La Route du Poisson, course d’attelage historique, signe son grand retour en 2021

Née en 1991, avec pour objectif de contribuer à la sauvegarde des races de chevaux de trait, la Route du poisson, rendez-vous annuel jusqu’en 2012, s’était imposée comme la plus grande course en relais d’attelages de chevaux en Europe. Après neuf ans d’absence, cette épreuve mythique renaît cette année à l’occasion de son trentième anniversaire. Du 21 au 26 septembre, les sabots des chevaux vont de nouveau fouler les pavés entre Boulogne-sur-Mer et Paris.



Annick Girardin, ministre de la Mer et Thibault Mathieu, président de l'organisation de la Route du Poisson... et deux Traits Boulonnais ont lancé ce matin la renaissance de la course mythique.

© La Route du Poisson

Après neuf ans d’absence, c’est la renaissance pour la Route du poisson. Une nouvelle édition de cette mythique course française se déroulera du 21 au 26 septembre 2021, sous le haut patronage du Président de la République, Emmanuel Macron, originaire de Picardie et très attaché à la côte d’Opale, où se situe sa maison de famille. De 1991 à 2012, cette épreuve s’était imposée comme la plus grande course en relais d’attelages de chevaux de trait en l’Europe. Cette fameuse route du poisson fait référence au chemin emprunté dès le XIIIe siècle par les voitures hippomobiles chargées de poisson provenant des chasse-marées (grande chaloupe de pêche, nldr) du port de Boulogne-sur-Mer et à destination de Paris. Ces attelages parcouraient en moyenne une distance de trois cents kilomètres en moins de vingt-quatre heures pour livrer leurs marchandises les plus fraîches possibles dans les échoppes du boulevard Poissonnière et aux Halles de Paris. Cette indispensable tradition s’est perpétuée jusqu’en 1848, date de l’arrivée du chemin de fer à Boulogne. 

La première édition de la course, tracée sur le chemin d’anciens relais de Poste, se tient en 1991. Elle remet à l’honneur cette histoire mais aussi le cheval de trait, largement délaissé, voire menacé, depuis le développement de l’industrie et la mécanisation des travaux agricoles. Après neuf années d’interruption, cette épreuve est donc de retour, avec pour but de faire revivre cet événement et de préserver les différentes races de chevaux de trait, dont le nombre annuel de naissances a encore chuté de près de 50% ces vingt dernières années. Un message inquiétant pour la biodiversité. L’association organisatrice de la Route du poisson entend donc remettre sur le devant de la scène ces équidés robustes et courageux, indéfectibles alliés de l’homme jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, ils constituent une réelle alternative pour une agriculture propre et raisonnée. 

À l’occasion d’une conférence de presse organisée ce matin à Paris, Annick Girardin, ministre de la Mer, et Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, ont officialisé leur soutien à cette initiative valorisant aussi les métiers de la pêche et de l’agriculture. “Soutenir une manifestation culturelle comme la Route du poisson est pour moi une évidence, en particulier au cours de la période actuelle”, a ainsi déclaré Annick Girardin. “Cette course symbolise parfaitement les liens qui existent entre les professionnels de la pêche et l’ensemble des Français, qui méconnaissent parfois le travail réalisé pour obtenir des bons produits de la mer dans nos assiettes. Valorisation des savoir-faire, manifestation populaire d’ampleur, mise en lumière de nos territoires: tous les ingrédients sont réunis pour mettre sur pied et pérenniser un grand évènement national.”



Un événement sportif mais pas seulement

Cette édition anniversaire devrait voir s’affronter vingt équipes composées de soixante-dix personnes et onze paires de chevaux, soit plus de quatre cents chevaux, cent villes et villages traversés, dont vingt villes étapes, et six mille bénévoles répartis sur les trois cents kilomètres du parcours. Un événement de grande ampleur qui associera tradition et modernité. Si la course en relais entre Boulogne-sur-Mer et Paris se déroule en vingt-quatre heures, la compétition s’étendra sur cinq jours. En effet, les équipages vont s’affronter lors de sept épreuves spéciales qui prendront place au Touquet-Paris-Plage: une reprise de dressage monté, une maniabilité à la voix, une épreuve de débardage, une maniabilité à quatre chevaux, une épreuve de traction, une maniabilité urbaine et une épreuve de traction sur sable d’un flobart, traditionnel bateau de pêche utilisé sur la côte d’Opale. L’épreuve du routier, qui fait référence à la course en relais, requerra endurance et régularité. En effet, il s’agira pour les équipes d’arriver dans les temps à Paris, sans épuiser leurs chevaux. 

Cette course se veut la promotion des territoires et de la ruralité, du patrimoine, de l’art et de la culture du Pas-de-Calais, de la Somme et de l’Oise. Le tracé de cette édition 2021 longera des lieux emblématiques et proposera plusieurs parcours aux spectateurs. Un parcours “patrimoine” invitera le public à visiter des lieux historiques et insolites tandis qu’un parcours “arts” incitera les esthètes à naviguer au gré d’une lecture culturelle des lieux. Rendez-vous donc du 21 au 26 septembre 2021.