“Sur le papier, nous avons une équipe de rêve”, Zazie Gardeau

À Segersjö, en Suède, les Juniors et Jeunes cavaliers de l’équipe de France de concours complet s’apprêtent à disputer les championnats d'Europe. Pour l’échéance continentale, les Tricolores pourront s’appuyer sur de solides couples. Engagée chez les Jeunes cavaliers, Zazie Gardeau, installée près de Toulouse dans les écuries Chev’El, disputera son troisième grand rendez-vous avec son Anglo-Arabe Udine Jolimon Bearn. La paire, qui s’élancera sur le rectangle de dressage demain est bien prête à en découdre, et, pourquoi pas, à ramener une nouvelle médaille au collectif tricolore, après avoir décroché l’or à Fontainebleau en 2018, et le bronze l’année suivante à Maarsbergen, aux Pays-Bas.  



Comment allez-vous et comment vous sentez-vous avant ces championnats ?

Je vais bien, mais il est vrai que la route a été longue, autant pour nous que pour les chevaux. Le trajet a fatigué tout le monde. Nous sommes arrivés depuis lundi, donc nous avons eu le temps de nous habituer. En plus j’ai la chance, entre guillemets, de passer vendredi pour le dressage. Je suis donc plutôt dans un bon état d’esprit et j’ai hâte de commencer.

Quel a été votre programme de préparation avant l’échéance ?

À la maison, nous avons beaucoup travaillé avec nos coachs personnels. J’ai travaillé le dressage avec Ugo Provasi, qui est mon entraîneur. Je me suis aussi préparée à l’obstacle avec Jeanne Sadran (jeune cavalière de l’écurie Chev’El qui évolue régulièrement au plus haut niveau, ndlr) qui m’encadre à la maison. Nous n’avons pas effectué un travail vraiment différent de d’habitude car notre préparation a fonctionné toute l’année. Nous avons donc fait comme d’habitude. 

Concernant le stage de préparation (qui s’est déroulé à Strasbourg, ndlr), nous avons travaillé sur le plat avec Jean-Pierre Blanco, nous avons fait un galop à côté des écuries où nous étions, ainsi qu’une séance d’obstacles où nous avions le choix : enchaîner un parcours ou faire une séance de gymnastique, en fonction des besoins de nos chevaux. J’ai choisi la deuxième option, qui convient bien à ma jument. Après cela, nous avons pris la route pour la Suède. 

Vous avez connu une bonne saison cette année, avec notamment une victoire dans le CCI 3*-L de Vairano. Cela vous donne-t-il de la confiance pour aborder la compétition ? 

C’est sûr que les bons résultats mettent en confiance. Après, un championnat d’Europe reste un tout autre événement. Sur le cross, il y a toujours des profils qui font leur travail d’obstacles de championnat, qui font un peu de dégâts. Même sur le dressage, l’ambiance est totalement différente de ce que nous avons d’habitude, avec le public, les drapeaux, etc. Il est donc assez difficile de se projeter en arrivant ici.

Pouvez-vous nous parler d’Udine Jolimon Bearn (ICC 147, AACr, Don Giovanni de Bearn x Laudanum, Ps), votre monture pour cet événement ? Quels sont ses points forts ? 

Udine est une vraie jument, elle a un caractère bien à elle ! C’est une guerrière, une jument qui a le complet dans l’âme. Elle veut toujours en découdre. Sur le dressage, on essaye de la relâcher, de la calmer un petit peu, mais c’est une vraie jument de cross ; elle sait ce qu’elle fait, et fait bien les choses.

Vous avez déjà gagné deux médailles collectives avec votre jument, à Fontainebleau puis Maarsbergen. Espérez-vous réitérer l’expérience cette année, voire décrocher une breloque individuelle ?

Quand on a goûté aux médailles par équipe, on a vraiment envie de recommencer et d’en décrocher une nouvelle. Ce sont des émotions, des moments humains qui sont incroyables. Nous allons tout donner pour en avoir une. Une médaille par équipe, c’est ce qui fait le plus plaisir. Après, un titre individuel est toujours un plus, mais nous ne venons pas ici pour cela. Nous venons d’abord pour défendre les couleurs de l’équipe de France.



“La cadre est idyllique”

Au-delà des médailles, quels sont vos objectifs personnels et collectifs pour ces championnats ?

Mes objectifs sont les mêmes que pour tous les concours. J’ai déjà envie de faire un bon dressage, puis être maxi sur le cross serait parfait. Je pense que ce sont les ambitions d’un peu tout le monde. 

Pensez-vous que le fait d’évoluer dans une structure comme l’écurie Chev’El vous donne un certain avantage, notamment sur le test de saut d’obstacles ? 

Oui, j’en suis convaincue. Nous avons Julien Épaillard, qui est quand même le numéro un français, qui vient nous faire sauter à la maison. Jeanne Sadran est d’abord une amie mais maintenant, elle est aussi ma coach à part entière. Elle a acquis tellement d’expérience au plus haut niveau qu’elle donne des conseils extrêmement justes et techniques. Et les performances parlent d’elles-mêmes : mes résultats au CSO sont bien meilleurs qu’il y a deux ans, avant d’arriver aux écuries Chev’El. 

Comment jugez-vous les forces en présence, autant dans le clan français que chez la concurrence étrangère ? Qui, selon vous, dispose des plus grandes chances de médaille ?

Nous avons toujours peur des nations les plus fortes, qui sont l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Les Anglais ne sont pas là pour ces championnats, mais nous avons vu les Allemands en arrivant, ils ont une très belle équipe, avec notamment Anna Lena Schaff (quadruple médaillée d’or européenne, en 2016 à Aarhus, à poney, puis à Maarsbergen, en 2019, ndlr), et de vrais bons cavaliers. Après, je pense que nous avons aussi une équipe qui fait rêver sur le papier. Si on regarde, nous avons les quatre cavaliers médaillés d’or en Juniors (à Fontainebleau, en 2018, ndlr). Nous pouvons faire une jolie performance et nous avons confiance en nous. Il ne faut pas être dans l’excès et être trop sûr de soi, mais nous avons envie d’en découdre.

Quelle est l’ambiance au sein du clan français ?

Il y a vraiment une super ambiance. Nous sommes une équipe de Jeunes cavaliers assez vieille car nous avons tous participé plusieurs fois aux championnats d’Europe. À côté de ça, les Juniors disputent tous leur premier championnat et, justement, nous les avons un peu pris sous notre aile. Nous sommes une grande famille et tout le monde s’entend bien, des parents jusqu’au staff, en passant par les cavaliers. C’est très agréable.

Quel est votre ressenti sur les installations et le cadre suédois ?

Nous n’avons pu qu’apercevoir la Suède en passant en voiture, mais cela a l’air d’être un beau pays. En ce qui concerne le concours, c’est vraiment un site magnifique. J’ai fait une reconnaissance de cross hier (mercredi 25 août, ndlr), et je ne sais pas si j’ai déjà couru un cross aussi beau ! Les obstacles sont superbes, le cadre est idyllique et tout est vraiment magnifique. Tout est fait au détail près, tout est joli, il y a beaucoup de petits lacs, etc. J’ai hâte d’y être !