Charlotte Fry et la Grande-Bretagne en tête au premier soir des championnats d’Europe à Hagen, la France onzième

Six semaines après les Jeux olympiques de Tokyo, les dresseurs européens ont rendez-vous cette semaine à Hagen, en Allemagne, pour les championnats d’Europe Longines de la discipline. Aujourd’hui s’est déroulée la première partie du Grand Prix. Pour l’heure, à l’occasion de ce second grand rendez-vous de la saison, Charlotte Fry et la Grande-Bretagne tiennent la tête devant le Danemark et l'Allemagne, tandis que la France est provisoirement onzième après les passages de Marie-Émilie Bretenoux et Maxime Collard, respectivement associées à Quartz of Jazz et Cupido PB.



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La joie de Nanna Skodborg-Merrald, en selle sur Atterupgaards Orthilia pour le Danemark.

© Liz Gregg/FEI

Ce matin, à 8h30, le Portugais Duarte Nogueira a lancé les hostilités de l'édition 2021 des championnats d'Europe avec Beirao sur la grande piste des écuries Kasselmann, à Hagen, en Allemagne. Haut-lieu du dressage européen, le complexe, bien connu des amateurs de la discipline, accueille depuis de longues années plusieurs compétitions internationales pour les Seniors comme pour la relève. Le site situé en Basse-Saxe est l’hôte, à partir d’aujourd’hui et jusqu’à dimanche, des Européens Longines de dressage Seniors et U25, une compétition qu’il a déjà accueillie par le passé, en 2005. “J’avais concouru lors des premiers championnats d’Europe ici. C’est d’ailleurs mon premier souvenir d’Hagen. J’y avais terminé troisième du Spécial. La FEI (fédération équestre internationale, ndlr) a changé les règles plus tard, mais j’aurais pu y gagner une médaille !”, s’est remémoré en conférence de presse Carl Hester. Le cavalier d’En Vogue a également ajouté qu’il s’agissait d’“un lieu familier et un magnifique site, avec de l’espace […] où j’ai de magnifiques souvenirs”, tirant au passage son chapeau aux organisateurs.

Du côté des Seniors, pas moins de soixante et onze dresseurs représentant vingt-trois nations sont attendus. La première partie d’entre eux ont présenté aujourd’hui leur Grand Prix, épreuve présidée par la juge française Isabelle Judet. La meilleure performance du jour est signée Charlotte Fry aux rênes d’Everdale, positionnant automatiquement la Grande-Bretagne en tête d’un classement encore très provisoire. Le couple, crédité de 77,671%, s’adjuge un nouveau record personnel, supplantant les 77,096% acquis aux Jeux de Tokyo… La benjamine de l’équipe et son étalon de douze ans, en bronze par équipes au Japon et treizièmes en individuel, sont en pleines forme et s’annoncent comme de redoutables concurrents pour la suite de la compétition. Un peu plus tôt, Gareth Hughes et Sintano van hof Olympia avaient idéalement ouvert la voie en quittant le rectangle avec 74,394%.

Après les passages de Charlotte Heering, associée à Bufranco (70,699%), et Nanna Skodborg-Merrald, qui a laissé son olympique Blue Hors Zack au repos et a choisi de seller l’expérimentée Atterupgaards Orthilia (75,078%, soit la deuxième meilleure moyenne du jour), le Danemark pointe au deuxième rang. À domicile, l’équipe germanique, médaillée d’or aux derniers JO, est virtuellement en bronze. Dorothee Schneider, qui a dû au dernier moment se passer de son excellent Showtime FRH en raison d’une blessure bégnine, a été récompensée de 74,985% aux rênes de Faustus, qui court ici son premier grand championnat à treize ans. Une note en-deçà de leur record personnel, qui s’établit à 76,5% et a été acquis au CDI 4* de Kronberg en juin dernier. Concernant Helen Langehanenberg et Annabelle 110, qui disputent également leur premier championnat, c’est une moyenne de 73,96% que les cinq juges leur ont décerné.

Questionnée en conférence de presse sur le fait que ce résultat collectif n’était pas forcément celui attendu pour le pays hôte, Jessica von Bredow-Werndl a assuré avec confiance que “demain est un nouveau jour. La compétition est ouverte, la Grande-Bretagne, le Danemark ou l’Allemagne présentent de sérieux concurrents. Qu’est-ce qu’un résultat normal ? Nous sommes des êtres humains. Les erreurs peuvent arriver, et Helen a connu un peu de malchance. Elle a très bien débuté, puis a commis des fautes coûteuses. C’est pourquoi le résultat est un peu différent que ce que nous espérions. C’est le sport.”

On notera qu’aujourd’hui, onze couples ont franchi la barre symbolique des 70%. Cela est plutôt habituel pour l’Autrichienne Victoria Max-Theurer, en selle sur Abegglen FH NRW, qui ont effectué leur début en grand championnat après un début avorté à la dernière minute aux JO de Tokyo (73,106% et le quatrième rang provisoire par équipes). Deux fils du regretté Totilas font également partie de cette liste. Avec Governor-STR, Adelinde Cornelissen, absente de l’équipe des Pays-Bas depuis les JO de Rio en 2016 et la retraite de son fidèle Jerich Parzival, a présenté une reprise évaluée à 72,484%. Sa compatriote Marlies van Baalen a, de son côté, conclu avec 72,531% aux rênes de Go Legend, plaçant les Oranje au cinquième rang des nations ce soir. Pour rappel, les deux KWPN sont âgés de seulement dix ans et ont effectué leurs débuts internationaux en Grand Prix seulement cette saison.

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Dorothee Schneider et Faustus.

© Liz Gregg/FEI



Un début de championnat en demi-teinte pour les Tricolores

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Maxime Collard et Cupido PB ont connu une grosse incompréhension en début de reprise aujourd'hui.

© PSV

Ce soir, après le passage de deux de ses quatre couples, la France pointe provisoirement au onzième rang du classement par équipes. Première à entrer en piste, sous un ciel nuageux à 9h42, Marie-Émilie Bretenoux a présenté une reprise évaluée à 68,655% avec Quartz of Jazz, dix-sept ans. Un résultat correct malgré quelques erreurs pour le couple, qui retrouve l’équipe de France pour un deuxième grand championnat, eux qui avaient pris part à l’échéance continentale en 2017 en Suède. “Je suis contente de notre prestation. Nous avons commis pas mal de fautes, mais nous sommes malgré tout dans nos points habituels. Le cheval était en pleine forme, c’est donc dommage car sans cela, nous aurions pu obtenir les 70%, comme cela nous est déjà arrivé”, a confié l’amazone à l’issue de sa reprise, révélant avoir bénéficié des conseils de Gareth Hughes à la détente. “Dans tous les cas, notre résultat est meilleur qu’à Göteborg (aux championnats d’Europe en 2017, le couple avait été crédité de 64,714% dans le Grand Prix, ndlr). Ce sera cependant trop juste pour espérer prendre part au Grand Prix Spécial, sachant que plus la compétition avance et plus le niveau est relevé. Pour ce championnat, je n’ai pas géré le stress de la même manière. Aujourd’hui, j’étais stressée car j’avais envie de bien faire pour l’équipe, le staff fédéral, Emmanuelle (Schramm-Rossi, directrice technique nationale adjointe en charge du dressage, ndlr) et Jan (Bemelmans, entraîneur de l’équipe de France, ndlr), mais aussi pour prouver que j’avais bien ma place ici. C’est toujours un honneur et un plaisir d’être sélectionnée en équipe de France.” (sa réaction est disponible ici en intégralité)

Après une prestation pleine de promesses aux Jeux olympiques de Tokyo il y a peu, Maxime Collard et l’énergique Cupido PB n’ont pas confirmé aujourd’hui, avec une note de 65,326% et une grosse faute lors du premier piaffer. “Il y a eu une énorme incompréhension. Je ne me suis pas méfiée car ce n’est pas quelque chose qui nous arrive habituellement. Après cette erreur, il est impossible de remonter dans les notes”, concède la trentenaire. “Maintenant, il faut que je regarde la reprise et que je digère ce qu’il s’est passé. Nous allons nous retrousser les manches pour trouver la solution, pourquoi cela est arrivé alors que le passage-piaffer était très bien à la détente. C’est un accident et nous allons faire en sorte que cela ne se reproduise plus. […] Malheureusement, notre préparation a été courte, et sur ces championnats, il faut arriver sur préparés. Notre petit manque d’expérience fait que j’ai payé chère notre erreur.” (lire sa réaction en intégralité) Nul doute que nous reverrons prochainement l’attachant couple plus à son aise sur d’autres rectangles.

Alexandre Ayache et Morgan Barbançon-Mestre n’auront pas le droit à l’erreur demain. Le Niçois entrera en piste à 9h43 avec son expérimenté fils de Scandic, Zo What, tandis que la Franco-Espagnole et Sir Donnerhall II OLD scelleront le sort de la France à 13h15. Pour rappel, en 2019, aux Européens Longines de Rotterdam, les représentants hexagonaux avaient pris le dixième rang.

La compétition montera donc encore d’un cran demain avec la deuxième partie de l’épreuve dès 8h30, qui décidera des médailles par équipes. Du beau monde se présentera sur la piste d’Hagen, dont l’actuel top trois mondial. Tous les yeux seront rivés sur les récentes doubles médaillées d’or à Tokyo et nouvelles leaders du classement FEI, l’Allemande Jessica von Bredow-Werndl et TSF Dalera BB, mais également sur sa compatriote Isabell Werth, qui a choisi sa Weihegold OLD pour défendre son titre acquis il y a deux ans à Rotterdam avec Bella Rose 2, ainsi que sur la Danoise Cathrine Dufour et Bohemian, quatrièmes lors de la finale individuelle au Japon il y a six semaines. La bataille s’annonce rude également avec la présence de la Britannique Charlotte Dujardin et l’impressionnant Gio, médaillés de bronze en individuel à Tokyo. Jessica von Bredow-Werndl a annoncé la couleur ce soir. Il faudra bien évidemment compter sur elle pour tout donner demain. “J’adore Hagen et concourir ici. Dalera est en forme et motivée, et moi aussi !” Elle a également révélé n’avoir repris l’entraînement sur les mouvements de Grand Prix qu’en début de semaine dernière, et que sa complice était déjà pleine d’énergie et d’envie de travailler à peine quelques jours après son retour du Japon. Alors les Allemandes conquerront-elles une nouvelle fois l’or ? Rendez-vous demain pour le dénouement de la compétition par équipes !

Les résultats ici
Le classement provisoire par équipes ici