“J’ai montré que j’avais le potentiel pour concourir en équipe de France”, Romain Sans

Samedi, Romain Sans a bouclé le CCIO 4*-S d’Aix-la-Chapelle à la vingtième place avec sa fidèle Unétoile de la Serre. Deuxième meilleur Français, classé juste derrière Thomas Carlile, dix-neuvième sur Birmane, le cavalier de l’Oise, âgé de vingt-deux ans, a fièrement porté les couleurs de l’équipe de France dans ce concours sélectif, renommé et toujours très bien doté. Après cette première expérience réussie en tant que réserviste, en dépit de trois fautes à l’hippique, le fils d’Eddy Sans espère être titularisé en équipe de France, pourquoi pas à l’occasion du CCIO 4*-L de Boekelo. Outre cette performance, il évoque également Dakodack et Unesco de Tael, ses deux autres chevaux.



Quel bilan tirez-vous du CCIO 4*-S d’Aix-la-Chapelle, auquel vous avez participé pour la première fois le week-end dernier?

Ce concours a été une très bonne expérience pour moi. J’ai écopé de trois fautes à l’hippique le vendredi soir, ce qui est un peu dommage, mais nous n’avons pas l’habitude de sauter de tels parcours! Il faut dire qu’en concours complet, nous ne montons jamais devant autant de public, dans un tel stade, avec autant de lumières et en nocturne. Quand on entre sur cette immense piste en herbe, on n’a même pas le temps de montrer quoi que ce soit à nos chevaux car la piste est bien trop grande, alors que les décors peuvent être très regardants pour eux! De fait, ils découvrent le parcours, le décor et la piste au fur et à mesure du tour. Moi, j’ai senti qu’Unétoile n’était pas comme d’habitude. Normalement, nous montons dans une carrière blanche avec trois personnes autour (rires)!

Plus globalement, quel regard portez-vous le comportement d’Unétoile de la Serre dans cette épreuve?

Au dressage, nous avons réussi l’une de nos meilleures reprises! Je suis fier que nous l’ayons réalisée ici. Ma jument a juste effectué un petit écart car elle a craint quelque chose, et elle a été super tout le reste de la reprise. À l’hippique, comme je le disais, elle était un peu stressée et émotive. Je ne l’ai pas tellement reconnue dans ce stade, alors que nous nous connaissons par cœur. Nous avons concédé trois fautes, ce qui n’est pas non plus catastrophique. C’était un peu notre première fois à ce niveau, donc j’étais déjà content d’être là-bas! Lors du cross, test pour lequel elle est la plus douée, nous avons signé le troisième meilleur chronomètre! Nous avions déjà réussi l’un des seuls “maxi” au Pin-au-Haras à l’occasion du Grand Complet. Nous avons couru de bons cross cette année, donc nous avons pris beaucoup d’expérience, et elle l’a montré. Depuis deux concours, je me libère davantage sur ce test et nous arrivons à aller vraiment vite.

C’était votre première fois à Aix. Si ce n’est peut-être pas le temple du complet, comparé à Badminton, c’est bien un temple du cheval et des sports équestres! Comment avez-vous vécu cette expérience?

C’est un concours très différent des autres. J’avais l’impression d’être aux Jeux olympiques (rires)! Je n’ai pas l’habitude de ce genre d’ambiance. À Aix, il y a du monde du matin au soir, tous les jours. L’équitation y est une religion. Ça vit! Quand on reconnaît un parcours de cross tôt le matin, normalement, il n’y a que trois courageuses personnes qui viennent regarder. Là-bas, il y avait une queue jusque dans la ville pour entrer sur le site! C’est vraiment impressionnant. Ayant déjà disputé ce concours, mon père (Eddy Sans, ndlr) m’en avait déjà parlé, mais il faut le vivre pour en prendre la mesure, et ce fut une agréable découverte.

Il s’agissait aussi de votre première sélection en équipe de France Seniors. Que retirez-vous de cette entrée dans la cour des grands?

Représenter la France est très gratifiant. C’était effectivement ma première fois en Seniors et j’en suis fier. J’avais déjà couru le CCI 4*-S de Waregem, qui était mon premier concours de niveau 4*, celui de Lignières, puis celui du Pin cet été, mais je n’avais pas encore été sélectionné pour une Coupe des nations. Là, j’ai été désigné réserviste, donc la prochaine étape sera de décrocher une place de titulaire. Aix-la-Chapelle n’est pas le concours le plus accessible, surtout pour un cavalier de mon âge, particulièrement en France! C’était une fierté d’en être, mais aussi de finir deuxième meilleur Français (vingtième au classement général, ndlr), juste derrière Thomas Carlile (et Birmane, ndlr). C’est une belle récompense.



“Je trouve très important de montrer que je ne suis pas le cavalier d’un seul cheval”

Votre jument pourrait-elle évoluer au niveau supérieur?

Plus on avance, plus on se dit que nous pouvons progresser encore et avoir le niveau pour sauter un CCI 5*-L… Ce serait d’autant plus incroyable qu’Unétoile m’accompagne depuis le circuit Juniors. Désormais, notre principal but est d’être titularisé en équipe de France, et de montrer que nous pouvons être utiles à l’équipe. Mon objectif est moins de représenter la France que de pouvoir performer en son nom et apporter quelque chose aux effectifs nationaux. Ce week-end, j’ai montré que nous avons le potentiel.

Sur quels tests pensez-vous pouvoir encore vous améliorer?

Tout dépend des concours et du contexte. Ces prochains mois, nous allons nous concentrer un peu plus sur le saut d’obstacles. Nos dernières performances montrent que nous avons beaucoup progressé en dressage. Nous nous approchons du potentiel maximum de la jument sur ce test, même s’il reste encore des détails à peaufiner. En jumping, il nous faut travailler encore. L’idée est de lui faire découvrir de nouveaux contextes et pistes pour qu’Unétoile se relaxe davantage. Il nous arrive de réussir des sans-faute mais aussi de concéder douze points, donc nous devons gagner en régularité sur ce test, dont le résultat dépend pas mal de l’état d’esprit de la jument!

Visez-vous une participation à un CCI 5*-L prochainement?

Nous ne pourrons pas courir celui de Pau car nous ne sommes qualifiés puisque nous avons seulement couru un seul CCI 4*-L. J’espère que ce sera pour l’an prochain!

De quels autres chevaux est composé votre piquet de chevaux?

Outre Unétoile, je peux compter sur Dakodack de Tael, huit ans, qui appartient à Gwenaëlle Le Breton, sa naisseuse. Il excelle au cross, mais se montre beaucoup plus compliqué mentalement et psychologiquement sur les deux autres tests. Nous travaillons beaucoup le dressage et essayons de le faire évoluer pour franchir un nouveau cap. En tout cas, il a du potentiel! Je montais aussi son frère, Unesco de Tael, que je m’apprêtais à lancer en CCI 4*-S, mais qui est convalescent après avoir connu des problèmes de santé dernièrement. Pour le reste, mon père et moi sommes toujours à l’affût pour trouver de nouveaux chevaux à former et amener à un bon niveau. Je trouve très important de montrer que je ne suis pas le cavalier d’un seul cheval et que je suis capable d’en amener plusieurs à haut niveau.

Quels sont vos prochains objectifs?

J’aimerais bien participer au CCIO 4*-L de Boekelo (prévu du 6 au 10 octobre, ndlr) avec Unétoile, et boucler un CCI 3*-L avec Dakodack de Tael. Cet hiver, nous travaillerons pour revenir en grande forme l’an prochain!