“Je prépare ces championnats d’Europe comme n’importe quelle autre échéance”, Louna Garo

Louna Garo a été sélectionnée pour représenter la France lors des championnats d’Europe Juniors de Vilamoura, du 18 au 25 juillet. La jeune femme s’y élancera aux rênes de Carbone de Cyan, un étalon “fait maison” âgé de neuf ans. Installée dans les écuries familiales à Saulx-les-Chartreux, au Sud de Paris, l’amazone de dix-huit ans concourant sur des épreuves jusqu’à 1,45m et ayant notamment brillé en Poneys avec Alto de Fougnardhésite encore entre poursuivre ses ambitions sportives à l’étranger ou à intégrer une école de commerce. 



Vous avez été sélectionnée pour faire partie de l’équipe de France aux championnats d’Europe Juniors, qui se tiendront à Vilamoura à la fin du mois de juillet. Il s’agira de votre première expérience en championnat continental. Quelle a été votre réaction à l’annonce des sélections.   

J’ai ressenti beaucoup de joie. J’appréhende un peu, mais j’ai hâte d’y aller! C’est une première pour moi donc je suis très enthousiaste à l’idée de vivre cette expérience, d’autant plus avec un cheval “maison”, Carbone du Cyan.  

Comment les préparez-vous et quels conseils avez-vous reçu? 

Je prépare ces championnats comme n’importe quelle autre échéance. Je pense qu’il ne faut pas se mettre plus de pression qu’avec un autre concours d’envergure car cela risque de mal se passer si l’on n’en a pas l’habitude. Je le gère comme un autre concours. Le conseil que j’ai reçu, c’est surtout de m’amuser et de me faire plaisir sans pression. 

Carbone de Cyan (SF, Diamant de Semilly x Caretano), un étalon de neuf ans né chez vos parents, vous accompagnera à Vilamoura. Cela a-t-il une saveur particulière? 

Bien sûr! Carbone a énormément de qualités en plus d’être très beau. C’est un cheval hyper généreux avec énormément de force. Il a une grande amplitude, juste ce qu’il faut de sang, a un super coup de saut – que ce soit de devant ou de derrière – et c’est un vrai plaisir de le monterque nous soyons en concours ou à la maison. C’est un étalon approuvédistribué en congelé. 



“Il est toujours mieux de monter et à poney et à cheval quand nous en avons l’opportunité”

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© PSV

Vos parents Gwénaël et Nathalie Garo vous ont-ils transmis le goût pour la compétition? 

Oui, c’est une affaire de famille. Je gravite autour des chevaux depuis toute petite. Je suis sûrement montée sur un cheval avant même de savoir marcher! C’est évidemment grâce à mon papa que je fais de la compétition, c’est lui qui m’entraine. C’est aussi grâce à ma maman, qui me soutient énormément, mentalement comme physiquement, même si elle ne monte plus forcément en compétitionC’est un véritable plaisir de travailler avec eux. 

Vous avez fait vos débuts sur la scène internationale à Poney en 2015, mais vous preniez déjà part à des compétitions à cheval en parallèle. En ressentez-vous des bénéfices aujourd’hui? 

Bien sûr. Je pense qu’il est toujours mieux de monter et à poney et à cheval quand nous avons l’opportunité de le faire parce que ce sont deux ambiances différentes en concours. Quand nous sommes à poney, nous sommes vraiment dans notre monde avec des gens de notre âge, donc nous sommes plus facilement déconcentrés (rires). Alors qu’une fois à cheval, nous côtoyons vraiment les professionnels, c’est un autre cadre. Il était vraiment intéressant pour moi d’être à poney et à cheval, cela m’a beaucoup appris. Le cheval m’a appris pour le poney et inversement. 

Êtes-vous seulement entrainée par votre père ou sollicitez-vous aussi d’autres intervenants?  

Je travaille avec tout le staff fédéral quand nous sommes en stage ou en concours. En dehors de mon père avec qui je m’entraîne depuis toujours, j’ai beaucoup travaillé ces derniers temps avec Eugénie Angot, qui est installée juste à côté de la maison. Je vais parfois m’entraîner là-bas avec mes chevaux. Elle me donne de précieux conseils et c’est également un vrai plaisir de travailler avec une grande cavalière comme elle! 



“J’aimerais beaucoup partir à l’étranger dans une autre écurie”

Comment conciliez-vous les études et la compétition? 

J’ai réussi à concilier les deux grâce à l’École Diagonale, qui se situe à Paris, dans le Vème arrondissement. C’est un sport-études qui concentre une multitude de sports différents. Ma copine Ilona Mezzadri est d’ailleurs dans la même école que moi. Cela nous permet de gérer correctement études et sport avec un emploi du temps aménagé: nous avons cours de 9h à 13h30, puis, l’après-midi, nous avons vraiment le temps d’aller monter nos chevaux.  

Le contexte délicat lié à la pandémie de Covid-19 vous empêchait de vous projeter l’année dernière. La situation s’est-elle éclaircie pour vous? 

L’année prochaine, j’aimerais beaucoup partir à l’étranger dans une autre écurie pour gagner en expérience. Je ne sais pas encore dans laquelle, l’idée est encore en train de mûrir. Pour l’instant, j’attends les résultats de mon baccalauréat qui sortiront demain. Je saurai vraiment ce que je fais l’année prochaine en fonction de mes résultats – je pense que ça s’est bien passé mais je ne me précipite pas trop (rires) –, parce que j’ai aussi été prise dans les deux écoles de commerce que j’avais demandées sur Parcoursup. Donc j’ai encore un peu de temps pour faire mon choix entre une école ou partir à l’étranger. 

Avez-vous des ambitions sportives particulières? L’approche des Jeux olympiques de Tokyo puis de Paris manifeste-t-elle une envie particulière chez vous?  

Je me concentre d’abord sur les championnats d’Europe, puis je verrai pour la suiteEn ce qui concerne les Jeux, c’est un rêve que j’ai dans un coin de la tête, mais je ne peux pas dire qu’il s’agit de mon objectif principal comme cavalièreJ’avance au jour le jour. Bien sûr, ce serait un rêve, mais pour l’instant, je garde les pieds sur terre!