“Cette année avec Urane, nous formons un vrai couple”, Axelle Lagoubie

Associée depuis 2019 à Urane, Axelle Lagoubie est omniprésente dans les classements depuis la reprise des concours avec sa compétitive jument de douze ans. Ensemble, elles ont notamment remporté le Grand Prix du CSI 2* du Mans il y a quelques semaines. Rencontre de cette Normande d’adoption, qui s’entraîne depuis treize ans à Céaux, dans la Manche, aux côtés de Romain Bourdoncle.



Axelle Lagoubie concourt ici à Wellington, en Floride.

© Sportfot

Pouvez-vous vous présenter? 

Je suis originaire de Bordeaux. Je suis arrivée en Normandie chez Romain Bourdoncle en 2007, car je voulais devenir cavalière professionnelle et c’était l’endroit parfait pour évoluer.  En 2016, Henri Prudent m’avait proposé d’aller en Floride et monter pour lui. J’y suis allée pendant trois mois, durant la tournée de Wellington. Je ne voulais pas regretter toute ma vie de ne pas l’avoir fait. Ce n’est pas quelque chose que j’ai réellement apprécié. Je ne me sentais pas bien là-bas, j’ai eu le mal du pays et je suis rapidement rentrée en Normandie. 

Vous considérez-vous plus bordelaise ou plus normande?  

Normande, sans hésiter! 

Avec Urane, vous avez remporté le Grand Prix CSI 2* du Mans fin juillet et vous êtes classée quatrième et deuxième lors des Grands Prix du Grand National de Notre Dame d’Estrées puis de Villers-Vicomte (en vidéo en bas d'article). Comment analysez-vous cette grande forme avec Urane depuis la reprise?  (en 

Nous avons récupéré Urane l’année dernière. Nous courrions déjà ces épreuves-là la saison passée, mais souvent nous sortions de piste avec quatre points, rarement plus, ou alors des sans-fautes pas assez rapides… À chaque fois nous ne passions pas très loin, et cette année, je sens bien que nous formons un vrai couple. J’ai continué à travailler pendant le confinement, cette période a joué sur les résultats mais même sans cela elle aurait démarré la saison de la même façon. Elle était prête et le fait d’avoir fait connaissance toute l’année dernière a suffi pour être performantes aujourd’hui. 

Vous ne faites toutefois pas partie d’une équipe pour le Grand National…  

Non, et nous regrettons un peu du coup. Cela faisait deux années de suite que j’étais associée à Romain. Le confinement est arrivé au moment où nous aurions dû former l’équipe, donc nous ne l’avons pas fait et c’est un peu tard maintenant.  



“L’objectif est de concourir en CSI 3*”

Rubelia a permis à Axelle Lagoubie de remporter le championnat de France des Cavalières en 2014.

© Scoopdyga

Pouvez-vous nous évoquer plus en détails Urane? 

C’est une jument qui est très volontaire, avec beaucoup d’énergie. Elle a tendance à sauter un peu en longueur et en accélérant tout le temps, notamment dans la battue. Cela entraînait toujours la même erreur, une faute de postérieur sur la première barre de l’oxer. Cette envie de sauter fait aussi sa qualité, elle est généreuse et respectueuse malgré tout. Elle a beaucoup de moyens, de la force et une rapidité naturelle, c’est un avantage.  

Elle était auparavant montée par Guillaume Batillat, comment s’est passée votre rencontre? 

Son propriétaire, Emmanuel Trincot, n’habite pas loin de chez nous. Il est venu tous les dimanches pendant l’hiver avec son autre cheval, pour travailler avec Romain. Il n’arrêtait pas de nous dire qu’il avait une super jument, qui était chez Guillaume et qu’il souhaitait avoir plus près de chez de lui pour la voir plus souvent. Il a fini par nous l’amener. Il vient nous encourager à tous les concours, c’est rare qu’il rate une épreuve! 

Quels sont vos objectifs sportifs, notamment avec Urane?   

J’aimerais bien sauter plus haut! (Rires) Obtenir des places dans des CSI 3* serait bien.  

Sur quels autres chevaux pouvez-vous compter?  

J’ai plusieurs chevaux compétitifs, certains pour les épreuves de vitesse, mais aussi des chevaux en formation, ce qui est l’idéal pour épauler Urane. Plusieurs sortent du lot, notamment Caligula de Vains, un huit ans qui est prometteur. Il y a aussi aux écuries Black’n Roll, que monte Romain. Si j’ai accès à des concours plus importants, il me le laissera pour participer à de belles épreuves. C’est un cheval qui s’est déjà classé sur 1,50m et que j’ai déjà monté l’année dernière. 



“Rubelia est ma jument de cœur”

À l'avenir, Axelle Lagoubie espère concourir en CSI 3*.

© PSV/Morel

Comment s’annonce la suite de votre saison, qui est complètement chamboulée?  

C’est vrai que c’est compliqué. À court terme, j’aimerais bien participer au CSI 3* de Canteleu. Normalement, nous allons également courir encore quelques étapes du Grand National, dont normalement celle de Tours. Pour l’étape de Barbaste, c’est moins sûr, à cause de la distance à parcourir. Nous allons voir ce que nous pouvons faire. 

Romain Bourdoncle vous entraîne donc depuis de nombreuses années, qu’avez-vous appris d’important à ses côtés? 

J’ai tout appris à ses côtés! J’ai toujours eu la passion, je montais déjà dans des épreuves Amateurs avant d’arriver chez lui. Mes jeunes chevaux ont progressé ici en Normandie. J’ai eu une super jument, Rubelia, qui est maintenant à la retraite et a beaucoup gagné. Nous avons commencé dans les épreuves dédiés aux quatre ans (en 2009, ndlr) et avons évolué jusqu’à être classées en Grands Prix à 1,50m. 

Vous avez notamment remporté avec elle le championnat de France des Cavalières en 2014… 

Ma fidèle Rubelia est vraiment ma jument de cœur. Elle a beaucoup gagné (92 victoires entre 2009 et 2020 selon le bilan de la Fédération française d’équitation, ndlr), déjà à six ans elle avait remporté le concours inter-régional de Saint-Lô. Je savais qu’elle pouvait s’imposer dans ce championnat et c’était magique de l’avoir fait. C’est un de mes plus beaux souvenirs et une émotion particulière.