Demain, les espoirs de médaille individuelle de la France reposeront sur les épaules de Nicolas Delmotte

Il n’y avait rien à gagner mais tout à perdre aujourd’hui à Tokyo, où trente tickets pour la finale individuelle des Jeux olympiques de saut d’obstacles étaient distribués. Si la majorité des cadors de la discipline a répondu présent, quelques pointures, dont Steve Guerdat, ont trébuché et ne pourront donc décrocher de breloque en individuel au Japon. Retour sur une entame de compétition parfaitement orchestrée par l’équipe de piste. 



Copie parfaite pour Santiago Varela et Grégory Bodo

Au terme de ce premier acte des Jeux olympiques de Tokyo, il faut faire partie des trente meilleurs couples pour valider son billet pour la finale individuelle, qui débutera demain, à midi, heure française. Nouveauté de cette édition des JO, l’épreuve par équipes se tiendra en effet en fin de course, tandis que la quête d’une médaille individuelle ouvre les hostilités. 

Pour cette introduction qui n’avait rien d’une promenade de santé, le chef de piste espagnol Santiago Varela assisté du Français Grégory Bodo avaient proposé un parcours de quatorze obstacles et dix-sept efforts en nocturne, l’épreuve ayant été débutée à 19h (heure japonaise). Le parc d’obstacles coloré et original, représentant notamment les spécificités du pays hôte, n’a pas été effleuré par trente duos, qui ont tous laissé les barres sur leurs taquets, même si cinq d’entre eux ont écopé de points de temps dépassé. Il s’agit là du nombre exact de qualifiés qui seront attendus pour se disputer le podium individuel. Chapeau donc aux chefs de piste pour cette première copie on ne peut plus réussie ! 



Nicolas Delmotte sauve l’honneur des Bleus

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Dix points de pénalité ont barré la route de Pénélope Leprevost et Vancouver de Lanlore pour la finale individuelle.

© Scoopdyga

Au-delà de deux points de pénalité, les couples voyaient donc leurs chances de poursuivre la compétition individuelle se réduire à néant. Cela a été le cas au début de l’épreuve pour les deux premiers Français, Mathieu Billot et Pénélope Leprevost. Après une entame de parcours sans faute sur le surpuissant Quel Filou 13, le Deauvillais a essuyé un refus de ce dernier face au vertical n°10, peinant à le remettre en avant après le demi-tour. Le fils de Quidam’s Rubin et son cavalier, qui partagent tous deux à leurs premiers JO, ont finalement conclu leur parcours avec trois points de temps dépassé supplémentaires, ce qui les a relégués au quarante-troisième rang. 

Ce fichu vertical, dont les barres sont soutenues par un chandelier en forme de sumo, a aussi causé bien des tracas à la championne olympique par équipes en titre. Sur Vancouver de Lanlore, encore éclatant lors du Grand Prix du CSI 5* de Chantilly le 11 juillet, Pénélope Leprevost a elle aussi essuyé un refus face à cette difficulté. Pourtant habitué à tout type de piste, son étalon bai brun par Toulon a semblé apeuré. Parvenant à franchir cet effort lors du second essai, le couple a ensuite pêché sur l’entrée du double n°13, puis ajouté quelques points à son score, finalement porté à dix points. Figurant parmi les couples prétendants à un podium, l’amazone et le Selle Français ne figurent malheureusement qu’au cinquante-troisième rang. Mis à mal, le clan français a heureusement repris des couleurs avec la démonstration de Nicolas Delmotte et Urvoso du Roch. Lauréat des Grands Prix CSIO 5* de La Baule et CSI 5* de Chantilly cette saison, le fils de Nervoso s’est montré – comme chaque fois en début de compétition – très aérien. Son Nordiste de cavalier a dû le solliciter pour sortir du triple, mais le reste du parcours a été une formalité pour le duo, qui a réalisé une entame de compétition idéale. Demain, ils s’élanceront en quatorzième position de la finale individuelle, qui se courra comme un Grand Prix classique avec une manche et un barrage en cas d’égalité. Pour rappel, les scores seront remis à zéro, ce qui laissera aux trente partants une chance de décrocher l’or olympique. 



Les Japonais, Belges, Suisses, Britanniques, Irlandais et Suédois déroulent

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Ben Maher et Explosion W, qui figurent parmi les favoris, partiront en derniers demain.

© Christiphe Tanière/FEI

Parmi les couples les plus attendus en haut du podium, les Belges Grégory Wathelet, Niels Bruynseels et Jérome Guéry ont été impériaux, laissant même le loisir de souffler régulièrement et de se décontracter dans les tournants à leurs respectifs MJT Nevados S, Delux van T&L et Quel Homme de Hus. Les Britanniques n’ont pas été en reste puisque les trois couples choisis par Di Lampard ont aussi validé leurs tickets au mérite de parcours parfaits. Scott Brash sur Hello Jefferson et Harry Charles, repêché in-extremis avec Romeo 88, seront donc de la partie, mais il faudra surtout se méfier du redoutable Ben Maher. Le champion olympique par équipes de Londres a aujourd’hui présenté un Explosion W des grands jours, et le vainqueur des Grands Prix CSI 5* de Valkenswaard en juin et Windsor en juillet fait partie des plus grands prétendants au titre suprême, d’autant qu’il sera dernier à partir demain. Particulièrement bien lancés aussi, les Suédois pourraient lui barrer la route, à commencer par le couple vice-champion olympique en titre, Peder Fredricson associé à H&M All In. Relativement discret ces derniers mois, le généreux fils de Kashmir van’t Schuttershof s’est montré en forme, tout comme H&M Indiana, qui a survolé le parcours dans un tout autre style avec Malin Baryard-Johnsson. Associés depuis quelques mois seulement, Henrik von Eckermann et l’ancien complice de sa compagne Janika Sprunger, King Edward, se sont eux aussi déjoués de toutes les difficultés. 

L’Irlande a également qualifié ses trois représentants pour la finale, à savoir Darragh Kenny avec Cartello, qu’il ne monte que depuis mai, Cian O’Connor et le jeune mais si aérien Kilkenny, ainsi que Bertram Allen, qui s’élancera en avant-dernier demain.
À domicile, les Japonais, qui ne figurent pas parmi les plus grandes nations du jumping mais qui réussissent régulièrement en grands championnats, ont délivré une copie parfaite. Eiken Sato, Daisuke Fukushima et le moins connu Koki Saito ont été impeccables sur Saphyr des Lacs (un point de temps), Chilensky et Chanyon, garantissants trois chances de médaille individuelle au Pays du Soleil Levant. 

N’ayant concouru qu’à trois reprises en CSIO 5*, le couple néo-zélandais que forment Daniel Meech et sa fille de Casall de quinze ans, Cinca 3, ont réussi l’exploit de se qualifier pour demain en franchissant la ligne d’arrivée avec deux points de temps. Double zéro et vainqueurs dans la Coupe des nations d’Abou Dabi en février 2020, ils ouvriront l’épreuve demain ! 

À domicile, Daisuke Fukushima et Chanyon ont délivré une démonstration.
 © Christophe Tanière/FEI

 



Steve Guerdat parmi les grands absents

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Steve Guerdat ne sera pas au départ de la finale individuelle des JO de Tokyo demain.

© Scoopdyga

Avec seul deux cavaliers au départ, le Brésil de Philippe Guerdat n’a pu qualifier que Yuri Mansur et le styliste QH Alfons Santo Antonio, Marlon Módolo Zanotelli et VDL Edgar M s’étant faits piéger sur la sortie du triple. Anciennement Brésilienne, la Portugaise Luciana Diniz a quant à elle validé son ticket avec son formidable fils de Mylord Carthago, Vertigo du Désert. 

Si Martin Fuchs et Clooney 51, eux aussi très attendus, ont franchi la ligne d’arrivée sans faute comme leurs compatriotes suisses Beat Mändli avec Dsarie, Steve Guerdat ne pourra faire aussi bien qu’à Londres en 2012, où il avait décroché l’or avec le formidable Nino des Buissonnets. Sur un autre Selle Français, Venard de Cerisy, le numéro trois mondial a en effet laissé à terre la barre de spa placée en n°5. Son bai, qui prend part à son premier grand championnat, a en effet semblé se reculer à son abord, ce qui a rendu sa couverture impossible. Les téléspectateurs – le public étant interdit aux JO – devront se passer d’un grand champion demain. 

Si sur le papier les Américains semblaient présenter l’une des meilleures équipes, aucun représentant du Stars and Stripes n’a passé le cap aujourd’hui. Kent Farrington et l’exceptionnelle Gazelle ont été recalés à cause du n°13A, comme Laura Kraut et Baloutinue, qui ont aussi fauché l’ultime obstacle. Avant eux, Jessica Springsteen, sélectionnée pour la première fois dans une telle échéance, a été piégée à une reprise avec le surpuissant Don Juan Van De Donkhoeve. Les cavaliers de Robert Ridland, qui pourrait faire entrer McLain Ward et Contagious dans la danse, poursuivront donc la compétition dès vendredi pour le championnat par équipe. 

Comme la France, la Mannschaft ne présentera qu’un couple en finale individuelle, et pas des moindre. Daniel Deusser a validé son billet avec sa redoutable Killer Queen VDM, tandis qu’Andre Thieme et Christian Kukuk sont restés sur le carreau avec DSP Chakaria et l’excellent Mumbai. 

Venue défendre leurs pays en individuel, l’Italien Emanuele Gaudiano et l’Australienne Edwina Tops-Alexander, qui ne concourra pas en équipe compte tenu du contrôle positif à la cocaïne de son compatriote Jamie Kermond, ont déjà terminé la compétition. Avec le si généreux Chalou, fautif sur la première barre de l’oxer n°3 et qui a atterri au beau milieu de la rivière, le premier a conclu l’épreuve avec neuf points. Lors d’un parcours musclé avec Identity Visteroel, la seconde a laissé à terre la palanque n°9, qui représente un bambou. 

Les résultats ici

 

La finale individuelle des Jeux olympiques de Tokyo, qui sacrera le couple successeur de Nick Skelton et Big Star, se déroulera demain, dès midi (heure française). Le championnat par équipes débutera quant à lui vendredi. Il devrait voir entrer dans la danse le Français Simon Delestre avec Berlux Z, le nouveau règlement permettant de remplacer un couple par un autre en cours de route. Pour tout savoir sur le format de la compétition, rendez-vous ici

La liste de départ ici