À Tryon, Beat Mändli hisse Vic des Cerisiers à un niveau supérieur

Hier, le Grand Prix du CSI 3* de Tryon est tombé dans l’escarcelle de Beat Mändli. Victorieux d’un barrage à dix-neuf, le Suisse s’est imposé en selle sur Vic des Cerisiers, un cheval au pedigree assez rare pour que sa belle histoire mérite d’être racontée. Et qui évolue pieds nus!



Hier soir, Beat Mändli a remporté un nouveau Grand Prix CSI 3* disputé à Tryon, en Caroline du Nord, dans les infrastructures qui avaient accueilli les Jeux équestres mondiaux de 2018. Au terme d’un barrage fleuve, pour lequel dix-neuf des quarante-neuf partants se sont qualifiés, le Suisse a signé le plus rapide des dix doubles sans-faute, associé à Vic des Cerisiers. Si Beat compte un nombre incalculable de victoires à ce niveau, c’est en revanche le tout premier succès en Grand Prix pour le hongre alezan de onze ans. Cheval de Selle né en France chez Charlie Tesnières, à Brécey dans la Manche, Vic des Cerisiers est l’un des douze (!) produits d’Olympic d’Anguerny. Cet étalon par Le Tot de Semilly et une mère par le Pur-sang King’s Road avait été labellisé Élite à quatre ans avec Manuel Fillatre au terme de sa première saison de formation sur le Cycle classique, avant de terminer deuxième de la finale nationale des cinq ans en hunter Style, de montrer ses limites à six ans et de poursuivre sa carrière en Amateurs avec Manuel Fillatre puis Armelle Vannier. Quant à la mère de Vic, Niagara de May, elle est issue de Désir du Château, étalon issue de la célébrissime souche, qui a notamment donné le crackissime Itot du Château.

Comme son père, Vic des Cerisiers a été formé par Manuel Fillatre et parfois Armelle Vannier, dans des Préparatoires à 1m, puis progressivement jusqu’à 1,25m et même 1,35m au printemps 2016 à Auvers et Saint-Lô. Il a alors été acquis, pour une somme qu’on imagine tout à fait abordable, par l’excellent marchand suisse Gian-Battista Lutta. Après seulement deux épreuves sous la selle d’Alain Jufer, son excellent cavalier, aujourd’hui installé chez Steve Guerdat, il l’a revendu à Grant Road Partners GmbH, la société de droit suisse de Katherine Dinan, entraînée depuis quelques années par Beat Mändli. La cavalière américaine monte Vic en compétition presque exclusivement jusqu’à la fin de l’été 2018, obtenant quelques classements à 1,40m et 1,45m, sans toutefois défrayer la chronique.

Depuis lors, c’est son coach qui monte le Cheval de Selle, avec davantage de succès, avec de très bons classements à 1,50m l’an passé lors des CSIO 5* de Falsterbo et Dublin, une victoire à 1,55m au CSIO 5* de Wellington, en février dernier, une sixième place à la même hauteur en décembre 2019 au CSI 5* de Genève ou encore une neuvième place dans un Grand Prix CSI 5* à Wellington, également en février cette année. La semaine passée, déjà à Tryon, le couple avait terminé deuxième d’un Grand Prix CSI 2*. Hier, ils ont donc brillé, et gagné, au niveau supérieur.



Déferré et heureux!

Dans cette épreuve courue par un excellent lot de cavaliers et chevaux habitués des concours nord-américaines, Beat et Vic ont devancé au barrage le Canadien Mario Deslauriers, en selle sur Amsterdam 27, et l’Américaine Bliss Heers, associée à Antidote de Mars, un mâle Selle Français de dix ans par Diamant de Semilly et une mère par Jarnac et la célébrissime Qerly Chin (BWP, Chin Chin). Bref, cette épreuve n’aura pu que dorer la réputation de l’élevage français, capable de faire briller les produits de tout type de souches, y compris les plus méconnues.

“C’était un parcours agréable à monter. Il y a eu beaucoup de sans-faute, mais quand nous l’avons reconnu, il semblait assez difficile! Je suis évidemment très heureux de cette victoire. Ce cheval rend mon travail très facile quand il saute comme ça!”, a déclaré le vainqueur. “Pour être honnête, j’ai monté deux lignes très différemment de ce que j’avais prévu. C’est un peu moi, je fais parfois les choses comme je les ressens. C’est mon côté européen. Avec Vic, nous avons pris notre temps. Il a eu quelques bons classements en fin d’année dernière. Cette année, il a été au repos tout l’été à cause de la pandémie de Covid-19. Nous avons repris à Traverse City, où il était déjà bon. Et depuis la semaine dernière, il est juste incroyable. Aujourd’hui, je me suis dit: «Allons-y!», car il se sent bien et heureux.”

Après sa victoire, Beat Mändli a également abordé le fait que Vic évolue en piste déferré des quatre pieds. “Comme mon maréchal-ferrant suisse n’a pas pu voyager à l’étranger à cause de la Covid, nous lui avons retiré ses fers à la fin du Winter Equestrian Festival, en avril. Nous avons alors commencé à nous entraîner sans fers, et comme il se sentait à l’aise, nous avons décidé d’essayer de le monter sans en concours. Je ne sais pas jusqu’où nous irons ainsi, mais pour le moment, tous les chevaux se sentent vraiment bien et c’est certainement plus naturel. D’ailleurs, c’était incroyable de concourir aujourd’hui après la pluie qui est tombée. Le sol était parfait, j’ai ressenti une bonne adhérence mais il y a encore de la frappe. Les chevaux sautent tous très bien, donc c’est vraiment bien. Nous resterons ici deux semaines de plus, puis nous nous rendrons en Floride pour le WEF”, a-t-il conclu.

Les résultats


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