L’équipe de France de saut d’obstacles ira à Tokyo sans Kevin Staut mais avec Simon Delestre

Thierry Pomel et l’encadrement technique de la Fédération française d’équitation (FFE) ont longtemps cherché quel couple viendrait compléter leur équipe pour les Jeux olympiques de Tokyo. Le choix a finalement été arrêté. Si les noms de Nicolas Delmotte, Mathieu Billot et Pénélope Leprevost étaient quasi-incontournable, celui de Simon Delestre, absent de l’équipe de France en grand championnat depuis le forfait de Hermès*Ryan des Hayettes à Rio il y a cinq ans, est une petite surprise. Urvoso du Roch, Vancouver de Lanlore, Quel Filou 13 et Berlux Z tenteront de conserver l’or olympique, décroché au Brésil, lors de la dernière échéance olympique, en 2016.



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© Scoopdyga

Très attendues par tous les aficionados de sports équestres, les sélections nationales pour les Jeux olympiques de Tokyo, qui débuteront le 2 août pour le saut d’obstacles, ont été révélées vendredi 2 juillet. Dans cette discipline, un doute planait encore sur l’identité du couple remplaçant. Finalement, Thierry Pomel a tranché. Et il a choisi… Simon Delestre et Berlux Z ! Ce choix, sans doute motivé par la régularité du gris de dix ans lors de ces derniers Grands Prix 5* disputés à Valkenswaard (quatre points), La Baule (quatre points) et Grimaud (double sans-faute et septième), reste tout de même surprenant, dans la mesure où Simon Delestre n’a plus porté la veste bleue de l’équipe de France depuis près de deux ans. La dernière épreuve collective du Lorrain remonte à octobre 2019 et une participation à la finale du circuit des Coupes des nations Longines, à Barcelone. 

De son côté, Nicolas Delmotte, qui figure en Une du dernier numéro de GRANDPRIX, était quasi assuré de faire le voyage à Tokyo. En très grande forme, le Nordiste, qui a participé aux Jeux équestres mondiaux de Tryon, en 2018, puis aux championnats d’Europe Longines de Rotterdam en 2019, pouvait compter sur ses deux partenaires, Ilex VP et Urvoso du Roch. Ce dernier prendra l’avion vers le pays du Soleil-Levant. Après ses bonnes performances à La Baule, où il a remporté le Grand Prix Longines sans trembler, le bel alezan, propriété de Marie-Claudine Morlion, mènera un trio solide.

Pénélope Leprevost, qui, elle aussi, pouvait compter sur deux montures, fera finalement le voyage avec Vancouver de Lanlore. Déjà membre de l’équipe tricolore à Rotterdam, le fils de Toulon n’a effectué qu’une poignée de Grands Prix 5* cette année. Citons tout de même sa troisième place à Grimaud début mai, ainsi que son parcours à quatre points dans le temps fort dominical de l’Officiel de France. Surtout, l’expérience de la Normande sera non négligeable à Tokyo. L’amazone sera d’ailleurs la seule à défendre le titre olympique glané par les Bleus à Rio, en 2016.

Enfin, Mathieu Billot et son extra-terrestre Quel Filou 13 viendront compléter l’équipe de France au Japon. Depuis un an, le couple, auteur de nets progrès en piste, n’a quasiment rien raté. Cinquième des Grands Prix CSI 4* de Vilamoura et de Grimaud en mars et mai dernier, la paire a enchaîné avec deux bonnes Coupes des nations, à Rome (4/0), puis à La Baule (1/5). Pour leur dernier Grand Prix CSI 5*, couru à Grimaud le mois dernier, Mathieu Billot et son fils de Quidam’s Rubin ont signé un prometteur double clear round et pris la sixième place de l’épreuve.



Première échéance d'envergure sans Kevin Staut depuis 2007

Privé de son fantastique Scuderia 1918 Viking d’la Rousserie, en qui il fonde beaucoup d’espoirs, Kevin Staut ne sera pas du voyage à Tokyo. Un petit tremblement de terre dans le clan tricolore tant le Normand est un pilier indéfectible de l’équipe de France depuis des années, tant en Coupe des nations qu’en grand championnat. Ce sera la première fois depuis les Européens de 2007, disputés à Mannheim, que le pilote de quarante ans ne sera pas de la partie dans un championnat majeur. Depuis sa première apparition dans un championnat Seniors, Kevin Staut avait toujours représenté la France, sans discontinuer. Les bonnes performances de sa surprenante Visconti du Telman n’auront pas suffi à convaincre le sélectionneur national de faire confiance à l’expérience de son pilote pour occuper la place de remplaçant à Tokyo.

La déception doit aussi être de mise du côté de Laurent Goffinet, très performant ces derniers temps avec son agile Atome des Etisses, et d’Olivier Robert, vainqueur du Longines Global Champions Tour de Madrid avec Vivaldi des Meneaux il y a quelques semaines. Le premier cité a peut-être perdu son ticket après une Coupe des nations en deçà de ses habitudes à Sopot (8/8), tandis que le second semblait déjà résigné après une épreuve collective mitigée à La Baule (8/4). Ces deux pilotes pourront sans doute se consoler avec les Européens Longines de Riesenbeck, programmés en septembre.