“Servir l’équipe et nous permettre d’aller chercher une médaille collective”, Jeanne Sadran

Il y a quelques jours, Jeanne Sadran a été sélectionnée par Olivier Bost pour disputer ses quatrièmes championnats d’Europe à Vilamoura, du 18 au 25 juillet. L’amazone de bientôt vingt-ans représentera la France en catégorie Jeunes cavaliers aux côtés d'Unforgettable Damvil, son partenaire dans la Coupe des nations de Cabourg, remportée par la France au mois de juin. Cette saison, la cavalière de l’écurie Chev’el a continué à faire ses gammes à haut niveau et a notamment participé pour la première fois au CSIO 5* de La Baule avec son Selle Français de douze ans, Vannan. Avec le bai, elle a également contribué à la victoire de l’équipe de France dans la Coupe des nations d’Opglabbeeck au mois d’avril. La jeune femme évoque son piquet de chevaux et ses ambitions pour le championnat à venir.



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Comment allez-vous en ce moment et où en êtes-vous d’un point de vue scolaire ? 

Je vais très bien, merci. J’ai quasiment terminé l’école pour cette année, mes journées vont donc devenir un peu plus tranquilles. Nous revenons de quinze jours à l’Hubside Jumping de Grimaud et nous avons un stage de préparation prévu la semaine prochaine avant de partir au Portugal pour les championnats d’Europe. 

Que retenez-vous de votre expérience au CSIO 5* de La Baule et notamment du Grand Prix, que vous avez conclu avec une seule faute sur Vannan (SF, Diamant de Semilly x Kannan) ? 

C’était une expérience exceptionnelle que je ne suis pas prête d’oublier. Le terrain est magnifique et tout cavalier français rêve de monter sur cette piste mythique. J’y ai pris un réel plaisir et ce fut une superbe expérience. Vannan se donne toujours à cent pour cent pour moi et il s’y est une fois de plus montré formidable. Il aime particulièrement les grands terrains qui laissent assez d’espace pour galoper, alors pour lui, c’était parfait.

Il y a deux semaines, vous avez participé au CSI 5* de Paris Eiffel Jumping avec Vannan et Unforgettable Damvil (SF, San Patrignano Corrado x Papillon Rouge). Qu’avez-vous pensé de leur comportement ? 

J’ai adoré concourir dans ce cadre, au pied de la Tour Eiffel. La carrière est néanmoins assez petite, ce qui n’était pas idéal pour mes grands chevaux, mais ils s’y sont tout de même très bien comportés. Vannan a très bien sauté et nous nous sommes classés sixièmes le premier jour, ce qui m’a permis de me qualifier pour le Grand Prix. Unforgettable a fait une faute dans la première manche de la Global Champions League et a également écopé de quatre points dans le Grand Prix du dimanche, mais globalement, je suis très satisfaite de mes deux chevaux. Ils ont tous les deux un cœur énorme et une réelle envie de bien faire. Ils sont également dotés de beaucoup de force et sont très volontaires. C’est vraiment un privilège que de pouvoir compter sur de tels chevaux pour débuter à haut niveau. 

Vous disposez de plusieurs chevaux talentueux au sein de votre piquet. Préparez-vous déjà la relève de vos deux meilleurs atouts ? 

J’ai encore le temps de profiter d’eux, mais nous commençons effectivement à préparer progressivement leurs successeurs. Je compte notamment sur Come On Jumper (Westf, Comme Il Faut x Christiano, avec lequel elle évolue jusqu’en CSI 4*, ndlr) et Dexter de Kerglenn (SF, Mylord Carthago x Diamant de Semilly), un étalon de huit ans absolument fantastique que je considère comme notre futur crack. J’ai également une bonne jument de neuf ans, Comic Star (SF, Levistan x Diamant de Semilly), qui prend part à des épreuves de niveau CSI 2* et qui a encore besoin de s’aguerrir. L’an dernier, j’ai aussi récupéré un cheval de huit ans, Edesa’s Djud Box (Diarado x Chacco Blue), qui est encore en formation. J’essaye de les emmener petit à petit à haut niveau pour qu’ils puissent un jour prendre la relève d’Unforgettable, Vannan et de ma jument Digisport Satisfaction (HANN, Stakkato Gold x Satisfaction), avec laquelle je participe aussi à des CSI 4* et 5*.



“Le second objectif sera pour moi de tenter de décrocher une médaille individuelle”

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À quelques jours du coup d’envoi des championnats d’Europe Jeunes Cavaliers, dans quel état d’esprit êtes-vous ? 

Pour l’instant, je m’y prépare tranquillement. Cela fait longtemps que nous avons tous ces championnats en tête, car c’était l'objectif de la saison. Je conserve mes habitudes et la même méthode de travail afin d'arriver la plus prête et la plus sereine possible le jour-J. J’ai la chance de pouvoir participer à de belles épreuves tout au long de l’année, je me dois donc de faire de mon mieux pour tenter d’aligner les sans-faute, servir l’équipe et nous permettre d’aller chercher une médaille collective. Le second objectif sera pour moi de tenter de décrocher une médaille individuelle. L’ambiance au sein de l’équipe de France est excellente. Nous nous connaissons tous assez bien, ce qui renforce la confiance que nous avons les uns envers les autres et rend la communication facile et fluide. 

Nina Mallevaey a récemment annoncé son départ de l’écurie Chev’el. Comment avez-vous reçu cette nouvelle ? 

Nina a quitté les écuries la semaine dernière. C’est un choix que je respecte et il n’y a aucune animosité entre nous. Cela m’a tout de même fait un petit pincement au cœur, car elle était arrivée à la maison il y a trois ans et nous avons beaucoup évolué ensemble. Je lui souhaite le meilleur et j’espère que nous nous retrouverons vite sur les terrains de concours.

Le fait d’être entourée par une équipe particulièrement jeune est-il un élément qui vous motive et vous stimule au quotidien ? 

Absolument. C’est d’ailleurs l’étiquette Chev’el : une équipe jeune et dynamique. Tous les cavaliers qui sont arrivés aux écuries avaient aux alentours de dix-huit ans et forcément, cela nourrit une ambiance particulière que j’apprécie. 

Comment définiriez-vous votre relation avec votre entraîneur, le numéro un français Julien Epaillard ? 

Il m’entraîne depuis environ un an et demi et nous nous entendons extrêmement bien. Il a énormément de choses à nous apprendre. Il est tellement doué qu’il nous donne envie de nous inspirer le plus possible de son équitation et de l’ensemble de son système. Nous essayons souvent de reproduire ce que nous le voyons faire. Personnellement, j’essaye vraiment de m’imprégner de ses tracés, de son sens du rythme et du galop, mais c’est tellement inné chez lui que l’on ne peut que tenter de s’en rapprocher le plus possible. 

Comment voyez-vous l’avenir ? 

Pour le moment, j’arrive à concilier mes études et mon activité auprès des chevaux en comptant notamment sur la super équipe qui m’entoure au quotidien. Je compte continuer comme cela, car les deux m’intéressent et je suis satisfaite de l’équilibre que je suis parvenue à trouver. Je me laisse toutefois le temps d’évoluer, d’envisager l’avenir au jour le jour et je ne me mets pas de pression.