Frank Schuttert, le savant mélange d'un formateur et cavalier de haut niveau

Depuis 2013 et son éclosion sur la scène internationale avec l’incroyable Winchester HS, le Néerlandais Frank Schuttert a pris goût au plus haut niveau. Alors qu’il décrochait sa toute première sélection en grand championnat voici deux ans, à l’occasion des Jeux équestres mondiaux de Tryon, qu’il a disputés sur Chianti’s Champion, le jeune cavalier de vingt-sept ans compose sa carrière au gré de la vente de ses chevaux. Formateur de renom et cavalier au sein de l’écurie de Jos Lansink, son mentor, ce discret et très grand gaillard a su s’entourer pour réussir.



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Qu’ont en commun Chianti’s Champion (Wesph, Champion du Lys x Cornet Obolensky), Epleaser van’t Eike (BWP, For Pleasure x Nabab de Rêve), Go Easy de Muze (BWP, Vigo d’Arsouilles x For Pleasure) ou encore Important de Muze (BWP, Erco van’t Roosakker x Nabab de Rêve)? Avant d’évoluer aux rênes de leurs cavaliers respectifs, ces équidés sont tous passés entre les mains de Frank Schuttert, qui les a formés et progressivement amenés à leur meilleur niveau. Le Néerlandais de vingt-sept ans, reconnaissable par sa grande taille - deux mètres! - est reconnu pour être excellent formateur, ayant appris aux côtés de Jos Lansink. S’épanouissant dans le milieu équestre, le jeune homme est aussi un grand passionné de football, “un sport collectif, ce que j’affectionne particulièrement. Ça aurait pu être intelligent d’essayer de devenir joueur de basketball professionnel vu ma taille!” Le rapport? La compétition. “Déjà plus jeune, Frank était très compétitif”, explique Jos Lansink, belge d’adoption mais néerlandais de naissance, qui a embauché le cavalier il y a maintenant sept ans.

Grand gagneur, le jeune pilote est aussi réputé pour un sang-froid en piste impressionnant; une qualité nécessairement utile dans la formation de jeunes recrues. “Frank n’est jamais stressé, peu importe le concours. Pour son âge, ce n’est pas normal!”, admire Jessica Rauers, sa fidèle groom. “Plus jeune, il a toujours été là au bon moment pendant les compétitions importantes”, ajoute Hendrik-Jan Schuttert, son frère aîné, également cavalier international de niveau 2*. “Il est travailleur et ne baisse jamais les bras.” Au fil des ans, son palmarès s’est enrichi. Champion d’Europe Jeunes Cavaliers en 2013 avec l’atypique Winchester HS (KWPN, Numero Uno x Nimmerdor), il compte plusieurs titres nationaux dont deux chez les Seniors, en 2016 avec Go Easy de Muze et en 2018 avec Beautiful Red (Holst, Casall x Colman). Figure de plus en plus récurrente chez les Oranje, comme aux Jeux équestres mondiaux de Tryon en 2018 et aux championnats d’Europe Longines de Rotterdam l’an dernier, il dit vouloir “apprendre de tout le monde. Jos (Lansink, son mentor, ndlr) m’inspire énormément, mais nous n’avons jamais vraiment concouru ensemble lors de grosses compétitions, donc je le connais davantage comme mon entraîneur que comme le cavalier de haut niveau qu’il a été.”

Né le 8 septembre 1993 à Ommen, à plus d’une heure et demie à l’est d’Amsterdam, Frank naît dans une famille passionnée de cheval. Son père, Jan, fermier propriétaire de quelques parcelles de terres, et Marian, sa mère, mettent rapidement Frank sur un poney. Vers l’âge de sept ans, aux côtés de ses deux grands frères, Hendrik-Jan et Johan, le petit blond met le pied à l’étrier pour la première fois. “Je n’étais pas extrêmement fan au début”, avoue Frank, qui progresse néanmoins, encouragé par ses parents. Niels Nanning, ancien compétiteur à succès dans les catégories Jeunes et cavalier de jeunes chevaux, dont les écuries sont basées à Dalfsen, à une dizaine de kilomètres à l’ouest d’Ommen, devient son “premier vrai entraîneur”. Séduit, Frank se plonge rapidement dans le milieu équestre, à quinze ans. “J’ai participé à deux championnats d’Europe Poneys (en 2007 et 2008 avec Golden Eye, ndlr), mais je suis vite devenu trop grand pour les poneys et j’ai dû passer à d’autres circuits...” “Sa taille a été une difficulté qu’il a rapidement rencontrée. Même à cheval, il a mis du temps à trouver son équilibre”, confirme Hendrik-Jan. “Il n’a plus aucun problème avec ça aujourd’hui. Il peut monter presque tous les chevaux. Un cheval d’1,60 m, avec lui, ressemblerait à un poney!”



L’ANNÉE 2013, VÉRITABLE TOURNANT

ici au CSIO 5* de La Baule en 2013, lors duquel il a remporté la Coupe des nations et terminé deuxième du Grand Prix, Winchester a permis à Frank Schuttert d’accéder au haut niveau.

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Ses premiers grands succès, Frank les a accomplis aux rênes du fameux Winchester HS, acheté à sept ans par son père, en février 2010. “Lui aussi vient d’Ommen!”, raconte le jeune homme. “Nous connaissions bien son éleveur, Gerbrand van Beesten, qui nous a proposé de l’essayer. J’étais jeune et nous cherchions un cheval pour le circuit Juniors. J’étais un peu inquiet car je pensais que Winchester serait un peu délicat pour moi, mais mon père y a vraiment cru dès le début. Pourtant, il était très spécial, voire assez bizarre, et n’avait pas l’air simple... Mais il sautait toujours avec beaucoup d’application et montrait énormément de moyens.” Commence alors une véritable épopée, faite de hauts et de bas. “Cela nous a pris du temps pour nous comprendre”, précise d’ailleurs le Batave. Si le couple remporte sa première grande victoire dans le Grand Prix du CSI 3* de Donaueschingen en 2012 - “c’était la première fois que nous sautions un Grand Prix à 1,60m” -, l’année 2013 les a révélés aux yeux du grand public. “Nous avons obtenu l’opportunité de participer au CSI 4* d’Amsterdam en janvier 2013, l’un des concours les plus importants des Pays-Bas. Winchester y a remporté son deuxième Grand Prix à 1,60m, puis tout est allé très vite.”

Sélectionné pour la Coupe des nations du CSIO 5* d’Al-Aïn en février, le couple y signe un double sans-faute pour sa première apparition en équipe nationale Seniors. Quelques semaines plus tard, à l’occasion de l’Officiel de France, en mai, à La Baule, Frank contribue à une nouvelle victoire des Pays-Bas dans l’épreuve collective. Un triomphe d’autant plus savoureux que ce dernier concourrait aux côtés de son frère Hendrik-Jan, engagé avec Cerona HS (Z, Celano x Lord Calando). “Être tous les deux dans l’équipe nationale à La Baule et gagner ensemble est l’un de nos meilleurs moments. Nous avions tous deux réalisé un parcours sans pénalité en seconde manche, ce qui était une bonne participation à la victoire!” Deux jours plus tard, le couple a encore marqué le public baulois avec une belle deuxième place dans le Grand Prix Longines dominical. “C’était fou! Quand je regarde la vidéo de notre parcours, je me demande comment nous avons pu le finir sans faute!”, se souvient Frank avec le sourire. 

Alors qu’ils sont rappelés quelques semaines plus tard pour le CSIO 5* de Rotterdam, les performances du jeune homme et de son complice les rapprochent d’une sélection pour les championnats d’Europe d’Herning, bien que “je n’y avais jamais pensé”, confie le pilote. “Finalement, Sven Harmsen, le sélectionneur des Jeunes Cavaliers, a souhaité m’emmener aux Européens de Vejer de la Frontera. J’en suis revenu avec la médaille d’or (devançant d’ailleurs Martin Fuchs avec PSG Future, ex-Cantal 4, Holst, Cash And Carry x Lorentin I, ndlr)! C’est l’un de mes meilleurs souvenirs. C’était beaucoup de pression. J’étais le favori et, malgré tout, c’était difficile de ne réaliser que des parcours sans faute.” 

Cette aventure avec le “cheval le plus important de ma vie” continue jusqu’en 2018, où Winchester HS est officiellement retiré de la compétition à l’occasion du CSI 3* d’Ommen - dont il a remporté le Grand Prix en juillet 2016 -, organisé par les parents de Frank, dans les écuries familiales. “Winchester a réalisé tellement de belles performances. S’il n’avait pas été aussi fou, peut-être aurait-il pu gagner encore plus! Il s’est mis parfois tout seul dans des situations délicates”, regrette son pilote. Aujourd’hui, le hongre continue de couler des jours heureux dans les prés d’Ommen. En 2013, Frank prend également la grande décision de quitter les Pays-Bas, ses amis et sa famille, pour s’installer en Belgique, dans les écuries de Jos Lansink, ancien cavalier de haut niveau néerlandais naturalisé belge. “La décision la plus importante de ma carrière et je ne la regrette pas un seul instant”, débute-t-il. “J’ai dit à mes parents que je voulais arrêter l’école et me consacrer aux chevaux. Nous avons de belles écuries, mais j’ai pensé qu’il était mieux pour moi de voir du pays. J’ai pris mon téléphone et j’ai appelé Jos. Il n’avait pas vraiment besoin d’un cavalier, mais j’ai fini par le convaincre. Nous avons d’abord convenu que je reste chez lui pendant un mois, le temps de voir si cela se passait bien.” Plus de sept ans après, le Batave est toujours de l’autre côté de la frontière, à Meeuwen. “Je n’avais pas prévu de rester aussi longtemps. J’avais dit à Jos que je voulais améliorer ma façon de monter.” Une décision que salue son frère: “Il était déjà bon cavalier, mais il a développé son talent et ses compétences.”



POUR L’AMOUR DU COLLECTIF

Frank est entouré d’une équipe soudée, dont fait partie Jessica, sa groom depuis sept ans. “C’est simple de travailler avec lui car nous nous faisons confiance. Une fois, lors d’une interview, un journaliste lui a demandé comment nous travaillions. Frank a répondu que nous ne parlions pas beaucoup… J’ai trouvé que c’était une drôle de réponse, et que les gens croiraient que nous ne nous parlons pas. En fait, nous n’avons pas besoin de communiquer énormément pour nous comprendre.” L’ancien pilote du mythique Cumano (Holst, Cassini x Landgraf I) est également un membre essentiel à son équipe. “C’est important que Jos soit là lors des grandes échéances car il me rend confiant et m’apporte un regard extérieur”, détaille le jeune cavalier. “L’amour ne peut pas venir que d’un côté!”, en rigole Jos Lansink. “Nous travaillons bien ensemble et nous nous respectons mutuellement. Frank a appris à entraîner un cheval pour avoir un bon fonctionnement sur le plat. Dès le début, nous avons mis l’accent sur le dressage afin que ses chevaux soient souples et relâchés.” Tout ce temps passé ensemble les a rapprochés. “Nous avons désormais une bonne connexion. Nous n’avons pas besoin de beaucoup échanger pour nous comprendre”, révèle Frank.

Rob Ehrens, illustre et sympathique chef d’équipe des Pays-Bas depuis 2002, a également marqué la carrière de Frank et a su lui donner sa chance. “Frank est un cavalier très talentueux, avec beaucoup de feeling. Il a un équilibre naturel et il ne fait qu’un avec son cheval. Il a un don précieux car ses chevaux veulent sauter pour lui.” En 2018, il sélectionne Frank pour les JEM de Tryon avec Chianti’s Champion. “Participer aux grands championnats a toujours été un objectif et j’ai toujours apprécié être en équipe. C’était un rêve devenu réalité”, indique le cavalier. Son parcours sans faute lors de la deuxième manche par équipes a permis aux Pays-Bas d’empocher la cinquième place et un ticket pour les Jeux olympiques. “Frank a fait du bon travail. Après le vol, son cheval n’était pas au meilleur de sa forme, mais il a très bien monté”, se souvient Rob Ehrens. L’étalon garde une place particulière dans le cœur du Néerlandais, et lui a notamment permis de s’offrir son premier Grand Prix 5*, à Valkenswaard, en 2018. Ce jour reste aussi un excellent souvenir pour Jessica Rauers, sa groom. “C’était un très bon moment, d’autant qu’il avait amené le cheval jusqu’à ce niveau, c’était incroyable! Il a formé tellement de chevaux jusqu’au plus haut niveau...”

Actuellement, Frank Schuttert peut compter sur Lyonel D (NRPS, Little Joe x Chacco-Blue), qu’il forme depuis deux ans, pour les plus beaux concours. En 2019, à la suite de la vente de Chianti’s Champion, passé sous les selles de Peter Moloney, avec lequel il a participé aux Européens de Rotterdam, puis Christian Kukuk et Sadri Fegaier, Lyonel D a été plongé dans le grand bain. Avec ce dernier, Frank a pris le départ du championnat continental l’été dernier. “Désormais, quand je dis à Rob que j’ai un nouveau cheval en qui je crois, il me laisse ma chance. C’était peut-être un petit peu tôt, mais Lyonel avait déjà réalisé de très belles choses, dont une quatrième place au championnat des Pays-Bas, qui a été sa première grande compétition.” Lors de ce championnat continental à domicile, le couple termine vingt-cinquième en individuel. Un résultat honorable, bien que le cavalier ait essuyé “un peu de malchance avec une faute à chaque fois. Son cheval n’avait que dix ans”, rappelle le chef d’équipe des Oranje.

Véritable formateur de chevaux, Frank sait s’adapter facilement à chaque nouvelle monture. “J’ai connu tellement de chevaux différents que j’arrive à cerner ce qui est le mieux pour chacun.” Il a acquis avec le temps une compétence essentielle dans cette écurie de commerce, “construire un cheval pour qu’il devienne meilleur et qu’il progresse. Il faut qu’il soit facile à monter pour le client”, avoue Jos Lansink. “D’un côté, j’aime le sport de haut niveau, et de l’autre, tous mes chevaux sont à vendre, surtout les plus performants. Ce n’est parfois pas la meilleure chose pour Frank. J’ai énormément de respect pour lui car il accepte cela.” Le Néerlandais est préparé à cette situation inévitable. “J’aime performer, mais la vente fait partie de mon métier. Je suis fier de voir mes anciens chevaux gagner, et j’aime conseiller leurs nouveaux cavaliers. Bien sûr, c’est toujours triste de laisser partir ses montures après avoir construit une relation avec eux.”

De futures stars se cachent peut-être dans ses écuries, et Frank évoque avec passion plusieurs montures d’avenir, à l’image de Carolina (Bavar, Cornado NRW x Casall), Latina van het Avenhof (BWP, Diarado x Thunder van de Zuuthoeve), Zeusz (OS, Cartogran x Chacco-Blue) ou encore Kinky Boy van het Gildenhof (BWP, Nabab de Rêve x Darco). “S’ils sont encore là l’année prochaine, ça s’annonce bien!” La situation sanitaire actuelle donne effectivement du fil à retordre à de nombreux professionnels. “Je suis toujours classé autour du centième rang mondial. En ce moment, il y a peu de concours auxquels participer quand on a cette position dans le classement... Tous les bons cavaliers veulent aller aux seuls concours organisés, donc l’accès est restreint aux cavaliers du top 30, ou à ceux qui ont les moyens de payer leur entrée...”

LES AMIS ET LA FAMILLE PLUS QUE TOUT 

Adepte du circuit du Longines Global Champions Tour et de sa League, c’est avec impatience qu’il attend leur retour. Ayant eu l’opportunité d’intégrer l’équipe des Shanghai Swans, Frank explique que “c’est un rêve devenu réalité. Quand j’étais enfant, je regardais Marcus Ehning à la télévision. Des années après, nous avons fait partie de la même équipe, avec cette opportunité d’échanger et de travailler ensemble. J’ai beaucoup appris grâce à lui.” Cependant, il n’oublie pas d’où il vient, ni le circuit de la Fédération équestre internationale (FEI). “Les Coupes des nations et les épreuves par équipes du Global sont toutes les deux importantes. L’une ne peut aller sans l’autre. Les Coupes des nations sont importantes pour les pays, et sont une opportunité pour les jeunes cavaliers de gagner en expérience. Elles servent également de préparation et de support de sélection pour les grands championnats, ainsi que de vitrine pour les médias. Nous avons de la chance car aux Pays-Bas, tous les cavaliers veulent participer aux Coupes des nations. Financièrement, le LGCT est plus intéressant, mais on peut réussir à combiner les deux circuits.”

Frank Schuttert pense désormais aux Jeux olympiques de Tokyo, comme son entourage. “C’est toujours spécial de participer à un championnat. Ce serait tellement bien d’aller aux Jeux...”, rêve sa groom. Estimant qu’il aurait eu ses chances si les Jeux avaient eu lieu cet été, Lyonel D ayant accumulé de l’expérience aux derniers Européens, le report d’un an rebat les cartes. “J’espère qu’ils auront lieu. Si tel est le cas, j’en rêve toujours et avec de la chance, je pourrais y participer”, souhaite le jeune homme. “Frank est bien sûr sur ma liste pour les plus grands événements, dont les Jeux olympiques”, confirme de son côté Rob Ehrens. Le cavalier évoque également une médaille d’or aux JO comme but ultime de sa carrière, tout en ajoutant en souriant que “le plus important reste d’avoir mes amis et ma famille à mes côtés dans les bons comme les mauvais moments”.

Concernant la suite, Frank Schuttert ne ferme pas la porte à l’idée de s’associer à son frère. “Nous avons de belles écuries à la maison, où travaille mon frère. Nous sommes proches et même si nous n’en avons jamais vraiment discuté, il est possible qu’un jour nous montions quelque chose ensemble.” Ils sont déjà tous deux copropriétaires d’une jument de cinq ans, Kittie (KWPN, El Salvador x Kroongraaf), “qui doit encore prendre de l’expérience pendant un ou deux ans avant de rejoindre Frank”, détaille HenrikJan. Pour l’instant, le Néerlandais n’a fait aucun plan pour la suite, bien trop heureux en Belgique, même s’il ne cache pas rester ouvert à l’opportunité de conserver un cheval plus longtemps. “J’adorerais trouver un propriétaire capable de garder un cheval pour moi. Pour le moment, les choses fonctionnent de cette manière et j’apprécie le fait qu’à chaque fois qu’un cheval est vendu, Jos m’en trouve un autre pour continuer à monter à haut niveau.” Une envie partagée par son mentor, qui dévoile espérer “qu’un jour, je pourrai conserver un très bon cheval, avec lequel il pourra participer à tous les grands championnats.” L’avenir nous le dira.

Cet article est paru dans le dernier numéro du magazine GRANDPRIX (n°121).