“Tout le monde se souvient de moi comme le plus jeune vainqueur du Grand Prix de Calgary”, Olivier Philippaerts

Durant tout l’été, GRANDPRIX vous fait revivre des victoires et des défaites fondatrices de grandes carrières et qui ont marqué l’histoire des sports équestres. Cette semaine, le Belge Olivier Philippaerts revient sur son succès dans le réputé Grand Prix CSIO 5* de Calgary, en 2012, en compagnie de Cabrio van de Heffinck.  



5 septembre 2012, à Spruce Meadows, au Canada. Le Grand Prix CSIO 5* de Calgary est le plus richement doté au monde, et surtout réputé comme l’un des plus difficiles. Un jeune Belge de dix-neuf ans seulement s’y impose au nez et à la barbe des meilleurs mondiaux. Olivier Philippaerts réalise alors l’un de ses rêves: “Je me souviens très bien avoir vu une vidéo de tous les vainqueurs de Calgary en arrivant au concours, et j’ai pensé «wahou, un jour, j’aimerais gagner ce Grand Prix». Deux jours après, je l’avais fait.” Une sacrée surprise, comme le confirme le principal intéressé: “Je n’avais pas beaucoup d’expérience en CSI 5*, et le Grand Prix de Calgary est l’un des plus difficiles au monde. Ce n’est pas évident de gagner, je ne pensais sûrement pas que j’allais le faire.”

Ce coup d’éclat, il le doit notamment à son cheval, Cabrio van de Heffinck, alors âgé de onze ans. Ensemble, ils avaient bien remporté la médaille d’or par équipes aux Européens Jeunes Cavaliers de Comporta l’année précédente, mais jamais de Grand Prix CSI 5*. Calgary restera leur seul sacre à ce niveau.

Sur la pelouse canadienne, le couple déroule deux parcours sans faute sur les barres, cumulant à chaque manche un point de temps. Une performance suffisante pour s’imposer et marquer l’histoire. Comme l’explique le Belge, “encore aujourd’hui, les gens me connaissent pour avoir été le plus jeune vainqueur du Grand Prix de Calgary. C’est quelque chose qui restera pour toujours. Il sera vraiment difficile le gagner en étant plus jeune que moi dans la mesure où on ne peut participer à un Grand Prix CSI 5* avant dix-huit ans, et j’en avais dix-neuf…”

Sérénité et détermination sont les mots qui décrivent bien le parcours du couple. “Même sans expérience, je n’étais pas trop stressé. Je me souviens encore de mon père qui m’avait dit, «écoute, essaie et fais de ton mieux. Si ça ne va pas, tu abandonnes.» Après le premier tour, j’étais content d’avoir réalisé un sans-faute sur les barres. Entre les deux manches, il n’y a pas eu beaucoup de temps. Mon cheval s’est reposé au box et je suis resté concentré pour le deuxième tour. J’ai reconnu le parcours, regardé quelques cavaliers et recommencé à monter. Finalement, je n’ai pas eu le temps de penser à autre chose. Je ne suis pas un cavalier superstitieux, alors j’ai juste essayé de me concentrer et de me calmer jusqu’à mon tour. Je n’étais pas obsédé par la perspective de gagner, je voulais juste essayer de réaliser un sans-faute. J’étais tellement content de réussir un deuxième parcours parfait sur les barres dans le plus gros Grand Prix du monde! Cela m’a rendu très heureux”, détaille-t-il.

À la remise des prix, il avait alors déclaré: “Cette journée a été fantastique. En reconnaissant le parcours, je me suis dit que ce serait très compliqué. Mon cheval est phénoménal et je pense ne pas avoir si mal monté aujourd’hui! Bien sûr, je dois remercier le public de Spruce Meadows, qui supporte tous les cavaliers. C’est vraiment sympa pour nous, cavaliers européens, qui venons de loin. Je remercie également mon père, qui a toujours été là pour moi et grâce à qui j’ai de bons chevaux, ainsi que Hubert Hamerlinck, le propriétaire de Cabrio. J’espère qu’ils feront longtemps partie de ma vie.”



“Cabrio adorait la piste de Spruce Meadows”

Avec le recul, cette victoire n’était pas uniquement le fruit du hasard. “Ce n’était pas la première année que je venais à Calgary, mais j’étais alors trop jeune pour participer au Grand Prix. De plus, chez nous, nous avons la chance d’avoir une très grande piste en herbe, donc nos chevaux ont plus d’expérience sur herbe que beaucoup d’autres. Cabrio adorait Spruce Meadows, il sautait magnifiquement bien là-bas!”

Malgré son jeune âge, hors de question de se laisser impressionner par la configuration particulière de la grande piste en herbe et l’atmosphère dégagée par le traditionnel concours canadien. “Je trouve que Calgary est un concours exceptionnel, différent des autres, tout comme Aix-la-Chapelle. Le parc d’obstacles est à part, cela donne du charme. En 2012, je connaissais déjà un peu la piste, mais la première fois que je suis allé là-bas, c’était vraiment quelque chose! Habituellement, le matériel est très léger, mais à Calgary les barres font quatre ou cinq mètres de front, ce qui rend les parcours vraiment particuliers. Il y a notamment toujours le vélo à Spruce Meadows, un obstacle que tout le monde connaît et qui est très difficile.”

S’ils n’ont remporté qu’une seule fois le Grand Prix, les bonnes performances se sont accumulées au Canada pour Olivier et son fils de Cassini I. “Cabrio a gagné une fois le Grand Prix et il a été une autre fois cinquième (en 2014, ndlr). Il a aussi pris part à quelques Coupes des nations (deuxième en 2013, troisième en 2014, sixième en 2015, ndlr). Il adorait vraiment cette piste-là”, insiste le cavalier Belge.

 



“N’importe quel cavalier rêve de remporter Calgary ou Aix-la-Chapelle”

Comme si l’histoire n’était pas suffisamment belle, les larmes d’émotion d’Olivier Philippaerts à l’annonce de sa victoire ont été accompagnées par la fierté de son père Ludo, troisième du même Grand Prix avec Challenge VD Begijnakker Z ce jour-là. C’est dire si les Philippaerts ont maîtrisé leur sujet! S’il a toujours pu compter sur celui qui a participé à quatre Jeux olympiques et qui est connu pour être le cavalier de l’inoubliable Darco, cette victoire a permis à Olivier de se faire un prénom. “À nos débuts, ce fut un peu dur. Nous avions un peu de pression (Olivier à un frère jumeau, Nicolas, qui concourt également à haut niveau, ndlr) car mon père a beaucoup gagné dans sa vie. Les gens nous scrutaient justement parce qu’ils savaient que nous étions son fils. Si nous avions bien monté, c’était normal parce que nous étions les fils de Ludo, et si nous n’avions pas bien monté, alors nous n’étions pas aussi bon que notre père. Je pense vraiment qu’après cette victoire, les gens me connaissent désormais comme le gagnant du Grand Prix de Calgary”, confie le jeune Belge.

Cette victoire restera pour longtemps encore comme l’une des plus belles d’Olivier Philippaerts. “Je pense qu’il n’y a qu’un seul autre Grand Prix du même niveau que Calgary, c’est celui d’Aix-la-Chapelle. Si l’on demande à n’importe quel cavalier quel Grand Prix il aimerait remporter, il ceux-ci. Ce sont les deux meilleurs concours du monde. Et c’est bien possible que remporter l’un des deux reste ma meilleure victoire pour toujours”, ajoute-il.  Comme un hommage au gris qui lui a permis de vivre “un week-end exceptionnel”, Olivier se remémore: “Nous avons acheté Cabrio à trois ans. J’ai commencé à le monter quand il en avait six ou sept. Nous avons d’abord débuté chez les Juniors et c’est grâce à lui que je me suis fait un nom. C’est un cheval très spécial pour moi. Avec lui, j’ai participé aux Jeux mondiaux (en 2014 en Normandie, ndlr), nous avons été réservistes pour les Jeux olympiques de Londres (en 2012, ndlr), avons remporté le Grand Prix de Calgary… Il restera dans mon cœur. Aujourd’hui, il va très bien. Il remplit son rôle d’étalon au haras Zangersheide, où il est vraiment bien soigné.”

Depuis quelques années, une autre très bonne grise s’illustre avec le Belge, H&M Legend of Love. Ensemble, ils ont notamment terminé à deux reprises cinquièmes de la finale de la Coupe du monde Longines, à Paris en 2018 et Göteborg en 2019. Pourra-t-elle ajouter une nouvelle grande victoire au palmarès d’Olivier? L’avenir le dira…

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