Arqana de Riverland, une future crack en route vers le haut niveau

Lors du CSI 4* de Saint-Lô, Arqana de Riverland a une nouvelle fois fait parler d’elle en prenant la deuxième place du Grand Prix phare à 1,55m très relevé. Issue d’une très bonne lignée maternelle, la grise est en passe d’atteindre le plus haut niveau sous la selle de la Tricolore Juliette Faligot, qui la monte depuis près de quatre ans et “ne compte pas s’en séparer”. Portrait d'une future crack en pleine explosion.



Arqana de Riverland, jeune, dans un pré du Haras des Princes

© Haras des Princes

“Elle est très intelligente!”, lance admirativement Juliette Faligot pour décrire sa complice grise. Arrivée il y a près de quatre ans dans ses écuries, la Selle Français a gravi avec elle de nombreux échelons, de leurs premières épreuves à 1,25m jusqu'à leur belle deuxième place dans le Grand Prix à 1,55m de Saint-Lô! Très chic, Arqana de Riverland est née, tout comme sa mère, dans l’élevage aquitain de Mickaël Varliaud. “Stella de Riverland, sa mère, est une fille de Diamant de Semilly avec Razzia de Revel, la propre soeur de Quidam de Revel”, explique l’éleveur. Avant d’ajouter : “Nous avons utilisé Diamant deux fois de suite avec cette jument, pour rester en pur Selle Français d’une part, et puis d'autre part parce qu'il était l’étalon à la mode à l’époque.” Ainsi, avant de mettre Stella de Riverland au monde en 2006, Razzia de Revel avait déjà donné naissance à l’étalon Quatro de Riverland. Elle est également la mère de Fierté de Riverland, une fille de Qlassic Bois Margot qui a récemment pris la sixième place du championnat de France des femelles Selle Français et Anglo-Arabe de six ans à Fontainebleau. Dès l’âge de trois ans, Stella de Riverland est mise à la reproduction. Elle va d’emblée être croisée à Cornet Obolensky, donnant naissance à Arqana. “À l’époque où j’ai choisi Cornet Obolensky, il n’avait que dix ans. Il a apporté de l’élasticité dans le dos et une très bonne technique des antérieurs à Arqana”, explique Mickaël Mickaël Varliaud. “La famille maternelle de la jument transmet un très, très bon mental, alors ce croisement avec un fils de Clinton, qui transmet quand même du caractère, me plaisait.” Ce très bon mental, la grise semble bel et bien en avoir hérité, “sa bonne tête et son envie de bien faire” étant louées aussi bien par Marius Huchin, premier à l’avoir repérée alors qu’elle n’avait que quelques semaines, que par sa cavalière actuelle, Juliette Faligot.


Propriétaire du haras des Princes, Marius Huchin fait l’acquisition de la future championne alors qu’elle n’était même pas sevrée! “Nous avons acheté Arqana lorsqu’elle avait un mois ou un mois et demi car nous avions été séduits par son papier, mais aussi par les photos sur le site internet de l’élevage.” “Pouliche, elle était déjà très, très jolie”, appuie Mickaël Varliaud. Après avoir grandi au haras des Princes, la fille de Cornet Obolensky débute la compétition à quatre ans sous la selle de Romain Potin. Elle réalise onze sans-faute sur quinze parcours durant sa saison, qu’elle conclut par une dixième place dans le championnat des juments Selle Français et Anglo-Arabe lors de la Grande Semaine de Fontainebleau (voir vidéo en bas d'article). L’année suivante, c’est Louis Delplace qui en récupère les rênes. Elle termine alors quatorze tours sans aucune pénalité sur les vingt auxquels elle prend part, avant de se rendre à Fontainebleau où son championnat s’arrête après la deuxième qualificative. “Déjà à cette époque, Arqana avait du sang et était très respectueuse. Le travail à l’obstacle était facile pour elle”, ajoute Marius Huchin. “Durant son année de six ans, elle n’a pas concouru, et nous avons tenté de faire des transferts d’embryon avec elle. Nous avons essayé de la faire reproduire avec Number One d’Iso*Un Prince, notre étalon qui était à la maison, mais cela n’a malheureusement pas fonctionné. Nous avons alors pris la décision de la remettre dans le sport. Pour autant, je ne pensais pas qu’elle atteindrait les épreuves qu’elle saute aujourd’hui!”



“Elle m'a tout de suite plu”, Juliette Faligot

© Sportfot

Pour son retour sur les pistes de compétition, Arqana de Riverland est confiée à Juliette Faligot, dont elle ne quittera plus les écuries. Dès le départ, la jument fait forte impression à sa cavalière, qui en est désormais propriétaire à 50% avec Véronnique Sulfourt : “Elle m’a tout de suite plu! Elle était très respectueuse, avait toujours l’envie de bien faire ainsi que beaucoup, beaucoup de sang.” Après plus d’un an et demi sans compétition, la fille de Cornet Obolensky et sa nouvelle complice reprennent en février 2017 sur des épreuves à 1,20m/1,25m. En mai, le nouveau couple prend part à son premier Grand Prix “Top 7” à 1,35m, qu’il conclut avec neuf points. Suivent trois participations en CSIYH, à Sancourt, Mons et au Touquet, qui se soldent par sept classements dans le Top 10 en neuf épreuves entre 1,30m et 1,40m courues. Durant cette période, Arqana de Riverland remporte également le Grand Prix “Top 7” à 1,40m disputé en parallèle du CIR de Compiègne.


Après ces bons résultats, la grise est logiquement engagée dans le championnat de France des chevaux de sept ans. Elle y réalise une très belle performance pour terminer au quatrième rang final. “Quand Arqana est arrivée dans mon piquet de chevaux, je ne m’attendais pas à une progression aussi rapide. J’avance vraiment en fonction des chevaux, d’autant plus quand ils ne sont pas sortis en compétition pendant un an comme c’était le cas de la jument. En plus, la concernant, on aurait pu douter de ses moyens à son arrivée, mais elle a pris de la force au fur et à mesure du travail.” La fille de Cornet Obolensky termine sa saison sur des épreuves nationales entre 1,30m et 1,40m, et débute l’année 2018 de la même manière, remportant plusieurs compétitions au passage. En avril, elle fait ses début sur 1,45m à l’occasion du Grand Prix CSI 2* de Sancourt, qu’elle termine à une très bonne quatrième place au bénéfice d’un double sans-faute. Un mois et demi plus tard, Arqana de Riverland récidive à Hardelot, où elle monte cette fois sur la deuxième marche du podium du Grand Prix CSI 2*. En août, la paire qu’elle forme avec Juliette Faligot fait son retour à Fontainebleau, cette fois pour le championnat de France des cavalières, qu’elles concluent à la douzième place avant de poursuivre leur saison sur des épreuves jusqu’à 1,45m.




"Aller le plus haut possible", Juliette Faligot

En mars 2019, le Grand Prix du Grand National de Jardy est l’occasion pour le couple de concourir pour la première fois sur des barres à 1,50m. Arqana achève l’épreuve avec un score honorable de cinq points, avant de signer son premier double sans-faute sur ces hauteurs lors d’une épreuve majeure du CSI 3* de Cagnes-sur-Mer quelques semaines plus tard. Après une belle quatrième place dans le Grand Prix CSI 3* du Touquet, le couple se dirige ensuite vers Maubeuge, où la grise va s’élancer dans sa première épreuve à 1,55m. Là-encore, la jument, alors âgée de neuf ans seulement, impressionne son monde avec un sans-faute, puis un barrage à quatre points qui lui offre la neuvième place du classement final. Retrouvant les barres à 1,55m à l’occasion du Grand Prix CSI 3* de Béthune, elle fait partie des cinq chevaux qui y signent un parcours parfait. Un nouveau barrage à quatre points la conduit cette fois à la cinquième position. 


Pour autant, lors du Master Pro, Juliette Faligot décide d’engager sa fille de Cornet Obolensky dans le championnat de France des cavalières, coté à “seulement” 1,40m. “Je ne voulais pas aller trop vite ni trop tirer sur la jument. Elle venait de courir plusieurs Grands Prix importants, et je pense que ça leur fait toujours du bien de redescendre de temps en temps sur des épreuves inférieures”, éclaircit sa cavalière. L’échéance est conclue à la cinquième place par les deux complices, qui continuent ensuite leur route dans les épreuves à 1,50m Le difficile Grand Prix CSI 4* de Rouen à 1,60m, en novembre, se solde ensuite pour elles par un abandon. La jument prend alors une pause de compétition, avant de revenir sur de plus petites épreuves lors de la tournée de Vilamoura début 2020. Elle y prend tout de même part à un Grand Prix à 1,50m, avant que la pandémie mondiale de Covid-19 n’interrompe les compétitions. La période de confinement est alors mise à profit par Juliette Faligot pour travailler avec Arqana. “S’il y a encore une chose à améliorer chez elle, c’est sa stabilité”, explique ainsi la cavalière. “Même si elle s’est déjà bien posée et que nous ne sommes pas loin d’obtenir ce que l’on veut, elle en manque encore un peu. C’est une chose sur laquelle nous avons travaillé lorsqu’il n’y avait plus de concours, mais qui s’améliore également simplement car elle prend de la maturité.”


Le retour à la compétition de la jolie grise se fait lors de deux concours nationaux, puis au CSI 2* d’Opglabeek. “Il était difficile de faire un planning pour la jument, entre les annulations de concours et les plateaux de cavaliers incroyables qui prenaient part aux CSI 3*. Je n’ai pas pu participer à autant de concours de ce niveau que je l’aurais voulu. Le CSI 4* de Saint-Lô est donc devenu un vrai objectif quand nous avons su que nous pourrions y concourir.” Avant le rendez-vous normand, le couple a tout de même pris part à une demie-douzaine d’épreuves à 1,50m, et  terminé à la troisième place d’un Grand Prix CSI 2* à 1,45m disputé à Bonheiden, avant de renouer avec les barres à 1,55m lors du CSI 4* de Grimaud mi-octobre. Arqana y conclut alors le Grand Prix avec huit points au compteur, avant de prendre la route de la Manche. Dans le hall du Centre de promotion de l’élevage de Saint-Lô, la jument se montre performante dès le vendredi en se qualifiant pour le barrage de l’épreuve à 1,50m. Le dimanche, au terme d’une première manche difficile et d’une finale endiablée, la jument s’impose sur la deuxième marche du podium du Grand Prix CSI 4* à 1,55m, sa meilleure performance à ce niveau. L’avenir s’annonce donc prometteur pour la fille de Cornet Obolensky, avec laquelle sa cavalière nourrit de grandes ambitions. “Je voudrais aller le plus haut possible avec elle”, termine ainsi Juliette Faligot. “Mon but est de continuer à la faire évoluer et d'intégrer l’équipe de France, ainsi que de participer à des CSI 5* l’année prochaine.”