“J'essaye de donner le meilleur à mes chevaux pour qu’ils me le rendent”, Stéphanie Hennequin

Mordue d’équitation depuis son plus jeune âge, Stéphanie Hennequin construit sa carrière d’une main de maître. À l'occasion du CSI 2* de Fontainebleau Classic, qui s'est tenu du 8 au 11 juillet, la cavalière installée en Moselle a terminé victorieuse des épreuves à 1,45m et 1,35m avec Black Pearl d’Amont et Cantis Junior, ainsi que deuxième d'une épreuve à 1,40m avec Amstrong de Moyen. Son étalon de quatorze ans, Trésor de Virton, lui a également offert deux classements au cours du week-end. Véritable compétitrice dans l'âme, l’amazone de trente-cinq ans ayant fait ses gammes chez Marcel Delestre, veille attentivement au bien-être de ses chevaux, dont la gestion s’accorde à sa volonté de réussir. 



Comment s’est déroulé votre week-end à Fontainebleau?

Je suis très satisfaite de mes chevaux. Ils ont tous répondus présents et se sont tous classés au moins deux fois. Black Pearl d'Amont (SF, Romano de l'Abbaye x Fakir de Kreikser) a gagné la première épreuve qualificative pour le Grand Prix et je suis très satisfaite et des résultats et du comportement de mes chevaux. Parfois, nous pouvons obtenir de bons résultats sans que ce soit forcément très beau à regarder… Mais cette fois, je suis ravie de la façon dont j’ai monté et de la manière dont ils ont sauté.

Eragon du Grizzly (SF, Iowa x Samva d’Agemont), que vous avez récupéré il y a très peu de temps, compte déjà quelques victoires à son actif sur le circuit des jeunes chevaux. Pourquoi ne pas l’avoir emmené à Fontainebleau?

C’est un très bon cheval de sept ans. Il avait commencé à concourir dans le circuit des chevaux de son âge mais je ne l’ai pas emmené à Fontainebleau. J’ai préféré le laisser se reposer, mais il participera prochainement à un concours national à Lure. Normalement, nous devrions prendre part au Grand National à Villers Vicomte. Donc il reprendra vraiment à ce moment-là.

Quels espoirs placez-vous en lui?

C'est un cheval plein de qualités, mais il n’avait pas fait grand-chose avant. Tout s'est déroulé un peu trop vite pour lui. Comme il s'est tout de suite montré très compétitif, il a rapidement gagné des épreuves. Il avait besoin d’une période de repos et je l’ai emmené sauter la semaine dernière dans de plus petites épreuves pour qu'il souffle un peu. J’aime bien procéder ainsi: redescendre un peu dans les niveaux d'épreuve pour que mes chevaux n’entrent pas systématiquement en piste pour se dépasser, mais qu’ils puissent aussi y aller pour s’amuser et trouver cela facile. Je trouve qu'en faisant cela, ils sont encore plus généreux lorsqu'ils se retrouvent à nouveau dans des parcours un peu plus imposants. Mon but est d’essayer de leur donner le meilleur pour qu’ils me le rendent.



“Marcel Delestre m’a transmis cette mentalité de la gagne ”

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Black Pearl d'Amont (ici, sur la photo) épaule Amstrong de Moyon sur les grosses épreuves.

© PSV

Vous concourrez principalement dans les épreuves allant jusqu’à 1,45m et montrez une belle régularité dans vos classements. Comment se compose votre piquet?

J’ai pas mal de bons chevaux, honnêtement. Amstrong de Moyon (SF, Rock'n Roll Semilly x Calypso de Moyon) et Black Pearl d’Amont sont toujours là pour prendre part aux épreuves importantes. Il y a également Cantis Junior (SF, U-Cantis x Le Tot de Semilly), qui est très compétitif dans les épreuves à 1,35m et 1,40m, et j’ai une jument de vitesse qui s’appelle Alicante de Seille (SF, Baloubet du Rouet x Saphir Rouge II). Elle est très rapide et j’obtiens de bons résultats avec elle. J’essaye vraiment d’écouter au mieux mes chevaux pour aviser en fonction de leur forme. Il est vrai qu'il est plus facile et confortable d’en avoir plusieurs afin de pouvoir faire des changements et choisir celui qui prendra part aux Grands Prix, mais je ne tire pas sur la corde; si l’un de mes chevaux est fatigué, il ne partira pas en concours le week-end suivant. 

Avec vos chevaux plus expérimentés, comptez-vous renouer avec les CSI 3*?

Oui, c’est le but! Ce serait bien, mais il y en a très peu. Cette année, j’essaye de faire au maximum les étapes du Grand National pour rester au niveau et que mes chevaux puissent sauter 1,50m à l’extérieur, mais il est certain que j’aurais préféré participer à des CSI 3*. En ce moment, c’est le problème: à cause du virus de la Covid-19, il y en a de moins en moins. Il n’y en avait déjà pas beaucoup mais, là, il n’y en a quasiment pas…

Êtes-vous issue d'une famille de cavaliers? 

Pas du tout! Mes parents ne montent pas et ma sœur a arrêté, mais c’est elle qui m’a mise dans le bain. J’ai commencé à monter chez Marcel Delestre qui m’a transmis cette mentalité de la gagne, à laquelle j’ai adhéré d’office. Il m’a beaucoup apporté sur ce point et m’a tout de suite appris à entrer en piste pour gagner. Pour cela, je l’en remercie. Ensuite, c’était une évidence pour moi. Quand j’allais à l’école, je ne pensais plus qu'à mon planning à cheval! J’ai eu la chance, à mes dix-huit ans, que mes parents me laissent l’opportunité de continuer en me donnant un an pour faire mes preuves, voir ce que je pouvais faire dans ce milieu et constater que je pouvais y arriver. Et c’est chose faite!