“Avec les jeunes chevaux, nous apprenons, échouons et trouvons des solutions ensemble”, Mathis Vallat

L’équitation est une affaire de famille chez les Vallat. Comme son petit frère Nohlan, Mathis évolue dans la structure familiale, le centre équestre de la Roche, situé à Saint-Marcellin-en-Forez, dans la Loire. Ayant évolué en équipe de France Poneys, le jeune Ligérien de seize ans compte déjà de jolis succès, dont une troisième place dans le championnat de France As Élite Excellence ou une victoire dans le Grand Prix As Poney Élite Excellence à Paris en 2019 sur Udix d’Isky, récupéré en juillet par Emma Taleb. Pour GRANDPRIX, Mathis Vallat partage ses meilleurs souvenirs de ses années Poneys et les objectifs qu’il se fixe désormais dans sa nouvelle carrière à cheval.



Mathis Vallat sur Udix d'Isky qui lui a notamment permis de prendre la troisième place du championnat de France As Élite Excellence en 2019.

© Agence Écary

Comment avez-vous commencé l’équitation ?   

 Mes parents ont fondé le centre équestre de la Roche (à Saint-Marcellin-en-Forez, à environ trente kilomètres de Saint-Étienne, dans la Loire, ndlr). Ainsi, c’est tout naturellement que je me suis retrouvé à cheval, ou plutôt à poney dès mon plus jeune âge.  

  Cette année, les compétiteurs professionnels ont eu droit à une saison réduite en raison du confinement puis des annulations de concours. Comment avez-vous vécu cette année particulière ?    

C’était effectivement assez compliqué. Le premier confinement a particulièrement impacté ma dernière saison à poney et ce qui aurait dû être mes derniers championnats. Mais malgré tout, les compétitions ont rapidement repris et nous avons pu profiter grâce aux organisateurs de nombreux concours extérieurs, dont l’organisation était impeccable malgré la situation.   

Comment se passent vos cours entre confinements et travail des chevaux ?

 Pour les cours, c’est effectivement assez compliqué. Je suis dans un lycée normal donc les horaires ne sont pas toujours très adaptés pour monter à cheval. Il faut donc de s’organiser un maximum, tant concernant le planning des chevaux que le mien, afin que je puisse m’en occuper un maximum. Et si je finis trop tard, je sais que je peux compter sur mes parents ou le personnel des écuries pour s’en occuper.   

Comment a commencé votre collaboration avec l’élevage d’Hurl’vent qui vous a permis d’obtenir de très bons résultats récemment avec Ewok d’Hurl’Vent, mais aussi avec Cogito d’Hurl’vent, vainqueur des Grands Prix As Poney Élite de Massongy et Sainte-Cécile ?   

On connaissait déjà Jean Drexler, via Urlevent d’Hurl’vent, le poney de Nohlan (le petit frère de Mathis, ndlr). Nous allions souvent essayer des poneys chez lui pour nous ou pour des clients des écuries, ce qui a petit à petit tissé des liens. C’est tout naturellement qu’a commencé notre collaboration. Ainsi, nous prenons des poneys au travail et les sortons sur différents circuits, des Jeunes jusqu’aux internationaux.

 Nous allons régulièrement à l’élevage pour voir les poneys, les monter, suivre l’évolution etc. Jean vient aux écuries souvent aux écuries et en compétition pour suivre l’évolution des poneys. C’est ce qu’il s’est passé avec Cogito, ou pour Daenerys et Cupidon pour Nohlan. Pour Ewok, c’est encore un peu différent puisqu’il appartient à une cliente des écuries (Peggy, et sa fille Agathe Sablé, ndlr)?: Avec elles, je monte régulièrement le poney à la maison et en compétition afin de le préparer jusqu’aux 7 ans. 

Récemment, Cogito d’Hurl’vent s’est envolé pour la Suisse où il est désormais monté par Ruben Dessaix. Comment avez-vous vécu ce départ ?

Avant son départ, Cogito a réalisé un magnifique doublé sur deux week-ends en s’imposant dans la vitesse et dans l’As Élite Excellence d’Évian et de Sainte-Cécile. On ne pouvait pas mieux finir ?! Peu après, il est parti rejoindre Ruben, en Suisse. J’ai malgré tout assez bien vécu ce départ. Même si c’est un excellent poney, je sais qu’il sera très bien là-bas et que je pourrai le croiser de temps en temps. De mon côté, l’avenir se passe à cheval, donc même si un départ est toujours triste comme celui d’Udix en juillet, je m’y étais préparé depuis longtemps.   

Comment était votre relation avec Cogito ?     

J’aimais beaucoup la relation que j’avais avec Cogito. C’est un poney très gentil et très joueur. Il me faisait beaucoup rire lorsqu’il mettait des coups de cul en concours. Lors des derniers concours avec lui, il était particulièrement incroyable, toujours avec cette envie de bien faire.  

Lors de l’As 2 Grand Prix de la Tournée des As de la Grande semaine Stéphanoise, vous vous êtes retrouvé face à Ruben Dessaix et Cogito. Quel a été votre sentiment ?  

 C’était assez sympa de se retrouver lors de ce concours (rires). Ruben semble se faire autant plaisir que moi avec Cogito et a trouvé rapidement les “boutons”. Ils progressent vite ensemble et je pense que nous les verrons rapidement sur de belles hauteurs dès que les concours reprendront.    



“C’était incroyable et inattendu d’être au coude à coude avec Ilona et Romane”

Mathis Vallat et Cogito d'Hurl'Vent, vainqueurs de la Grand Prix As Poney Élite à Sainte-Cécile, Saône-et-Loire.

© Agence Écary

Sur quels chevaux pouvez-vous compter désormais ? 

 J’ai plusieurs chevaux : Elliot Majuscule, Fornette de la Roche et Pacal LS. Lors de la Grande Semaine de Fontainebleau, j’ai également monté la jument de mon frère, Fortune de la Roche. L’objectif avec eux serait de finir de les former. Elliot et Pacal vont rentrer dans leur année de sept ans, donc l’objectif serait de participer à la finale pour ensuite attaquer le circuit à cheval correctement. 

Ces chevaux appartiennent au centre équestre de la Roche, dirigé par vos parents, Emmanuelle et Patrick Vallat. Avez-vous dans l’optique de les garder dans votre transition vers les Jeunes Cavaliers ?  

Que ce soit à poney ou à cheval, nous fonctionnons pratiquement toujours de la même manière en commençant avec des jeunes. Il est très intéressant de former un cheval de A à Z. L’objectif avec mes chevaux actuels serait donc de les former, pour qu’ils puissent idéalement m’emmener sur le circuit jeune à cheval. Je crois beaucoup en Elliot, c’est un cheval incroyable. 

Qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler des jeunes chevaux, lorsque d’autres cavaliers de votre age se tournent plutôt vers des chevaux d’expérience ?  

Parce qu’avec des jeunes, tout est à faire. Effectivement, le chemin est souvent plus long, mais cela est très formateur tant pour moi que pour les chevaux. Avec un cheval ou poney tout prêt, seul le cavalier apprend, et parfois au détriment de l’équidé. Avec les jeunes, nous apprenons ensemble, nous échouons ensemble ou nous trouvons des solutions ensemble. Cela permet de créer de belles relations avec les chevaux et l’histoire est d’autant plus belle lorsqu’il s’agit de chevaux que nous avons vu naître. Tous les ans, nous avons des naissances, donc de les voir progresser année après année est quelque chose de très sympa. 

Comment se déroule cette transition ? Que vont devenir les poneys avec lesquels vous concourriez ? 

 La transition se passe très bien. Ayant beaucoup grandi, je me sens vraiment à ma place à cheval, même sur Elliot qui est plutôt grand (rires). Concernant mes poneys, je n’en ai plus à moi puisque Udix a été vendu dans l’été. Il ne me reste qu’Ewok, avec qui l’objectif serait de concourir dans les épreuves réservées aux poneys de sept ans cette année, ainsi que quelques jeunes poneys de l’élevage d’Hurl’vent que nous avons au travail. 

Quel est le meilleur souvenir que vous gardez de votre parcours à poney ?  

Mon meilleur souvenir à poney restera sans hésitation le championnat de France 2019, le dernier As Élite Excellence avec Udix. Contre toute attente, nous avons terminé sur la troisième marche du podium derrière les piliers de l’équipe de France Ilona Mezzadri sur Callas Rezidal Z et Romane Orhant avec Quabar des Monceaux. C’était incroyable et inattendu d’être au coude à coude avec ces performeurs du haut niveau avec mon “Dixdix”. Deux autres souvenirs qui resteront aussi gravés sont ma victoire lors du salon du cheval à Paris l’année dernière ainsi que ma sixième place lors du Grand Prix CSIOP d’Opglabbeek. 

Quels sont vos projets pour l’avenir ? Envisagez-vous de devenir cavalier professionnel ou envisagez-vous d’autres options de carrière ?  

Pour le moment, cela est assez flou pour moi, mais j’envisage de plus en plus de continuer dans le monde du cheval, même si pour le moment je suis une scolarité tout à fait normale. Je suis jeune et on ne sait jamais de quoi demain sera fait.