Peder Fredricson reste numéro un mondial, et Kevin Staut valide son ticket pour le Top Ten de Genève!

Peder Fredricson reste numéro un mondial en novembre. Le Suédois devance toujours l’Allemand Daniel Deusser, à qui il avait chipé le brassard Longines le mois dernier, tandis qu’Henrik von Eckermann, brillant en octobre, s’est hissé de la huit à la troisième place. Quant à Kevin Staut, onzième, il profite d’une étourderie d’un autre cavalier pour valider sa participation à la finale du Top Ten Rolex IJRC, qui se tiendra le vendredi 10 décembre au CHI de Genève. Explications.



Peder Fredricson est bien parti pour terminer l’année avec le brassard Longines de numéro un mondial, qu’il porte depuis le mois dernier. Rien n’est joué, mais ses rivaux vont devoir redoubler d’efforts et de régularité dans les plus belles épreuves restant à disputer en 2021 pour espérer le lui reprendre sur le fil. Le Suédois, médaillé d’or par équipes et d’argent en individuel aux Jeux olympiques de Tokyo avec H&M All in de Vinck, puis de bronze individuel aux championnats d’Europe Longines de Riesenbeck avec Catch me not S, et déclaré vainqueur le mois dernier de la saison régulière du Longines Global Champions Tour (LGCT), compte 2.970 points, soit cent soixante-quinze de plus que l’Allemand Daniel Deusser (2.795), mais attention… En cette fin d’année, l’arithmétique est plus complexe qu’à l’accoutumée, et les projections encore plus hasardeuses.

Depuis un an et demi, le groupe de travail paritaire en charge du classement mondial, composé d’élus du Club des cavaliers internationaux de saut d’obstacles (IJRC) et de représentants de la Fédération équestre internationale (FEI), applique un règlement d’exception destiné à s’adapter au mieux aux distorsions de concurrence créées par la pandémie de Covid-19, à l’origine de tant d’annulations de concours et de limitations de déplacements. Ainsi, au lieu de s’appuyer sur les trente meilleures performances accomplies durant les douze mois précédents, plus les points acquis lors des derniers championnats, on a conservé les résultats obtenus depuis mars 2019, et ce jusqu’au classement publié en mai 2021. Compte tenu de la levée graduelle des restrictions sanitaires, même si la saison indoor qui a débuté en octobre n’est exempte ni de défections d’organisateurs ni d’incertitudes, cet été, le même groupe de travail a décidé de dégeler progressivement le classement. Ainsi, pour calculer celui de novembre, la FEI a pris en compte la période courant du 1er septembre 2020 au 31 octobre 2021. Le mois prochain disparaîtront septembre mais aussi octobre 2020, puis on reviendra à la règle des douze mois coulants dès le dernier classement de l’année, publié début janvier 2022.

Si l’on s’intéresse à la dynamique, on se rend compte que Peder Fredricson, qui n’a disputé que deux CSI le mois passé, les dernières étapes de la saison régulière du LGCT, disputées à Šamorín, a été régulier mais sans glaner beaucoup de nouveaux points. Engagé en compétitions internationales tous les week-ends, Daniel Deusser s’est montré plus fort, signant des performances notables à la finale mondiale des Coupes des nations Longines de Barcelone, à Šamorín et surtout au CHI-W Longines d’Equita Lyon, se classant cinquième du Grand Prix Coupe du monde avec Killer Queen VDM. Cependant, l’homme du mois est assurément Henrik von Eckermann, qui a grimpé de la huit à la troisième place du classement. Avec le stratosphérique King Edward, le deuxième meilleur Suédois a non seulement signé un double sans-faute à Barcelone, mais aussi remporté le dernier Grand Prix CSI 5* de Šamorín. Et avec la prometteuse Glamour Girl, l’ancien disciple de Ludger Beerbaum a gagné deux belles épreuves, dont l’Equita Masters de Lyon!



“Nous nous devons d’appliquer à la lettre le règlement”, Eleonora Ottaviani

Se suivent aux quatre, cinq et sixième places le Suisse Martin Fuchs, qui a pourtant conservé son titre à Lyon, Chaplin ayant succédé à Clooney 51 sous sa selle, et qui ne compte que deux petits points de retard sur Henrik, le Britannique Scott Brash, beau vainqueur du Grand Prix Longines secondaire de Lyon vendredi dernier sur Hello Vincent (ex-Coquin de Coquerie), et Marlon Módolo Zanotelli, lauréat du Grand Prix secondaire du CSI 5*-W d’Oslo sur Obora’s Chloe, puis deuxième du second Grand Prix de Šamorín sur Like a Diamond van het Schaeck. À cent deux points du Brésilien, on retrouve l’Étasunien Kent Farrington, vainqueur du Grand Prix d’un nouveau CSI 5* disputé à White Sulfur Springs, dans l’État américain de Virginie-Occidentale, avec Austria 2. Enfin, deux anciens leaders du classement, le Suisse Steve Guerdat et le Britannique Ben Maher, à égalité parfaite, et le meilleur Belge, Jérôme Guéry, referment le top dix.

Ce mois-ci, ce fameux top dix n’est pas seulement symbolique. En effet, c’est sur la foi de ce classement de novembre que sont envoyées les invitations pour la prestigieuse finale du Top Ten, organisée par l’IJRC avec le soutien de Rolex, le 10 décembre au CHI de Genève. Une épreuve de gala où l’on aurait plaisir à retrouver – au moins – un cavalier français… ce qui n’est plus arrivé depuis 2017, année où elle avait été remportée par… Kevin Staut, fraîchement élu à la présidence de l’IJRC. En 2021, le Normand, redevenu numéro un français, semblait devoir être le premier réserviste pour le Top Ten. En effet, le multi-médaillé, relativement discret en termes de performances depuis le CSIO 5* d’Aix-la-Chapelle, il y a un mois et demi, demeure au onzième rang.

Pour autant, sauf accident, sa participation au Top Ten ne fait plus aucun doute. En effet, même si les dix meilleurs cavaliers du classement de novembre devraient participer au CHI de Genève, Marlon Módolo Zanotelli n’était jusqu’à présent pas membre de l’IJRC, condition obligatoire pour prendre part à l’épreuve… “Il l’est désormais, et s’est acquitté de sa cotisation en bonne et due forme, mais nous nous devons d’appliquer à la lettre – même si cela nous désole – le règlement disposant qu’il faut être membre du Club depuis au moins deux années consécutives pour pouvoir disputer le Top Ten Rolex IJRC”, a déclaré ce soir Eleonora Ottaviani, directrice de l’IJRC. Navré pour Marlon, tant mieux pour Kevin… et le public français, toujours nombreux à Palexpo, enceinte édifiée à la frontière entre la Suisse et la commune de Ferney, si chère à un certain Voltaire! Notons que le Brésilien n’est pas le premier cavalier étourdi en la matière. Parmi d’autres cas, l’Américain McLain Ward avait été privé de Top Ten pour les mêmes raisons il y a quelques années.

En revanche, il faudrait une indésirable hécatombe pour imaginer que deux Français prennent part à l’épreuve. En effet, Julien Épaillard est descendu de la douze à la quatorzième place. Il a eu beau conserver son titre dans le Grand Prix CSI 4* de Saint-Lô, Billabong du Roumois ayant succédé à Queeletta, et continuer à enchaîner les Marseillaise à 1,45m et 1,50m, il lui manque des victoires ou excellents classements à 1,55m et 1,60m pour s’installer dans le top dix. Nicolas Delmotte, Olivier Robert et Simon Delestre se suivent aux rangs vingt-deux, trois et quatre. En baisse de quelques places, Edward Levy et Pénélope Leprevost, installés tous deux dans le même village de Lécaude, dans le Calvados, figurent toujours dans le top cinquante, tandis que Mathieu Billot et Grégory Cottard se maintiennent dans le top cent.

Le classement complet