“Dans ses jeunes années, Azur du Vinnebus ne montrait rien du cheval qu’il est aujourd’hui”, Antoine Ermann

Installé près de Mâcon, dans la structure familiale de ses parents, le jeune Antoine Ermann, dix-neuf ans, fait ses preuves au sein de l’équipe de France jeunes cavaliers de saut d’obstacles, mais aussi à l’international. Il aurait même pu faire concurrence aux meilleurs mondiaux, le week-end dernier, à l’occasion de l’épreuve phare du Longines Deauville Classic. La tête sur les épaules, le Saône-et-Loirien entend bien poursuivre son ascension vers le très haut niveau. Grâce à un système bien rodé, plusieurs chevaux de qualité, et une grande lucidité, le Tricolore ne devrait pas louper ses objectifs.



Selon son cavalier, Velours du Ceran peut "tout sauter".

Selon son cavalier, Velours du Ceran peut "tout sauter".

© Sportfot

Vous avez bouclé un excellent parcours lors du Longines Deauville Classic le week-end dernier, malheureusement entaché d’une erreur sur l’ultime oxer du tracé. À froid, quelles leçons tirez-vous de ce concours ?

Franchement, c’était un super week-end. J’ai eu la chance d’être aux côtés des meilleurs mondiaux, donc c’était vraiment une expérience inoubliable. En plus de cela, mon cheval a été fantastique. Nous n’avons fait que de bons parcours, j’ai engrangé beaucoup d’expérience. C’était un concours génial pour moi.

Le plateau présent en Normandie était en effet digne d’un 5*. Comment avez-vous vécu le fait d’affronter le gratin mondial ?

Au début, cela peut être un peu impressionnant. Pour ma part, une fois que je suis à cheval, je suis dans ma bulle et j’essaye toujours de faire de mon mieux. Après, bien sûr, comme il y a les meilleurs mondiaux, les parcours sont un peu plus difficiles et délicats. Cela demande beaucoup de précision de la part des cavaliers. Personnellement, je ne me mets pas non plus trop de pression quant à tout cela.

Vous semblez former un vrai couple avec Azur du Vinnebus, votre meilleure monture. Comment avez-vous rencontré ce cheval et quelle est son histoire ?

Il est vrai qu’avec Azur nous nous attendons plutôt bien maintenant. C’est un cheval que mon père avait acheté, comme beaucoup d’autres, à six mois. Il était allé en Normandie et avait acheté des lots de chevaux. Parmi eux, se trouvait Azur. Il a maintenant dix ans, et il est à nos côtés depuis son sevrage, donc autant dire que nous le connaissons par cœur. À la base, il était destiné au commerce, comme quasiment tous les autres chevaux de l’écurie. Azur qui est très grand, très atypique, et nous n’avons jamais réussi à le vendre à quatre, cinq, six ou sept ans. Je l’ai donc récupéré l’année de ses huit ans et à vrai dire, j’ai tout de suite senti quelque chose de particulier avec lui. Le couple s’est fait très, très, vite. Quelques semaines après en avoir pris les rênes, j’ai fait mes premières 1,40m avec lui et même une 1,45m. Nous avons été agréablement étonnés par lui et par ses performances. Dans ses jeunes années, il ne montrait rien du cheval qu’il est aujourd’hui. Il nous a vraiment bluffés. On était très épaté et je pense qu’il n’a pas fini de faire parler de lui !

Quelles sont vos ambitions avec lui ? Espérez-vous pouvoir gravir les échelons pour atteindre le plus haut niveau ?

Bien sûr, on en a envie. Après, dans ce sport, on peut vite arriver tout en haut, puis redescendre très bas le lendemain. Je vais évidemment essayer d’aller le plus loin possible. Mais pour cela, il faut que j’aménage une bonne carrière à Azur notamment, que je le garde en bonne santé, que je cible les concours et que je n’en fasse pas trop pour essayer de le garder au meilleur de ses capacités. 

Vous prendrez part le week-end prochain au CSIO Jeunes Cavaliers de Fontainebleau, organisé par GRANDPRIX, avec lui. Comment vous sentez-vous à l’approche de ce concours ?

Je me sens bien. Le cheval a fait un très bon week-end à Deauville. Nous sommes tous les deux très en forme. J’aborde ce concours sans stress et je fais totalement confiance à Azur. Je vais essayer de faire un maximum de sans-faute (rires) !



“Le circuit du Grand National est vraiment une bonne chose”, Antoine Ermann

Antoine Ermann peut aussi compter sur Beryl des Prés, qui montre de bonnes choses jusqu'à 1,45m.

Antoine Ermann peut aussi compter sur Beryl des Prés, qui montre de bonnes choses jusqu'à 1,45m.

© Sportfot

Vous comptez également sur Velours de Ceran avec qui vous venez de prendre part au Grand National de Cluny. Quelles sont les qualités de cet Anglo-arabe ?

Velours est un cheval qui a énormément de moyens. Il peut tout sauter. Aujourd’hui, il commence à être plutôt compétitif sur 1,45m et 1,50m. C’est une bonne chose pour moi car il va pouvoir épauler et soulager Azur sur ces épreuves-là. Je pense que c’est un cheval qui peut sauter très haut et m’apporter beaucoup d’expérience.

Pouvez-vous compter sur d’autres chevaux à ce niveau d’épreuve ?

Oui, j’ai également dans mon piquet Beryl des Prés qui a neuf ans maintenant. Nous l’avons également acquis à six mois. Il a couru sa première 1,45m vendredi lors du Grand National de Cluny où il réalise un double sans-faute. Il était vraiment super bien. Je pense qu’il va pouvoir lui aussi faire des 1,50m. Il faut voir comment il évolue, mais il devrait pouvoir bien m’aider également. C’est de bon augure pour la suite de pouvoir compter sur trois chevaux à ce niveau. 

Entre les catégories jeunes cavaliers et le circuit international qui vous confronte aux meilleurs mondiaux, notez-vous des différences ?

Il y a bien sûr des différences, notamment au niveau des parcours. Quand on va à Deauville, avec des cavaliers de 5*, forcément, les parcours sont tout de suite plus délicats que quand on fait un concours national ou un 2*, par exemple. Après, le circuit jeune reste aussi délicat dans le sens où nous sommes tous de bons cavaliers, avec de très bons chevaux et des systèmes qui sont au point. Je ne pense pas que ce soit comparable avec un plateau 5*, car là, c’est vraiment le top du top, mais il ne faut surtout pas négliger le circuit jeune.

Vous formez à la fois des montures plus jeunes, prenez part à des étapes du Grand National et de belles épreuves internationales. Comment se compose votre système de travail ?

C’est vrai qu’on a pas mal de jeunes chevaux en formation également. Pour cela, je ne suis pas tout seul, j’ai trois personnes à la maison qui m’aident. On essaye de former un maximum de jeunes montures pour essayer, un jour, d’avoir un autre crack comme Azur. Aujourd’hui, il n’est pas possible d’acheter ces chevaux-là ; cela est beaucoup trop compliqué et beaucoup trop cher. Pour les chevaux d’expérience, j’essaye de me servir du circuit du Grand National, qui permet de sauter jusqu’à 1,50m, ce qui est déjà bien. Cela nous permet également de nous faire remarquer lorsqu’on fait une performance. J’ai eu la chance de participer au 3* de Deauville, mais ces concours-là sont très difficile d’accès. Le Grand National nous permet donc de sauter assez haut et sans sélection, c’est vraiment une bonne chose pour nous.