Kevin Thornton ne s’est pas présenté au tribunal dans l’affaire de la mort de Floga Sunset Cruise

À l’occasion d’un procès inédit, mercredi, le tribunal judiciaire de Grasse a jugé l’affaire de la mort de l’étalon Floga Sunset Cruise, survenue en pleine séance de travail à l’hippodrome de Cagnes-sur-Mer, le 10 octobre 2016, durant la série de concours du Jump Festival. Hélas, le prévenu, le cavalier irlandais Kevin Thornton, ne s’est pas présenté à l’audience… Le jugement sera rendu le 26 novembre.



Quelques mois après la mort de Floga Sunset Cruise, Kevin Thornton, son cavalier irlandais et résident suisse, avait écopé d’une amende de 10.000 francs suisses et de quatre mois de suspension de la part du tribunal de la Fédération équestre internationale (FEI), compétent pour juger cette affaire dans la mesure où ce fait est survenue dans une zone dite “FEI”, entre les pistes et les écuries de l’hippodrome de la Côte d’Azur, à Cagnes-sur-Mer. Si l’autopsie n’avait mis en évidence aucune preuve de maltraitance, le rapport indiquait des lésions et des traces d’hémorragie sur l’épaule droite correspondant aux coups de cravache assenés à l’animal par le cavalier au moment des faits, ce que ce dernier a lui-même reconnu. La FEI avait estimé qu’il y avait eu clairement abus contre un cheval.

Lors de l’audience, Kevin Thornton, poursuivi pour “sévices graves ou acte de cruauté envers un animal domestique, apprivoisé ou captif”, qui continue d’ailleurs à fouler les pistes des concours internationaux depuis les faits, était absent, malgré un mandat d’arrêt lancé à son encontre. Cela n’a pas empêché le corps d’avocats des nombreuses associations qui s’étaient portées parties civiles – le collectif One Voice, mais aussi la fondation Brigitte Bardot, la ligue Française pour la protection du cheval, la Fédération des Sociétés de protection des animaux, ainsi que l’hippodrome de la Côte d’Azur – de plaider. C’est la première fois qu’un tel cas de maltraitance est porté devant la justice, a noté Me Arielle Moreau, l’avocate de One Voice.

En 2017, Kevin Thornton, peu disert jusqu’alors, avait pris la parole pour signifier qu’il estimait que “la FEI a voulu faire de (mon) cas un exemple”. Il n’empêche. Comme l’a rappelé Me Bernard Rossanino, avocat de l’hippodrome, le prévenu a fait “subir un véritable parcours du combattant à son cheval”, évoquant “des sévices volontairement infligés”. La procureure de la République, aussi étonnée qu’indignée, a réclamé une amende de 800 euros et requis trois mois de prison avec sursis et l’interdiction de posséder un animal domestique et d’exercer une profession en lien avec les faits reprochés. La décision a été mise en délibéré jusqu’au 26 novembre.