Etundel de Marocy, la réussite insolente d’un très jeune élevage

Aux Championnats du monde FEI/WBFSH des jeunes chevaux de Lanaken, Etundel de Marocy a signé la meilleure performance des chevaux Selle Français, en montant sur la troisième marche du podium des sept ans sous la selle du Belge Dominique Hendrickx. Né dans le Nord, Etundel n’est que le deuxième produit du jeune élevage de Pascal Morelle.



Etundel, deuxième produit de l'élevage de Marocy

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© Sportfot

A Lanaken, si les chevaux Selle Français se sont défendus honorablement, avec des classements dans les finales des cinq et six ans, seul Etundel de Marocy est parvenu à monter sur le podium du championnat des sept ans. Sans-faute dans les deux premières qualificatives avec Dominique Hendrickx, il est l’un des quatre chevaux à être parvenus à se sortir sans encombre du parcours initial de la finale. Au barrage, une faute le relègue au troisième rang, mais il n’aurait pas été assez rapide pour pouvoir briguer la victoire. C’est néanmoins une très belle réussite pour Pascal Morelle, son éleveur, d’autant que ce fils de Diamant de Semilly a fait forte impression à Lanaken. Installé à Haspres, dans le Nord, entre Cambrai et Valenciennes, Pascal Morelle est venu à l’élevage sur le tard et l’affixe de Marocy n’a été utilisé pour la première fois qu’en 2013.

« A l’origine, je suis transporteur et j’avais un grand dépôt. Dans une partie, j’ai fait un manège et quelques boxes pour ma fille Manon, et l’élevage n’est venu qu’ensuite, lorsque j’ai acheté Elle van St Maarten (President x Kannan), la mère d’Etundel. C’est une jument que l’on m’avait proposée pour Manon ; elle avait de très gros moyens, mais était trop compliquée pour elle. Elle a fait un peu de concours avec Jérôme Leleux et avait été repérée par Patrick Caron, qui voulait que je la mette au travail chez Guillaume Foutrier. Mais je n’avais pas les moyens de payer la pension et le travail, donc je l’ai gardée comme poulinière. Elle a eu une première pouliche par Nouma d’Auzay, D’Elle de Marocy, que j’ai vendue et qui est poulinière et ensuite, elle a eu Etundel, qui n’est que le deuxième poulain que j’ai fait naître. J’ai choisi mon affixe en prenant la première syllabe du prénom de mes trois enfants, Manon, Romain et Cyril. », explique Pascal Morelle.



Un cheval au gros potentiel

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Etundel de Marocy se montre très prometteur en liberté et sera confié à Thierry Lambert pour débuter la compétition. A cinq ans, hormis un premier parcours à quatre points, Etundel ne réalise que des sans-faute avant d’être vendu. « Etundel a été débourré par Manon, mais, quand nous sommes allés faire les premiers entraînements à quatre ans, le cheval s’avérait vraiment compliqué, donc on a vu avec Thierry Lambert et on l’a mis là-bas au travail. On a décidé ensemble de ne pas le sortir à quatre ans pour ne pas le brusquer et il n’a commencé la compétition qu’à cinq ans. C’est un cheval qu’il ne fallait pas louper et je pense que si on avait voulu aller trop vite et le sortir absolument à quatre ans, on aurait eu du mal avec lui. A chaque sortie, on nous demandait pour l’acheter. Au début on ne voulait pas et puis, il y a eu une offre par Gilbert de Roock et je ne me voyais pas la refuser, à un certain moment, financièrement il faut faire des choix. Ce n’était pas le premier cheval que je lui vendais et, pour la carrière d’Etundel, je pense que c’était quand même mieux, car on n’aurait pas pu faire tout ce que Gilbert de Roock a fait. », raconte l’éleveur nordiste.

Le cheval est confié à Dominique Hendrickx, le cavalier de Gilbert de Roock et fera une première fois le championnat du monde des jeunes chevaux de Lanaken à cinq ans avec un sans-faute dans la deuxième qualificative, mais un point de temps dépassé dans la première qui le prive de la finale. A six et sept ans, le cheval se montre très régulier et accumule les classements sur les épreuves internationales avant de briller à Lanaken où il a montré qu’il avait encore une belle marge de progression et un potentiel qui pourrait le mener vers de très belles épreuves. S’il suit son protégé et va régulièrement le voir en concours ou aux écuries de Gilbert de Roock, Pascal Morelle n’a pas pu se rendre à Lanaken pour assister aux exploits du cheval qu’il a fait naître et qu’il espère voir un jour briller au plus haut niveau. Ce jeune éleveur de soixante-et-un ans fonde également beaucoup d’espoirs dans les poulains suivants qui semblent prometteurs. « On a refait un propre frère d’Etundel, Iron Del de Marocy, qui a trois ans et est au travail chez Thierry Lambert. Ensuite, j’ai eu deux produits de Nervoso qui ont l’air très bien et, cette année, Elle van St Maarten nous a donné une bonne pouliche par Diamant. Vu la qualité de sa production, je pense que nous allons faire des transferts d’embryon dans les années à venir. Je suis ravi car pour le deuxième poulain dont je suis naisseur, avoir un cheval qui tourne à ce niveau-là, c’est exceptionnel et je pense qu’il y a beaucoup d’éleveurs qui signeraient tout de suite pour ça. », conclut Pascal Morelle.