“Toute la filière équestre a besoin de compétitions”, Édouard Coupérie

À l’occasion de la Grande Semaine de Fontainebleau, il y a quelques jours, GRANDPRIX a rencontré Édouard Coupérie, copropriétaire du Selle Français Gino des Luthiers, sacré champion de France des mâles et hongres de quatre ans. L’occasion pour le codirigeant des écuries du Grand Veneur et sélectionneur national adjoint des équipes de France de saut d’obstacles d’aborder plusieurs sujets, dont la rénovation du Petit Parquet et le calendrier des concours à venir dans les prochaines semaines.



Gino des Luthiers et Aurélien Georges-Picot.

© PSV Morel

Comment réagissez-vous la victoire de Gino des Luthiers (SF, Giovanni de la Pomme x Quincy), sacré champion de France des quatre ans lors de la Grande Semaine de Fontainebleau sous la selle d’Aurélien Georges-Picot? 

C’était une belle victoire, surtout pour un Seine-et-Marnais, d’avoir battu tous les Normands! Gino des Luthiers est un cheval que nous, écuries du Grand Veneur, avons acheté en début d’année dans le cadre d’un concours de circonstances et grâce à Guillaume Roland-Billecart. Nous l’avons confié à Aurélien Georges-Picot, qui a fait un très bon travail et l’a amené jusqu’à cette victoire. Cette victoire ravit aussi Kyle Timm, qui travaille avec nous, de même qu’Adeline Wirth-Nègre et mon fils Baptiste. Et nous remercions évidemment Jean-François Morizot, qui a élevé ce cheval et qui a présenté plusieurs autres chevaux de l’élevage du Luthier à Fontainebleau. 

Gino était votre seul cheval présent à la Grande Semaine? 

Oui, nous sommes venus uniquement avec lui. Nous avions un excellent cheval de six ans engagé ici mais il a été vendu entre-temps. 

Comment avez-vous vécu cette Grande Semaine un peu particulière, avec notamment toutes les règles sanitaires qui encadrent désormais tous les rassemblements publics?

Nous étions un peu inquiets de savoir comment cela se passerait. Et finalement, je trouve que s’est bien déroulé. Il y a quand même eu beaucoup de monde et les règles sanitaires ont été respectées, ce qui était vraiment important. Cela s’est animé au niveau du commerce de chevaux. Beaucoup ont été présentés et j’ai vu plusieurs visites vétérinaires se tenir. Je pense que les éleveurs en sont sortis satisfaits. Beaucoup de marchands étrangers ont également fait le déplacement pour venir voir nos chevaux, ce qui est un signal positif.



“La carrière du Petit Parquet est extraordinaire”

Pour la première fois de l’histoire de la Grande Semaine, aucune épreuve ne s’est tenue sur la piste en herbe du Terrain d’Honneur…

C’est vrai, mais nous avons eu des conditions météo invraisemblables et il a énormément plu. Il est vrai aussi que nous sommes en octobre. Sincèrement, aucun terrain en herbe ne peut résister à de telles précipitations. J’en ai d’ailleurs un chez moi, qui était trempé. Dès lors, il était tout à fait normal de ne pas faire courir les chevaux sur le Terrain d’Honneur. Heureusement, nous avons la chance d’avoir de formidables carrières en sable ici, dont la nouvelle du Petit Parquet, qui est extraordinaire. Je pense que tout le monde a été très satisfait de cela. J’espère désormais que ce stade équestre du Grand Parquet va continuer sa mue, car il en a besoin et la filière aussi. Il en prend le chemin donc nous l’encourageons totalement. 

Vous êtes également le sélectionneur national adjoint de l’équipe de France de saut d’obstacles. Comment travaillez-vous actuellement, compte tenu de tout ce qui s’est passé cette année et surtout de tous ces grands concours qui n’ont pas eu lieu? 

Cela se passe bien. En tout cas, nous formons une bonne équipe avec Thierry Pomel (sélectionneur, ndlr), Olivier Bost (adjoint en charge des équipes Enfants, Poneys, Juniors et Jeunes Cavaliers, ndlr) et Henk Nooren (formateur, ndlr). Nous avons participé à moins de concours que prévu, ce que je regrette évidemment. Pour autant, il y a une bonne ambiance et nous restons au travail. Nous avons notamment proposé un maximum de stages aux cavaliers, et allons reprendre cela cet hiver. Nous n’espérons qu’une seule chose: qu’il y ait un petit peu plus de concours, mais il nous faut pour cela que les conditions sanitaires s’améliorent.

En la matière, vous devez être rassuré de voir de courageux organisateurs comme ceux du CHI-W de Lyon, du CHI de Genève et des CSI 4* de Saint-Lô et Rouen, tout faire, dans le respect des conditions sanitaires, pour maintenir leur événement?

Tout à fait, c’est une très bonne dynamique et nous ne pouvons que saluer tous ces organisateurs. J’espère vraiment que ces concours vont pouvoir avoir lieu et se disputer dans de bonnes conditions, parce que les concours demeurent le nerf de la guerre pour toute la filière équestre. Nous avons besoin de compétitions.

Revivez en vidéo le sacre de Gino des Luthiers