“Levis et sa mère Héroïne ont beaucoup de points communs”, Ioli Mytilineou

Mardi, la Grecque Ioli Mytilineou a annoncé avoir fait l’acquisition d’Héroïne de Muze, la propre mère de son sensationnel Levis de Muze. Avec cette arrivée au sein de l’Olive Tree Farm, en Belgique, la jeune Grecque espère bien connaître de belles heures sportives, mais aussi accroitre le nombre déjà significatif d’excellents produits de cette généreuse jument de quatorze ans.



Dans la famille “de Muze”, Ioli Mytilineou possédait déjà le fils, Levis de Muze (BWP, Elvis Ter Putte x Tinka’s Boy), qui a crevé l’écran aux championnats d’Europe Longines de Riesenbeck en septembre. Au jeu des sept familles, la Grecque dont GRANDPRIX a brossé le portrait dans le dernier numéro du magazine, mais aussi iciet , a récemment demandé la mère, Héroïne de Muze  (BWP, Tinka’s Boy x For Pleasure) à celui qui était jusqu’alors son cavalier, le Japonais Taizo Sugitani. “Je crois que c’était il y a plus d’un an, peut-être un an et demi. J’ai parlé d’Héroïne à Taizo, car dès que notre étalon a commencé à sauter aussi bien, il était évidemment intéressant de se renseigner sur ses origines. Ma maman connaît Taizo depuis des années, c’est grâce à elle que je l’ai connu. Lorsque nous avons réalisé qu’il montait la mère de Porky (le surnom de Levis, ndlr) et qu’elle était plutôt bonne sportivement parlant, nous lui avons dit que si un jour elle était à vendre, nous serions ravis d’en faire l’acquisition”, éclaire la volubile jeune femme. “L’idée est que je concoure avec elle autant qu’elle le pourra, car elle a déjà quatorze ans. Par la suite, nous aimerions l’utiliser à l’élevage, même si je ne suis pas éleveuse à proprement parler. Ce n’est pas mon activité première mais nous aimerions essayer de trouver de bons étalons qui lui conviennent. En tant que cavalière, ce serait super de monter à l’avenir des chevaux que j’ai moi-même fait naître. Mon seul regret est que je ne peux évidemment pas la faire reproduire avec mon étalon (rires) !”, poursuit-elle. 

Héroïne de Muze est déjà arrivée à l’Olive Tree Farm et il n’a suffi que d’une fois pour que Ioli Mytilineou tombe sous le charme de la mère de son protégé. “Je suis allée la voir pour la première fois pendant le CHIO d’Aix-la-Chapelle. J’ai simplement sauté un parcours à 1,30m, mais lorsque j’essaie un cheval, je cherche un ressenti particulier. Je pense que si l’on fait sauter très haut à un cheval à l’essai, c’est parce que la confiance en ses moyens n’est pas là. Je voulais simplement m’assurer qu’elle pouvait me convenir et que nous pourrions nous entendre afin de réaliser quelques bonnes choses. Je ne l’ai donc essayée qu’une fois et elle a vu un vétérinaire spécialiste du sport ainsi qu’un spécialiste de la reproduction, afin de tout vérifier. Bien sûr, rien n’est garanti car elle a eu son dernier poulain avant ses cinq ans, il y a déjà neuf ans. Nous avons donc vérifié autant de choses que possible. J’espère qu’elle donnera de bons produits mais elle l’a déjà fait par le passé”, ajoute la cavalière, qui renforce ainsi son piquet resserré.  


Heroïne de Muze et Taizo Sugittani aux Jeux asiatiques de Pattaya, où ils ont décroché l'or. © Yong Tek Lim/FEI

 

 



“J’ai été très agréablement surprise des sensations en selle”

Bien sûr, Levis de Muze n’est pas issu du hasard et a hérité de quelques qualités de sa mère. “Ils ont beaucoup de points communs à vrai dire ! Héroïne et Levis sont bâtis un peu de la même façon, même si ce dernier est un peu plus massif car il est étalon. Lorsque je saute avec elle, j’ai le sentiment que son cerveau fonctionne de la même façon que celui de Levis. Tous deux jaugent l’obstacle à mesure qu’ils l’approchent. Comme avec Levis, j’ai presque l’impression d’entendre les rouages de son cerveau fonctionner. J’ai été très agréablement surprise des sensations en selle. J’étais sûre qu’elle était une bonne jument, mais je pensais que pour un cheval de cet âge, elle serait plus « normale ». Elle donne le sentiment d’avoir un cœur énorme, a envie de sauter et adore ça. J’espère qu’elle et moi formerons un bon couple !”, s’enthousiasme Ioli.

Les deux nouvelles complices ne concourront pas ensemble tout de suite et il faudra attendre qu’elles traversent l’Atlantique pour les voir évoluer ensemble en compétition.  

“Il ne me reste que quelques concours en Europe avant que je ne m’envole pour Wellington. J’irai à Stockholm la semaine prochaine puis à Genève dans trois semaines, ce qui me réjouit ! Je vais donc seulement apprendre à connaître Héroïne à la maison, puis elle viendra avec moi en Floride, où nous débuterons les concours ensemble. Je vais sélectionner avec attention les compétitions qu’elle courra car je ne veux pas qu’elle en fasse de trop étant donné qu’elle aura quinze ans dans deux mois. Il n’est pas question de la pousser”, détaille la Grecque 

Concernant ses autres chevaux, dont bien sûr Levis de Muze et le très attendu L’Artiste de Toxandra (BWP, Toulon x Kashmir van Schuttershof), l’amazone ne manque pas de motifs de satisfaction compte tenu notamment de leur comportement dans leur tout premier CSI 5*-W couru en indoor à Vérone au début du mois. “Mes autres chevaux vont vraiment très bien. Mon hongre L’Artiste n’avait jusqu’alors couru que deux Grands Prix CSI 3*, dans lesquels il a été excellent. Il n’avait jamais pris part à un CSI 4* et encore moins un 5*. Lorsque je suis arrivée à Vérone, qui est une étape de la Coupe du monde, j’ai vu une énorme différence avec les autres concours. Il y a énormément de bruit, de public, de lumières. Les chevaux ne peuvent pas réellement s’y reposer pleinement. Il s’agissait donc d’une expérience tout à fait nouvelle pour mes deux chevaux. Avant d’entrer en piste avec L’Artiste, j’ai senti son cœur battre si fort que je me suis dit « Oula, ça va mal se passer… ». Finalement, une fois en piste, il s’est concentré sur ce qu’il avait à faire et a réussi un extraordinaire sans-faute dans l’épreuve à barrage du samedi. C’est très satisfaisant pour moi de réussir dans de telles épreuves avec plus qu’un seul cheval, je suis très heureuse de voir que j’en suis capable. L’Artiste et Levis sont tous deux des chevaux exceptionnels mais vraiment très différents. Je suis super fière d’eux ! Levis a également été génial dans la Coupe du monde, il n’a touché que très légèrement une seule barre, qui est tombée. Cet indoor était vraiment différent d’une immense piste en herbe telle que celle de Riesenbeck, notamment en ce qui concerne le paddock, bien plus petit et bordé de beaucoup de public. C’était une super expérience !”, conclut Ioli Mytilineou.