À Tokyo, Morgan Barbançon Mestre mènera une équipe de France profondément renouvelée

La Fédération française d’équitation a officialisé aujourd’hui la sélection tricolore pour les Jeux olympiques de Tokyo, dont les épreuves de dressage débuteront le 24 juillet prochain. Une équipe de France sans grande surprise, mais marquée par l’absence des championnes de France en titre, Anne-Sophie Serre et Actuelle de Massa. Si aucun des couples n’a d’expérience olympique, Morgan Barbançon Mestre a déjà vécu des Jeux olympiques, à Londres en 2012, alors qu’elle représentait encore l’Espagne, et Alexandre Ayache avait été réserviste en 2016 à Rio. 



Le quatuor tricolore qui s’envolera au Japon pour les Jeux olympiques – une équipe de trois couples et un remplaçant – est enfin connue.

À Tokyo, Morgan Barbançon Mestre et son fidèle Sir Donnerhall II OLD – dont GRANDPRIX a dressé le portrait dans son numéro de juillet/août, actuellement en kiosques – seront les piliers de cette équipe de France relativement inexpérimentée en grand championnat. L’expérience du couple, quarante-quatrième au classement mondial et sélectionné lors des derniers championnats d’Europe Longines de Rotterdam en 2019, n’a pas échappé au staff fédéral, qui en a fait ses leaders pour l’aventure nippone. Cette saison, l’étalon de quinze ans a participé à trois CDI, signant à chaque fois des performances solides. Après avoir repris la compétition lors de l’étape Coupe du monde de Salzbourg en janvier, le Oldenbourg a signé un beau Grand Prix lors du CDI 5* de Doha, fin février, prenant la quatrième place avec 73,37%, soit sa meilleure note sur cet exercice à l’international. Avec 78,655%, le duo a fini cinquième de la Libre le lendemain. Absent du CDIO 5* de Compiègne après une suspicion d’un cas de rhinopneumonie équine de type HVE-1, les deux complices ont tenu leur rang lors du CDI 4* du Mans, présentant les meilleures reprises tricolores sur la piste du Pôle européen du cheval, dans la Sarthe. Si le duo a obtenu sur le Spécial une bien meilleure note qu’aux Européens (73,362% contre 69,468% à Rotterdam), la jeune femme avouait n’être pas totalement satisfaite de sa reprise. Tous deux avaient retravaillé ce test lors du Grand National de Mâcon, où ils s’étaient imposés dix jours plus tôt, et continueront de peaufiner les détails avec leur coach, l’Allemande Dorothee Schneider, pour espérer atteindre la finale aux JO.

À noter que l’amazone de vingt-huit ans est la seule des Vestes Bleues sélectionnées pour Tokyo à avoir déjà vécu une échéance olympique en tant que titulaire. C’était en 2012 à Londres, sous les couleurs de l’Espagne avec Painted Black. Le duo avait terminé septième par équipes et au vingt-troisième rang individuel.



Une équipe complétée par Maxime Collard et Alexandre Ayache

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Maxime Collard et Cupido PB à Compiègne.

© PSV

Après le CDI 4* du Mans, où ils ont signé par deux fois la deuxième meilleure performance tricolore (dont une belle note de 73,149% dans le Spécial sous les yeux d’Emmanuelle Schramm-Rossi, directrice technique nationale adjointe en charge du dressage, présente pour l’occasion), il semblait quasiment certain que Maxime Collard et Cupido PB seraient du voyage à Tokyo. C’est désormais officiel pour le couple, qui est monté en puissance tout au long de la saison. Après avoir débuté l’année au CDI 3* du Mans en février, l’amazone de trente-quatre ans et son étalon de quatorze ans ont réalisé de belles reprises à Grote-Brogel, conclues sur la troisième marche du podium lors du Spécial avec 71,404%. Honorant sa première sélection en équipe de France Seniors au CDIO 5* de Compiègne quelques jours après, le duo, qui évolue au niveau Grand Prix depuis 2018, a rencontré quelques difficultés dans le Grand Prix (66,826%), mais a su rectifier le tir et trouver leurs marques, notamment à la détente, pour réaliser la meilleure performance française dans le Spécial (septièmes avec 71,128%). Véritable révélation de la saison, le sensible et énergique KWPN découvrira les grands championnats dans quelques semaines.

La préparation d’Alexandre Ayache et Zo What a connu quelques remous, une légère blessure du fils de Scandic le privant du CDIO 5* de Compiègne. Le Niçois a préféré, à juste titre, préserver son hongre de dix-sept ans, qui est revenu à la compétition pour le CDI 4* du Mans, dernier concours de sélection, où il n’a par ailleurs couru que le Grand Prix (69,913%). Une note en-deçà 72,109% obtenus au CDI 3* du Mans en février, mais à mettre en perspective avec la moyenne d’un juge à 65%, contre plus de 71% pour trois autres. Également crédité de 73,915% lors de sa venue dans la Sarthe en début d’année, le duo est sans aucun doute un atout pour les Tricolores. Il faut également rappeler qu’Alexandre Ayache avait été nommé remplaçant pour les Jeux de Rio de Janeiro en 2016 avec son gris Axel, désormais sous selle canadienne. Des points qui ont certainement fait pencher la balance en sa faveur.



Isabelle Pinto remplaçante, Anne-Sophie Serre absente

Ils ont été préférés à Isabelle Pinto et La Gesse Hot Chocolat vd Kwaplas, qui faisaient partie des mousquetaires tricolores lors du CDIO 5* de Compiègne. L’amazone et son hongre de quatorze ans ne réalisent que leur deuxième saison à ce niveau d’épreuve. Le couple s’annonce prometteur, sachant qu’il a déjà franchi à deux reprises la barre des 70% en Grands Prix internationaux, à Ornago puis en Picardie. Légèrement en-deçà en termes de points au CDI 4* du Mans (68,848% dans le Grand Prix, 69,17% dans le Spécial), la paire devrait néanmoins être solide en cas d’imprévu et d’entrée dans l’équipe au Japon.

Championne de France Pro Élite en titre, Anne-Sophie Serre et Actuelle de Massa ne feront cependant pas le voyage au Japon et sont tout simplement absentes de la sélection. Une déception, à n’en pas douter, pour le duo, qui grâce à ses belles performances en fin de saison 2019, avait permis à la France de décrocher in extremis une place par équipes pour l’Hexagone. Absentes toute l’année 2020 des terrains internationaux, en raison de la pandémie de coronavirus, l’amazone et sa Lusitanienne de onze ans avaient fait leur rentrée à Hagen avril, récoltant 69,717% dans le Grand Prix. La Sudiste a ensuite joué de malchance dans sa préparation – son mari Arnaud se fracturant le bras fin avril, la poussant à déclarer forfait pour le CDI 4* de Mannheim, puis une suspicion de cas de rhinopneumonie sur Vistoso de Massa, la contraignant à renoncer au CDIO 5* de Compiègne. Des aléas qui ont certainement pesé sur la régularité d’Actuelle de Massa, qui a montré des tensions lors de la ligne finale du Grand Prix au CDI 4* du Mans, ainsi que lors du Spécial, conduisant sa cavalière à se retirer. Nul doute qu’on les retrouvera encore plus fortes prochainement, en vue d’une sélection pour les championnats d’Europe d’Hagen, mi-septembre.

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Isabelle Pinto et La Gesse Hot Chocolat vd Kwaplas à Compiègne.

© PSV