“Cette victoire à Royan marque un vrai tournant”, Félix Jarry

Hier, Félix Jarry a remporté la plus belle victoire de sa carrière en gagnant le Grand Prix du CSI 2* de Royan. Associé à Boskof de Falere, un étalon de dix ans, le cavalier de vingt-neuf ans, installé à Saint-Augustin-des-Bois, près d’Angers, a franchi un nouveau cap. Avec le soutien de son père, Pierre Jarry, ancien international tricolore indissociable de la grande Haxelle Dampierre, Félix Jarry aborde sereinement l’avenir. Il revient notamment sur cette première grande victoire.



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© Judith Collon/Royan Horse Compétition

Que ressentez-vous au lendemain de votre belle victoire avec Boskof de Falere (OC, Felton du Mont x Corland)?

Je suis très heureux d’avoir réussi cette performance avec lui. Il a vraiment été superbe. En trois jours de compétition, il n’a signé que des sans-faute. Tout s’est vraiment idéalement passé: il n’a pas touché une barre et s’est superbement comporté. Il lui restait même de l’énergie pour aller chercher cette victoire. À vrai dire, il est d’un naturel assez lent et je ne pensais pas moi-même qu’il pouvait être si rapide, mais il commence à être de plus en plus en compétitif. Cette victoire marque un vrai tournant.

Quels sont vos objectifs avec cet étalon de dix ans? 

Tant qu’il réussira des sans-faute, nous essaierons toujours d’aller un peu plus haut. J’attends d’éprouver ses moyens et ses limites. À Royan, il a vraiment parcouru ce Grand Prix à 1,45m avec beaucoup de facilité. Auparavant, il a déjà participé à deux Grand Prix Pro Élite du Grand National (cotés à 1,50m, ndlr). Nous retrouverons ces épreuves-là l’an prochain et verrons comment il évolue s’il est toujours sous ma selle d’ici là. De fait, j’en suis le propriétaire, mais Boskof est à vendre. Pour ma part, j’aimerais aller toujours plus haut, plus loin et puis, qui sait, pourquoi pas un jour participer aux Jeux olympiques et même gagner une médaille d’or! (rires)

Comment envisagez-vous l’avenir avec votre piquet actuel? 

Pour l’instant, je peux compter sur Boskof pour les Grands Prix. Je monte également Danonzo (SF, Dollar dela Pierre x Lieu de Rampan), un cheval de huit ans qui montre des qualités exceptionnelles. Il a beaucoup de force et tout autant de moyens. Je pense l’engager dans le Grand Prix du deuxième CSI 2* de Royan, dimanche. Je crois beaucoup en lui. J’ai aussi Elgaura (SF, L’Arc de Triomphe x Double Espoir), une jument de sept ans qui mérite d’être regardée.

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© Judith Collon/Royan Horse Compétition



“Pour l’instant, je gagne ma vie surtout grâce au coaching”

Pouvez-vous parler un peu de Boskof de Falere? 

Nous l’avons récupéré lorsqu’il avait six ans. Il appartenait à l’une de nos clientes qui ne s’en sortait pas parce qu’il était trop compliqué pour elle. Nous avons alors procédé à un échangé avec l’une de nos juments afin de le récupérer. Il a suivi un circuit de formation assez classique jusqu’à sept ans. Il n’a jamais obtenu de grande performance puisque nous rencontrions encore quelques difficultés avec sa locomotion et la qualité du contact qu’il nous donnait. Depuis un an, il enchaîne de bons parcours sans pénalité et se montre assez régulier. En 2021, j’ai vraiment l’impression qu’il a franchi un cap. La suite de son programme va aussi dépendre de l’évolution de Danonzo mais, avec la saison indoor qui arrive à grands pas, je pense que nous allons rester sur des épreuves à 1,45m pour cette année. 

Comment fonctionne votre structure?

De façon assez classique. Je prends petit à petit la relève de mon père, Pierre, qui était également cavalier international. Nous gérons une écurie de propriétaires tout en formant, valorisant et commercialisant des chevaux. Mon père m’aide en permanence, m’entraîne et me guide. Même s’il est souvent en déplacement afin de coacher nos élèves ou pour le commerce, il me suit, regarde tous mes parcours et dissèque la moindre foulée. Pour l’instant, je gagne ma vie surtout grâce au coaching. Le commerce représente évidemment une composante nécessaire et à ne pas oublier, mais les revenus liés ne sont pas encore assez réguliers pour me permettre d’en vivre.
Enfin, nous élevons un peu, mais à un niveau familial. L’une de nos poulinières est Lillie Marlene (SF, Quiniou x Le Tot de Semilly), mon ancienne jument avec laquelle j’ai concouru sur le circuit Juniors et qui a aussi été montée par mon père. Nous avons également gardé l’une de ses pouliches. Selon les années, nous faisons naître deux à trois poulains, et parfois aucun, car ce n’est pas notre priorité.

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© Judith Collon/Royan Horse Compétition