Alors qu'elle célébrait ses cinquante-cinq ans hier, Laura Kraut a marqué l'histoire des sports équestres. Revivez quelques-uns des plus beaux moments de sa carrière en images.



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En 2000 à Sydney, Laura Kraut a disputé ses premiers Jeux olympiques. Associée à Liberty, elle s’était classée sixième par équipes et vingt-neuvième en individuel.

“Liberty était une jument très brave et très chaude, âgée seulement de neuf ans à cette époque. Même dans mes rêves les plus fous, je n’avais jamais imaginé que je ferais partie de l’équipe olympique. Katie Prudent, pour qui j’ai beaucoup de respect, m’a dit: “Je pense que ton cheval a les moyens d’aller aux Jeux. Si tu viens avec moi en Europe, qu’on se prépare et s’organise, je pense que tu peux y arriver.” Katie Prudent est alors devenue une très bonne amie, et c’est comme ça que je me suis retrouvée à Sydney. Quand je regarde en arrière, je me dis que nous étions peut-être toutes les deux un peu inexpérimentées, mais Liberty a très bien sauté jusqu’à la finale individuelle, où elle a, en quelque sorte, abandonné. C’était une super jument, et cette expérience était merveilleuse. Sydney est un endroit incroyable. Nous y sommes restés trois semaines et avons vraiment passé du bon temps. Le plus dur a été de rentrer à la maison. Le décalage horaire était épouvantable! Je me souviens que je n’arrivais pas à dormir normalement pendant des semaines!”

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Avec Anthem, ici en 2005 à Las Vegas, l’Américaine a remporté une pléthore d’épreuves à travers le monde et disputé pas moins de cinq finales de Coupe du monde. 

“Anthem est probablement le cheval le plus compétitif que j’aie jamais eu. Je l’ai récupéré environ un an après Liberty. Alors que Liberty était énergique et Simba Run un peu fou, Anthem était unique mais plus normal, plus fiable. Il avait le plus grand cœur qu’on puisse imaginer et donnait son maximum en piste. Il a remporté des Grands Prix partout dans le monde. S’il renversait une barre, c’est qu’il ne pouvait vraiment pas faire autrement. C’est aussi l’un des chevaux les plus respectueux que j’aie montés. Lors de notre dernier concours, il a fauché plusieurs obstacles, peut-être trois, et aurait pu en faire tomber trois de plus. J’étais en pleurs en sortant de piste car je me suis dit: “Tu sais ce que cela veut dire, il ne peut plus le faire…” C’était sa dernière épreuve. Il m’avait tant donné, gagné tellement d’épreuves… Je n’ai jamais participé aux JO avec lui, je ne me souviens plus pourquoi. Il avait probablement dû se blesser ou quelque chose comme ça. En tout cas, je l’ai monté pendant neuf ou dix ans au niveau international. Il a eu une très longue carrière.”



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Aux rênes de Miss Independent, ici à Bruxelles en 2008, Laura Kraut a contribué à la médaille d’argent décrochée par les États-Unis deux ans plus tôt aux Jeux équestres mondiaux d’Aix-la-Chapelle.

“Cette photo est géniale, je ne l’avais jamais vue. Je suis certainement en train de penser au prochain virage! (rires) Miss Independent était merveilleuse. Elle avait vraiment cette détermination dans le regard. Elle avait un cœur énorme et un mental extraordinaire. Elle pensait pouvoir tout faire. Ses moyens étaient sûrement moins grands que ce qu’elle pensait! Mais elle aurait tout essayé pour franchir un obstacle. Je ne crois pas qu’elle ait refusé le moindre saut dans sa vie. Elle était aussi extrêmement rapide. Je l’ai eue quand elle avait sept ans. Malheureusement, j’ai dû la mettre à la retraite à treize ans. Elle a remporté une médaille d’argent aux Jeux équestres mondiaux et gagné de nombreux Grands Prix. Elle était très indépendante, elle portait bien son nom (rires). Elle était également très respectueuse. D’ailleurs, quand je regarde ces photos, je me dis que tous ces chevaux partagent cette qualité. Il leur manquait peut-être ci ou ça, mais ce respect a été à l’origine de tous leurs succès. À pied, elle était un peu délicate: elle était imposante et le savait. Je ne pouvais pas laisser quelqu’un qui la craignait un peu s’en occuper. Malheureusement, elle est morte il y a quelques années à cause d’un mélanome.”

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Lauréats de nombreux Grands Prix, Laura Kraut et Cedric, ici en 2013, ont décroché l’une de leurs plus belles victoires trois ans plus tôt à Chantilly. Le joyeux retraité est comme un fils pour elle.

“Cedric est en grande forme en ce moment. Il adore sa nouvelle vie de retraité. Je ne pense pas que la compétition lui manque! Il est très heureux, c’est super. Certains chevaux ne savent pas se poser, ne parviennent pas à se relaxer. Anthem, par exemple, a mal vécu sa retraite car il n’a pas aimé être mis de côté. Après leur carrière, je trouve agréable de les voir apprécier leur retraite et vivre paisiblement leur vie. Comme je le dis souvent, j’ai un fils et puis j’ai Cedric. Il me manque beaucoup en concours. Je l’ai eu à sept ans et nous avons concouru onze saisons ensemble, ce n’est pas rien! Je crois que c’est d’abord sa petite taille qui le rendait si spécial. Pour autant, il était très délicat à monter: il avait peur d’un rien et pouvait fuir. Il y avait toujours quelque chose de nouveau: il avait peur des murs et n’aimait pas les avions, par exemple (rires). Cependant, quand l’épreuve était vraiment importante, j’avais l’impression qu’il surmontait sa peur, notamment aux Jeux olympiques. Ma victoire dans le Grand Prix de Chantilly reste un moment incroyable. J’avais l’impression que plus c’était dur plus il aimait ça. Ce fut le cas ici comme à Valkenswaard, Aix-la-Chapelle ou Rome.”

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Aux Jeux Olympiques de 2008, à Hong Kong, Laura et Cedric ont été médaillés d’or aux côtés de Will Simpson, Beezie Madden et McLain Ward. Avec les deux derniers nommés, elle forme le noyau dur de l’équipe américaine depuis plus de dix ans.

“C’était incroyable, et je pense que le meilleur dans tout cela est que je ne m’y attendais vraiment pas. Nous étions confiants car Beezie et McLain, les piliers de l’équipe, avaient des cracks exceptionnels (Authentic et Sapphire, ndlr). Will et moi montions tout deux des jeunes chevaux que nous ne connaissions pas vraiment (rires). Je pense que George Morris, notre chef d’équipe, avait vraiment confiance en nous, ce qui nous a aidés à remporter cette médaille. Gagner au terme d’un barrage était plus qu’excitant. La première fois qu’il a vu Cedric, George m’a dit: “C’est un OVNI!”. Cela pouvait être à double tranchant! Et il ne s’était pas trompé. Je n’ai jamais été autant stressée que lors de ces Jeux, car je savais que je pouvais soit réussir un magnifique sans-faute, soit courir au désastre. Si Cedric avait décidé qu’il n’aimait pas quelque chose, il n’y avait plus rien à faire. Notre équipe s’entendait très bien. Beezie, McLain et moi partageons une grande confiance mutuelle. Quand j’entrais en piste en sachant que Beezie passait après moi, cela me donnait un sentiment de sécurité. Si je faisais n’importe quoi, elle allait forcément rattraper la situation! Je les respecte énormément, et je crois qu’ils nourrissent les mêmes sentiments à mon égard. Nous nous sommes toujours très bien entendus, ce que je peux également dire à propos d’à peu près tous les cavaliers avec lesquels j’ai monté en équipe. Je crois que cela s’explique par le fait que nous partageons la même ambition et le même rêve, et que tout cela nous passionne.”

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Le 19 août 2016 à Rio de Janeiro, la native de Caroline du Sud a vécu un grand moment d’émotion lorsque Nick Skelton, son compagnon de longue date, est devenu champion olympique individuel avec Big Star (KWPN, Quick Star x Nimmerdor).

“Je pense que je pleurais encore plus fort que Nick! C’était vraiment un jour incroyable. Pour moi, d’un point de vue nerveux, ce fut probablement l’expérience la plus éprouvante depuis que je pratique le saut d’obstacles. Lorsqu’on ne monte pas soi-même et qu’on soutient quelqu’un sans avoir aucun contrôle sur la situation, c’est très difficile. Au barrage, il s’est notamment retrouvé face à Kent Farrington (finalement cinquième, ndlr), que j’adore et qui est un très bon ami. J’aurais été très heureuse pour lui s’il avait gagné, mais je supportais Nick! C’était juste le destin, cela devait arriver!”

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