À Vittel, Thomas Carlile et Birmane enfoncent encore le clou en vue des JO de Tokyo

 Thomas Carlile et Birmane se sont adjugé la quatrième étape du Grand National de concours complet, cet après-midi à Vittel. Auteurs d’un nouveau sans-faute à l’hippique dans cette dernière sélective en vue des Jeux olympiques de Tokyo, le Toulousain établi dans la Sarthe et sa jument de dix ans, déjà vainqueurs de l’étape saumuroise du circuit fédéral début mars, ont précédé Astier Nicolas, Christopher Six et Nicolas Touzaint, crédités d’impeccables sans-faute avec Babylon de Gamma, Totem de Brécey et Absolut Gold*HDC. Premiers ex æquo après le dressage, le lieutenant-colonel Thibaut Vallette et Qing du Briot*IFCE ont fini cinquièmes en raison d’une faute. Lequel de ses cinq couples sera privé du voyage à Tokyo?



Rien, pas même les orages, n’est venu gâcher la très belle fête du cheval mise sur pied par le haras du Rond Pré, avec le soutien des collectivités locales et de la Fédération française d’équitation. Après huit ans d’absence, Vittel a célébré un retour “fra-cas-sant” sur la scène nationale du concours complet. Prévu en 2020 à l’initiative de Thierry Touzaint, sélectionneur national, et Michel Asseray, directeur technique national adjoint en charge de la discipline, ce retour a été reporté d’un an, comme les Jeux olympiques de Tokyo, dont il devait être – et il l’a bien été cette fois! – la dernière épreuve préparatoire et sélective. Assez drues la nuit dernière et à nouveau en fin de journée, les averses orageuses ont fait relâche en début d’après-midi, pour le plus grand plaisir des concurrents et du public, à nouveau très nombreux aujourd’hui. Le sport a tellement plus de sens ainsi…

Après le cross exigeant et technique d’hier, dix-neuf couples ont pris le départ du test hippique, coté à 1,30m. SeulMartin Moreaux n’est pas reparti avec Orujo GD, ayant concédé soixante points hier. Ouvreur de l’épreuve, Jean-Lou Bigot a signé un premier sans-faute avec le tout bon Aktion de Belhême*Concept PGO, ce qui lui offert une septième place après un bon dressage et quatre secondes de temps dépassé hier (32,2 points). La fine équitation du Saumurois, méticuleux et perfectionniste, mérite un coup de chapeau, d’autant qu’il a… récidivé un peu plus tard avec Utrillo du Halage, sixième, qui a conservé ses 30,8 points du dressage. On l’imaginerait bien sélectionné aux championnats d’Europe d’Avenches, lui qui avait signé son come-back en équipe de France il y a deux ans à Luhmühlen. Dans les minutes qui ont suivi, on a notamment compté une faute à Régis Prud’hon, Stéphane Landois et Stanislas de Zuchowicz, respectivement associés à Tarastro, Covadys de Triaval et Uh La Up de Crazy, trois fautes à Cyrielle Lefèvre avec Armanjo Serosah et pas moins de quatre à Romain Sans et Unétoile de la Serre, qui poursuivent leur apprentissage du haut niveau.



Encore un peu de travail pour quelques couples en vue des championnats d’Europe

L’expérimenté Arnaud Boiteau a signé le deuxième sans-faute de ce test avec son bondissant vétéran Quoriano*IFCE, huitième avec ses 32,2 points du dressage. L’écuyer du Cadre noir suit tranquillement une trajectoire qui pourrait bien le mener aux Européens d’Avenches. Karim Laghouag, a priori plus concerné au premier chef par les JO, pourrait lui aussi en être, mais il lui manque encore une vraie performance de référence avec Triton Fontaine. Le duo s’est bien comporté tout le week-end, mais a concédé une faute cet après-midi sur le vertical placé à la sortie du triple, avant-dernier obstacle du parcours, finissant onzième (36,3). C’est toutefois mieux qu’au CCI 4*-L de Saumur, il y a sept semaines, où le couple avait lâché douze points le dimanche.

Une faute aussi pour Héloïse Le Guern et Canakine du Sudre, dixièmes (35,9), qui peuvent continuer à rêver des Européens. Quant à Gireg Le Coz et Aisprit de la Loge, si brillants en 2019, ils ne sont pas encore tout à fait revenus à leur meilleur niveau, à en juger par les trois fautes du Breton sur l’oxer 9 ainsi que l’oxer 11a et le vertical 11b. “C’est surprenant et dommage, d’autant qu’Aisprit est un bon sauteur”, a commenté Thierry Touzaint après coup. “Ils devront revoir leur copie sur ce test.” L’oxer 9 a également privé de clear round Sébastien Cavaillon et Sarah d’Argouges, neuvièmes (35,1) et eux aussi concernés par l’échéance d’Avenches.



Cinq candidats pour trois sièges et un strapontin

Dans le “money-time”, si l’on peut dire, on a assisté à quatre sans-faute fort convaincants. Ainsi, Jean-Lou Bigot et Utrillo ont été imités par Astier Nicolas, Christopher Six et Nicolas Touzaint (vainqueur ici en 2012 avec Lesbos), crédités d’impeccables parcours avec Babylon de Gamma, Totem de Brécey et Absolut Gold*HDC, deux (28,3), trois (29,2) et quatrième (29,8). Directement concernés par les JO, ceux-là ont donc confirmé leur montée en puissance. Excellents depuis vendredi, le lieutenant-colonel Thibaut Vallette et Qing du Briot*IFCE ont eux cédé sur l’entrée du double placé en 4 et fini cinquièmes (29,8), ce qui ne les disqualifiera pas pour Tokyo. Enfin, Thomas Carlile et Birmane ont réussi un énième sans-faute consécutif, eux qui n’ont plus renversé le moindre obstacle depuis le Master Pro de Pompadour, en avril 2019. Comme le Toulousain établi dans la Sarthe le disait hier, “toutes les séries ont une fin”, mais celle-ci ne s’est pas conclue aujourd’hui, et souhaitons qu’il en soit de même à Tokyo, où cette paire brillante sur les trois tests pourrait bien mener la locomotive tricolore. Deuxième du CCI 4*-L de Saumur derrière l’Allemande Julia Krajewski et Amande de B’Neville, elle a célébré sa deuxième victoire de l’année sur le circuit fédéral après celle conquise lors de l’étape inaugurale de Saumur.

On l’aura compris, cinq couples semblent désormais en lice pour intégrer l’équipe olympique, qui n’en comptera que trois, plus un remplaçant. Comment les départager? Autant dire qu’on n’aimerait pas être à la place du sélectionneur national… N’ayant été battus par aucun autre duo français, Thomas et Birmane semblent indiscutables, même s’ils n’ont encore disputé aucun championnat international. Compte tenu de leur courbe ascendante, Babylon et Astier, double médaillé à Rio et gagneur, semblent pour le moins difficiles à écarter. Quatrièmes des championnats d’Europe Longines de Luhmühlen en 2019 et impeccables depuis, Christopher et Totem, sacrés champions de France à Pompadour, ont de très, très sérieux atouts à faire valoir. Pour autant, peut-on se passer de l’expérience de Nicolas Touzaint, qui plus est très solide avec Absolut, dans des JO qu’il faudra disputer dans des conditions inédites? Et enfin, peut-on laisser de côté Thibaut et Qing, piliers indéfectibles de l’équipe nationale depuis 2015? Quoi qu’il en soit, la France devrait être représentée par une équipe forte et soudée à Tokyo, ce qui reste primordial. Demain et mardi, tous les chevaux de la liste longue seront examinés sous toutes les coutures et la houlette du vétérinaire fédéral, Xavier Goupil. L’annonce de la sélection devrait intervenir dans une bonne dizaine de jours.

Le classement final

© PSV Morel/FFE