Mostaganem, propriété de Hamed Metidji, a accueilli des concours d’élevage en 2017 et 2018. Accueillant à chaque fois plus d’une centaine de foals, poulinières et jeunes chevaux âgés de deux à six ans, cet événement, appelé Selle Français Algerian Horse Show, permet de valoriser et labelliser les produits de la race et de favoriser les rencontres entre tous les acteurs de la filière. “Si historiquement le Barbe est très présent au Maghreb, notamment par son importance dans la culture de la parade par exemple, le Selle Français est très apprécié”, explique Marion Bernard. “Hamed Metidji, qui est amoureux du SF, est également éleveur en Algérie. Pour enrichir sa production, il a d’ailleurs acquis quelques poulinières à l’élevage des Forêts de Fabrice Paris. En tout, 75 % des équidés du réseau algérien sont des SF.” En Colombie, une antenne a été ouverte en 2017 à l’occasion de l’Agroexpo de Bogota. Depuis, les compétitions se déroulent au haras de San Isidro, grâce à Juan Camillo Richie, correspondant local et éleveur ayant notamment importé des juments des élevages Semilly et Mail. Le Colombien, que l’on peut apercevoir chaque année à la Grande Semaine de Fontainebleau, se forme d’ailleurs en France afin de devenir juge. “Un concours d’élevage allant du foal au jeune cheval était prévu cette année, mais la crise sanitaire a rendu cela impossible, donc nous attendons 2021 avec impatience !” , ajoute Marion Bernard. Quant aux États-Unis, le Stud-book peut compter sur son représentant Jean-Yves Tola, qui œuvre outre-Atlantique depuis les Jeux équestres mondiaux de Lexington en 2010.

Afin d’accompagner la professionnalisation de ces activités à l’étranger, le Stud-book Selle Français propose également des formations de juge, notamment en Argentine, et accueille chaque année des stagiaires venus des quatre coins du monde. Le but de cette entente: suivre les circuits d’élevage afin de se former au jugement et à la caractérisation.