“Partir en Belgique est une opportunité pour moi d’évoluer à plus haut niveau”, Valentin Marcotte

Valentin Marcotte s’est mis en évidence dimanche à Valence, s’imposant le Grand Prix CSI 2* et s'adjugeant les deux premières places du Grand Prix CSI 1*. Le Nordiste de trente-huit ans était associé à de nouvelles montures, qu’il apprend à connaître depuis décembre seulement. Le cavalier a en effet passé la frontière belge, intégrant les écuries ST Stables, situées à une quinzaine de kilomètres au nord de CharleroiLe formateur de Diesel GP du Bois Madame a accepté de revenir sur ce nouveau challenge, son piquet actuel et ses récentes performances en Espagne. Entretien. 



Vous avez remporté un Grand Prix CSI 2* dimanche à Valence, en Espagne. Quel est votre sentiment, alors qu’il s’agissait de votre première victoire avec Chaccolino (OS, Chacco Blue x Catango Z)? Il semble être en forme, avec plusieurs classements à son actif sur la piste espagnole  

Je monte pour Steve Tinti et l’écurie de commerce ST Stables depuis début décembre. Je suis donc parti en concours en Espagne pour apprendre à connaître les chevaux. L’entente avec Chaccolino a l’air bonne! Je ne peux qu’être satisfait de ce résultat. C’est un cheval très sympathique, respectueux, styliste. Il aime être monté dans le mouvement en avant. Ma façon de faire semble aussi lui plaire.  

Avec lui, je vais essayer de continuer à être performant sur des épreuves à 1,40m et 1,45m. Nous verrons au bout de quelques concours si nous pouvons sauter un peu plus haut. Pour l’instant, ce n’est que le début donc il n’y a pas d’objectifs précis.  

Vous avez également signé un doublé dans le Grand Prix CSI 1*, qui se tenait juste après, avec la première place de Conthila (Old, Conthargos x Chacco Blue) et la deuxième de Jip van T&L (ZJames vd Kornelishoeve x Waikiki vd Plat) C’était votre journée! 

J’ai eu une bonne journée et un bon week-end! Chippo (Z, Chippendale Z x Faust Z) a également pris la deuxième place de l’épreuve à 1,45m comptant pour le classement mondial Longines le vendredi. Nous avons obtenu de bons résultats, la première semaine s’est bien passée et la deuxième encore mieux. Il y a des concours comme cela où tout fonctionne bien! 

Vous êtes actuellement à Valence avec une dizaine de chevaux. Êtes-vous satisfait?de l’évolution de chacun? 

Tous les chevaux vont bien et je reste encore jusqu’à la fin de la semaine. Alors que deux huit ans sont premier et deuxième du Grand Prix CSI 1*, un autre est sans-faute dans une épreuve à 1,40m (Bamalou de l'Écuyer, SCSL, Bamako de Muze x Kashmir Van Schuttershof, ndlr). Avec Cybelle (dTerlong, neuf ans, SF, Mylord Carthago*HN x Adelfos, ndlr), il y a encore quelques réglages à effectuer, mais tout se passe bien dans l’ensemble.  

Participer à cette tournée avec ce nouveau piquet de chevaux est très bien pour peaufiner notre préparation et apprendre à mieux les connaître. Cela fait aussi du bien de couper de l’hiver et retrouver le soleil, c’est agréable.  

Quels chevaux sortent du lot selon vous? 

Je pense que Chippo devrait participer au moins à des Grands Prix CSI 3*. Il ne devrait pas être vendu, car il appartient à la compagne de mon patron. C’est un cheval un peu délicat, mais avec beaucoup de qualités, donc nous verrons bien s’il peut m’emmener sur des Grands Prix supérieurs à des CSI 2*. C’est un cheval moderne, avec du sang et assez rapide. Son défaut est qu’il est un peu filou, cela peut me jouer des tours! Il faut donc être assez bon pour le monter. 

Comment se dessine la suite de votre saison?  

Je souhaite que tout continue à évoluer gentiment. Pour la suite, nous irons soit à Vidauban, soit à Gorla Minore dans quelques semaines. Si Chippo réalise un bon parcours dans le prochain Grand Prix à Valence, nous prendrons la direction de l’Italie car il a des CSI 2* et 3* au programme. S’il a encore besoin d’un peu de temps, ce sera la Côte d’Azur avec les deux CSI 2* de Vidauban.  



“Une victoire c’est bien, mais l’entente avec mes nouveaux chevaux est importante”

Avec Kontessa Ten Braem, Valentin Marcotte a remporté six Grands Prix nationaux entre juin et septembre 2020.

© Scoopdyga

Ce nouveau piquet de chevaux est la conséquence d’une nouvelle collaboration avec ST Stables depuis décembre. Comment s’est faîte la rencontre avec Steve Tinti? 

Depuis quinze ans, j’étais à mon compte en France. C’est donc un changement de vie. Cela fait longtemps que nous nous connaissons. Nous avons déjà travaillé ensemble plusieurs fois pour du commerce de chevaux. Il m’a proposé de venir monter pour lui, ce qu’il avait déjà fait il y a quelques années, mais à ce moment-là nous n’étions pas tombés d’accord. Nous verrons comment cela va évoluer, l’objectif sera de valoriser les chevaux, participer aux plus beaux concours possibles. Il me met tout à disposition pour que cela fonctionne.  

Finalement, ces belles victoires à Valence tombent à pic?  

Steve me connait bien donc je n’ai pas grand-chose à lui prouver. Mais c’est toujours agréable d’arriver dans une nouvelle écurie et de bien s’entendre avec l’ensemble des chevaux. Une victoire c’est bien, mais l’entente avec eux est importante. C’est prometteur pour les prochains mois, tous les voyants sont au vert! 

Cette installation en Belgique a aussi du bon, puisque malgré le contexte actuel, de nombreux concours internationaux à huis clos se déroulent là-bas… 

Nous pouvons toujours faire des concours à Lierre ou Opglabbeek. C’est d’ailleurs à Lierre que j’ai débuté avec mes nouveaux chevaux en décembre.  

Rejoindre ST Stables me permet aussi de participer dans de bonnes conditions aux tournées, comme ici à Valence, qui sont onéreuses. En étant à son compte, ce n’est pas toujours évident de payer ces concours-là.  

 



“Un nouveau souffle pour ma carrière”

En tant qu’indépendant, comment avez-vous vécu les derniers mois qui se sont écoulés, qui n’ont pas été simples avec la pandémie de Covid-19?  

Cela ne tombait pas si mal pour moi, car j’avais pas mal de jeunes chevaux dans mon piquet. Je me suis donc un peu replié, je fais normalement pas mal de CSI 2* et l’année dernière je n’ai couru que des concours nationaux. J’avais une jument, Kontessa (Ten Braem, BWP, Windows vh Costersveld x Leader, ndlr), qui a été très performante la saison dernière. Elle a gagné six Grands Prix en peu de temps (trois Grands Prix Pro 1 à 1,40m et trois Grands Prix Pro 2 à 1,35m entre juin et septembre 2020, ndlr), donc cette période ne s’est pas si mal passée pour moi. Avec mon départ, son propriétaire, qui est Belge, l’a confiée à un jeune cavalier belge qui monte très bien, Gilles Thomas (le nouveau couple a déjà pris la troisième place d’une épreuve à 1,45m à Lierre en décembre dernier et a participé au CSI 4* de Salzbourg en janvier, ndlr) 

Lsituation actuelle incertaine a-t-elle pesé dans votre décision de partir vous installer en Belgique? 

Certainement, être salarié est une sécurité. Nous ne savons pas trop où va le commerce (en conséquence de la pandémie, ST Stables organise par ailleurs une vente aux enchères en ligne du 6 au 8 mars de chevaux européens aux États-Unis via European Select Auction, ndlr) ou comment vont se dérouler les concours. C’est une opportunité pour moi d’évoluer à plus haut niveau et d’une façon plus stable. Avoir un bon cheval lorsqu’on est indépendant, c’est commencer participer à des beaux concours puis le vendre. Il faut ensuite prendre le temps de reconstruire d’autres chevaux, redescendre d’un niveau. Maintenant, je vais pouvoir toujours concourir sur des CSI 2* voire 3*, et plus si cela se passe bien. Cela donne un nouveau souffle à ma carrière.  

Vous êtes également formateur de jeunes chevaux, et avez débuté en compétition Copenhague TM (Old, Calido I x Acord II), passé chez Kevin Staut et Marc Dilasser, ainsi que Diesel GP du Bois Madame (sBs, Cassius x Heartbreaker), monture de l’Italien Piergiorgio Bucci aux Jeux équestres mondiaux de Tryon en 2018 et désormais associée à Émeric George. Quel souvenir gardez-vous ces deux chevaux?  

Copenhague a toujours été un cheval très studieux. Je l’avais acheté en Allemagne à trois ans. Je l’ai amené jusqu’à 1,50m avant que Kevin ne le récupère, avec pour objectif de le vendre. Il a toujours été un bon élève, il a terminé quatrième de la finale des cinq ans puis des sept ans à Fontainebleau, puis du Critérium Pro 1 (en 2012, également sur la piste bellifontaine, ndlr). Il a toujours été très régulier.  

J’ai également acheté Diesel à trois ans, et il a quitté mes écuries à six ans. C’était un cheval plus showman, plus spectaculaire. Je garde en tout cas un bon souvenir ces deux chevaux-là. Quand j’achète des jeunes chevaux, je les forme jusqu’à un certain niveau. Continuer de les voir évoluer est toujours une satisfaction.  

 

Valentin Marcotte est ici en selle sur Copenhague TM, alors âgé de cinq ans. Crédit Scoopdyga