“Cette saison ne pouvait pas mieux se terminer qu'avec ce titre”, Alexandre Bosc

Il y a quelques jours, Alexandre Bosc a pris part à sa première Grande Semaine de Fontainebleau. En Seine-et-Marne, le cavalier de vingt-deux ans a conclu ce rendez-vous de la plus belle des manières, en permettant à Fée de Caryan de s’imposer dans le championnat des femelles de cinq ans Selle Français et Anglo-Arabes. Après une saison passée dans les écuries du renommé Bruno Rocuet, le jeune homme retrouvera très bientôt ses propres écuries, dans le Sud de la France, où de nouveaux chevaux l’attendent. Il s’est confié sur son titre, mais aussi sur son parcours et ses objectifs à venir.



Pour vous, que représente le titre de championne de France des cinq ans de Fée de Caryan?

Cette victoire représente beaucoup de choses pour moi, d’autant que je suis arrivé chez Bruno Rocuet au début de l’année seulement. Je m’étais donné une saison avant de repartir dans mes installations dans le Sud, et cela ne pouvait pas mieux se terminer qu’avec un titre comme celui-ci. En plus, Fée est une jument que j’affectionne beaucoup, car elle a énormément donné toute l’année. Nous n’avions pas forcément discuté de cet objectif-là, et puis comme la jument ne faisait que des sans-faute, elle a rapidement pris la tête du classement national des cinq ans. Le championnat est donc devenu un véritable objectif. À vrai dire, je voulais surtout bien y figurer pour elle, car elle le méritait vraiment après cette super saison. Pour moi, c’est donc un super titre et plutôt un bon début pour une première expérience à Fontainebleau !

Cette saison a été très particulière en raison de la crise sanitaire. Comment avez-vous préparé les finales de Fontainebleau?

C’est vrai qu’avec le confinement, on ne savait pas trop quand on allait recommencer les concours donc c’était assez délicat. Nous avions fait un super travail d’hiver avec les chevaux, ce qui leur a permis d’être tout à fait prêts lorsque les compétitions ont recommencé. En ce qui concerne le championnat, nous n’avons pas changé grand-chose à l’entraînement de Fée pour cette échéance. C’est une jument très facile et très classique, dont elle n’a pas besoin de beaucoup sauter.

Pour votre première participation à la Grande Semaine, quelles ont été vos impressions sur l’événement?

Je pense que la réputation de la Grande Semaine n’est plus à faire. J’en avais beaucoup entendu parler et ai toujours voulu y aller, sans en avoir l’occasion. C’est un événement unique dans la vie d’un cavalier ! Il y a plein de pistes et des bons chevaux partout. Cette année, nous avons eu beaucoup de pluie, et de ce fait, les chevaux ne sautaient pas au mieux. Pour autant, la difficulté a été progressive sur les trois jours de compétition, les parcours étaient très bien construits et cela a été une très bonne expérience pour les chevaux. Je pense qu’ils ont pris beaucoup de maturité là-bas.

Comment êtes-vous arrivé chez Bruno Rocuet pour la saison 2020?

J’avais déjà passé un an dans les écuries de Bruno en tant que stagiaire, quand j’avais seize ans. Cela avait déjà été une super expérience pour moi. Pour cette saison, cela s’est fait un peu par hasard. Je suis venu essayer des chevaux l’année dernière, et je cherchais un endroit pour prendre de l’expérience avec les jeunes chevaux et passer un cap dans mon équitation. J’ai donc demandé à Bruno si je pouvais venir passer une saison dans ses écuries, et il avait une place donc cela s’est fait assez naturellement, d’autant que l’on se connaissait déjà bien.

Quels avantages voyez-vous au fait de travailler en collaboration avec un grand marchand de chevaux?

C’est tout d’abord une grande fierté de pouvoir travailler pour quelqu’un comme Bruno, qui est connu de tous dans le domaine de la formation des jeunes chevaux et des cavaliers. En plus, au sein de ses écuries, nous formons une super équipe de jeunes cavaliers, nous sommes très solidaires et c’est vraiment agréable de partir en concours dans ces conditions. J’aime beaucoup son système, qui est assez à part avec beaucoup de chevaux et de cavaliers. Cela permet de monter beaucoup de chevaux différents, de progresser, de sentir plein de choses. En plus, Bruno est toujours à pied dans la carrière, pour nous aider et nous aiguiller, et la qualité des chevaux que nous formons est assez incroyable.



“C’est quand même une belle histoire lorsque l’on arrive à former un cheval dès son plus jeune âge et à l’emmener jusqu’aux belles épreuves”, Alexandre Bosc

Alexandre Bosc et Fée de Caryan lors de la Grande Semaine de Fontainebleau

© PSV Morel

Actuellement, vous présentez à la fois des jeunes chevaux et des chevaux d’âge en compétition. Idéalement, souhaiteriez-vous continuer à allier les deux dans le futur?

J’aimerais beaucoup continuer à faire les deux, ce qui est pour moi très intéressant car on peut s’inspirer des jeunes chevaux pour les vieux et inversement. C’est quand même une belle histoire lorsque l’on arrive à former un cheval dès son plus jeune âge et à l’emmener jusqu’aux belles épreuves ! Et puis, l’aspect financier nous oblige aussi à les acheter jeunes pour ne pas les payer une fortune.

Pour la formation des jeunes chevaux, privilégiez-vous plutôt le circuit SHF ou les concours internationaux?

Je pense que les CSIYH peuvent être une bonne expérience pour les jeunes chevaux, mais le circuit SHF reste pour moi une priorité.  Je n’ai pas beaucoup d’expérience et de recul sur ce circuit, mais je pense qu’il est bien installé et qu’il fonctionne très bien. Les chevaux qui y prennent part sont toujours prêts lorsque les finales arrivent, ce dont nous avons encore pu nous rendre compte cette année alors que la saison a été très compliquée.

Vous allez bientôt quitter les écuries de Bruno Rocuet. Quels sont vos objectifs à venir?

Mon objectif principal reste le commerce, car c’est quelque chose que j’aime beaucoup au-delà du fait que cela soit primordial financièrement. Je suis tombé dedans un peu par hasard, quand j’étais jeune, en réalisant quelques belles ventes. J’ai de nouveaux chevaux qui m’attendent dans mes écuries, dans le Sud de la France, et je vais me mettre tranquillement avec eux sur des concours nationaux. J’essaye toujours d’avoir à la fois des jeunes chevaux et des plus âgés, car cela me permet de faire tourner les chevaux pour essayer de rentrer un peu d’argent. J’ai donc pour objectif de continuer à jouer un peu sur les tableaux, pour pouvoir sauter de belles épreuves avec mes vieux chevaux et faire du commerce avec les jeunes, tout en espérant bien sûr en avoir un bon et pouvoir l’amener à sauter de belles épreuves.

Retrouvez en vidéo le dernier parcours d'Alexandre Bosc et Fée de Caryan dans le championnat de France des femelles de cinq ans appartenant aux stud-books Selle Français et Anglo-Arabe