Mathieu Lemoine s’installe dans ses propres écuries

En août 2016 à Rio de Janeiro, Mathieu Lemoine avait pleinement contribué à la médaille d’or de l’équipe de France avec son talentueux Bart L. Quatre ans plus tard, en quête de liberté, le Landais d’origine, ancien cavalier de Pierre Defrance, pose enfin ses valises dans ses propres écuries, dans la Sarthe. Un rêve longuement mûri au sujet duquel le trentenaire s’est confié entre deux dépaquetages.



Depuis quelques jours, Mathieu Lemoine, trente-six ans, s’installe progressivement dans ses nouvelles écuries situées à Louplande, dans la Sarthe. Début 2017, quelques mois après le sacre olympique de l’équipe de France, le champion de concours complet avait quitté l’écurie de Pierre Defrance, dans le Loiret, qui l’employait depuis près de dix ans, pour rejoindre Bertrand Vuatoux, précédent cavalier de Bart L (KWPN, United x Gribaldi), à l’écurie de la Verrière, sise à Crosmières, dans la Sarthe. Trois ans et demi plus tard, songeant sérieusement à s’installer dans ses propres infrastructures, Mathieu se loge un temps dans les écuries du haras du Lion-d’Angers, où il avait d’ailleurs guidé Pétrus de la Triballe (SF, Sarastro x Be Bop de Coquerie) au titre de champion du monde des chevaux de six ans, en 2009.

Achetée avec le soutien de Gwenaëlle Le Breton, mécène du cavalier depuis plus de quinze ans, cette nouvelle écurie, située à quinze kilomètres au sud-ouest du Mans réunit tous les critères que je cherchais”, commente Mathieu Lemoine. Nous sommes à un très bon emplacement, avec en quelque sorte un pied dans le Grand Ouest et un autre dans la région parisienne. Nous sommes bien sûr très proches du Pôle européen du cheval du Mans, mais il est également facile d’atteindre la Normandie et Saumur grâce à un bon réseau routier.” L’écurie s’étend sur vingt-quatre hectares et dispose de plus de trente boxes, d’un grand manège de 70x32m ouvert sur une carrière, et de trois pistes de galop. “L’ancien propriétaire entraînait des chevaux de course et de saut d’obstacles. Cette structure est donc déjà polyvalente, comme je le souhaitais. Nous rénovons actuellement les sols du manège et de la carrière et prévoyons de construire un spring garden pour l’entraînement de cross.”



“Cela m’ouvre plein de nouvelles perspectives”

C’est un achat très sécurisant”, poursuit le cavalier olympique. Je peux porter ici plusieurs casquettes: avoir des chevaux au débourrage et au travail, louer des boxes surnuméraires, faire travailler des propriétaires et organiser des stages. Cela m’ouvre plein de nouvelles perspectives et permet de me sécuriser en cas de coup dur, même si je garde en tête de poursuivre la compétition à haut niveau en concours complet. On déplacera d’ailleurs ici mon piquet de chevaux début novembre, après la fin des travaux.”

Cette année, Mathieu ne courra pas le Mondial du Lion ni les Cinq Étoiles de Pau, dont il avait pris la neuvième place l’an dernier avec Tzinga d’Auzay (SF, Nouma d’Auzay x Masquerader, Ps), sa jument de tête âgée de treize ans. “Elle a rencontré un petit problème au postérieur, ce qui a nécessité du repos. C’est une jument qui a besoin de concourir avant les grandes échéances, donc elle n’est pas prête pour Pau”, détaille le sarthois d’adoption. Il me reste deux concours au programme cette année: les CCI 4*-L de Lignières avec Baron d’État (SF, Damiro B x I Am Boy), puis le CCI 4*-S du Pouget avec Quatchina Blue (Z, Qupidon de Bavoz x Mister Blue). J’ai actuellement quatorze chevaux destinés à la compétition ou au commerce, âgés de quatre à dix-sept ans. Si Tzinga est aujourd’hui ma meilleure monture, je compte sur Baron et Quatchina pour la seconder. La suite, nous l’écrirons au fur et à mesure”, conclut Mathieu Lemoine avec le sourire.