Des États-Unis impériaux, une Suède inarrêtable et une France combattante dans la Coupe d’Aix-la-Chapelle!

La mythique Coupe des nations du CHIO d’Aix-la-Chapelle, que l’on a eu plaisir à retrouver après une malheureuse annulation l’an dernier en raison de la Covid-19, a sacré les États-Unis, qui ont été impériaux ce soir. N’en finissant plus de briller, et ce avec tous ses cavaliers, la Suède a cédé le passage aux Vestes Rouges, suivie de la France, qui termine à une honorable et réjouissante troisième place.



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Associée à Don Juan van de Donkhoeve, Jessica Springsteen a une nouvelle fois prouvé qu'elle n'était pas la fille du boss, mais LA boss!

© Sportfot

Franchement, à observer le déroulé de la mythique Coupe des nations du CHIO d’Aix-la-Chapelle, qui n’avait pas eu lieu depuis deux ans en raison de la satanée pandémie de Covid-19, la Veste Rouge semble sacrément porter chance! Couronnés d’argent aux Jeux olympiques de Tokyo début août, les Américains ont été impériaux ce soir, prenant probablement sur leur fraîcheur, n’ayant logiquement pas disputé les championnats d’Europe Longines de Riesenbeck il y a tout juste deux semaines. Bouclant trois sans-faute coup sur coup dès la première manche, Jessica Springsteen, associée à Don Juan van de Donkhoeve, Lucy Deslauriers, en selle sur Hester, et Brian Moggre, accompagné de Balou du Reventon, ont mis la barre très haute dès le début. Dernière du quatuor de Robert Ridland, Laura Kraut, pénalisée de quatre points avec Baloutinue, n’a d’ailleurs pas hésité à remercier, entre quelques rires, ses jeunes camarades pour avoir réalisé le score vierge, alors qu’ils participaient tous les trois à leur “premier Aix-la-Chapelle”! 

En seconde manche, les quatre lauréats ont tenu bon. Après un parcours à deux fautes de Jessica Springsteen - couru sous une petite pluie, heureusement vite partie -, puis une prestation à quatre points de Lucy Deslauriers, Brian Moggre a une nouvelle fois démontré tout son talent. Du haut de ses vingt ans, celui que l’on surnomme communément le prodige américain a déroulé un sublime double zéro aux rênes de son fils de Cornet Obolensky, qui était monté par Darragh Kenny jusqu’en septembre 2020. Et cette fois-ci, Laura Kraut a fait parler son expérience, bouclant à sa suite un sans-faute magistral avec sa monture des Jeux olympiques.



Jens Fredricson, THE come-back!

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N'ayant pas concouru à haut niveau depuis 2014, Jens Fredricson a signé un retour remarqué et remarquable à Aix-la-Chapelle.

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Qu’elle soit représentée par Peder Fredricson, Henrik von Eckermann, Malin Baryard-Johnsson, Rolf-Göran Bengtsson, Angelica Augustsson Zanotelli, Douglas Lindelöw, Evelina Tovek, ou les titulaires de ce soir, à savoir Petronella Andersson, Annika Axelsson, Jens Fredricson, Angelie von Essen, la Suède n’en finit pas de prendre la lumière ! Médaillés d’or aux Jeux de Tokyo, les Scandinaves ont terminé bons deuxièmes ce soir, à quatre points de la première place. Si Angelie von Essen a déroulé un magnifique double sans-faute avec le Selle Français Alcapone des Carmille, un brillant fils de Diamant de Semilly de onze ans, la performance à retenir est probablement celle de Jens Fredricson! Aussi classe que son petit frère Peder Fredricson, qui a raflé trois médailles en grands championnats en l’espace d’un mois et demi, le quinquagénaire n’a rien perdu de sa superbe. En effet, hormis leur sélection au CSIO 3* d'Uggerhalne en juin, cela ne faisait pas moins de sept ans que le cavalier n’avait pas disputé de Coupe des nations, la dernière datant du CSIO 3* d’Arezzo en septembre 2014. Plus encore, il n’avait pas couru de CSI 5* depuis le CSIO 5* de Dublin, en août de la même année. Pourtant, chacun sait ô combien il est difficile de rester dans le coup du haut niveau et de ne pas se laisser dépasser par ses évolutions après tant d’années d’absence. Chapeau!



La France retrouve le sourire grâce à une honorable troisième place

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Meilleur homme des Bleus aujourd'hui, Marc Dilasser a réalisé un superbe double sans-faute avec Arioto du Gevres.

© Sportfot

Traversant une période délicate et encore déçue d’être rentrée bredouille des Jeux olympiques de Tokyo et des Européens de Riesenbeck, l’équipe de France a terminé à une très belle troisième place. Pourtant, l’épreuve avait plutôt mal débuté... “Je pensais qu’on allait vivre un cauchemar!”, en rigole Thierry Pomel au paddock, à la sortie de la remise des prix. Après un parcours honorable de Kevin Staut et Visconti du Telman, qui n’ont péché que sur le vertical numéro 8, Laurent Goffinet a vécu une terrible désillusion. Son fidèle Atome des Étisses refusant de sauter à deux reprises la triple combinaison, le couple s’est fait éliminer. N’expliquant toujours pas le comportement de son fils de Mylord Carthago, le Normand a préféré ne pas repartir en seconde manche. Ne baissant pas les bras, les Bleus se sont ensuite battus deux fois plus, à commencer par Marc Dilasser, qui a arraché un superbe sans-faute avec Arioto du Gevres. Dernier à partir, Nicolas Delmotte et Ilex VP ont manqué de les imiter, mais n’ont pu empêcher une faute sur l’oxer en milieu de triple, juge de paix du parcours de Frank Rothenberger. 

Après quelques minutes de pause entre les deux manches, les cavaliers de Thierry Pomel n’ont pas changé d’attitude. Kevin Staut et Visconti du Telman ont d’abord réitéré leur score, péchant sur l’oxer numéro 4, malgré une bonne prestation qui s’inscrit dans la progression du couple. À leur suite, Marc Dilasser et Arioto du Gevres ont également doublé leur score... vierge! Le duo, qui a bouclé l’un des cinq doubles zéros de l’épreuve, a encore davantage survolé le parcours. Il ne restait qu’à Nicolas Delmotte d’enfoncer le clou. Associé à un Ilex VP totalement réceptif, le Nordiste a livré une leçon d’équitation, n’effleurant pas une barre. L’Allemagne et la Belgique s’écroulant légèrement en seconde manche, les Bleus sont parvenus à prendre l’avantage. De quoi réchauffer les cœurs!

Les résultats ici