“J’ai le sentiment que la Suède est très en avance au sujet du bien-être animal”, Malin Baryard-Johnsson

Malin Baryard-Johnsson profite du Mediterranean Equestrian Tour d’Oliva, pour former la relève de sa formidable H&M Indiana, avec qui elle a notamment décroché l’or olympique par équipes l’été passé à Tokyo. Au bord de la piste Oliva Nova, l’icône suédoise de quarante-six ans a accepté de répondre aux questions de GRANDPRIX avec la mesure qui la caractérise. Elle livre ses objectifs, évoque ses nouvelles recrues, revient sur l’année 2021 riche en succès ou encore sur la place de l’équitation en Suède. 



H&M Reventon est l'un des grands espoirs de la Suédoise.

H&M Reventon est l'un des grands espoirs de la Suédoise.

© Scoopdyga

Avec quelles ambitions êtes-vous venue à Oliva ? 

J’ai envie de faire progresser mes chevaux d’avenir vers le haut niveau, d’apprendre à les connaître en les faisant sauter de nombreux parcours et en les préparant physiquement. Le Mediterranean Equestrian Tour (MET) est le lieu idéal pour cela ! Indiana n’est pas là (H&M Indiana, BWP, Kashmir van Schuttershof x Animo’s Hallo, sa jument de tête avec laquelle elle a décroché l’or par équipes aux Jeux olympiques de Tokyo, ndlr) car elle n’a pas vraiment besoin d’expérience. Elle ne saute donc pas ces temps-ci, mais je continue à la travailler, sinon elle deviendrait intenable. 

Quels chevaux avez-vous amené ici à Oliva ? 

Je suis venue avec Chacco Dia (BWP, Diarado x Chacco Blue), Harley Davidson (SWB, Hip Hop x Calypso III), un cheval que je monte depuis peu et qui est vraiment chouette, mais aussi une jument de neuf ans très prometteuse, H&M Reventon (HANN, Chacco Blue x Rabino), ainsi que deux excellents chevaux de sept ans, Chique Choque vd Lentamel Z (ZANG, Cicero Z x Limbo) et Pocahontas 96 (HANN, Perigueux x Escudo I). J’espère qu’ils pourront épauler Indiana à l’avenir. 

Pouvez-vous en dire davantage au sujet d’Harley Davidson ?

Je le monte depuis novembre, mais il avait déjà couru quelques belles épreuves avec sa cavalière précédente (la Suédise Helena Persson, avec qui il a notamment signé deux parcours à quatre points dans la Coupe des nations du CSIO 3* de Drammen en août, ndlr). C’est un super cheval et je suis très heureuse d’être avec lui ici car cela nous permet d’enchaîner les parcours et d’apprendre à nous connaître (le couple a écopé d’une faute dans le Grand Prix CSI 3* d’Oliva dimanche passé, ndlr). Nous pouvons ainsi affiner quelques réglages, ce qui est parfait. 

Quel regard portez-vous sur l’évolution de H&M Chacco Dia, emmenée à haut niveau par la Tchèque Emma Augier de Moussac, montée un temps par votre compatriote Peder Fredricson et que vous avez récupéré début 2021 ? Elle semble particulièrement délicate…

En un an, nous avons principalement connu des hauts, mais aussi parfois des bas. Elle évolue plutôt bien, mais elle est en effet très sensible. 

Quels sont vos objectifs pour 2022 ?

Il y a notamment les championnats du monde cette année (prévus du 6 au 14 août à Herning, au Danemark, ndlr). Nous espérons pouvoir y présenter la même équipe et nous avons pour sûr de bonnes chances pour cette échéance. Il s’agit de mon but principal cette saison. 



“Pour Henrik, Peder et moi, 2021 restera une année inoubliable”

Malin Baryard-Johnsson a partagé la plus haute marche du podium des Jeux olympiques de Tokyo avec Henrik von Eckermann et Peder Fredricson.

Malin Baryard-Johnsson a partagé la plus haute marche du podium des Jeux olympiques de Tokyo avec Henrik von Eckermann et Peder Fredricson.

© Arnd Bronkhorst/FEI

2021 a été une année marquante pour vous, puisque vous avez notamment décroché l’or par équipes aux Jeux olympiques de Tokyo. Que retenez-vous des douze derniers mois ? 

Bien sûr, pour Henrik (von Eckermann, ndlr), Peder et moi, 2021 sera pour toujours une année inoubliable. L’or olympique par équipes restera l’un des points culminants de nos carrières respectives. Je crois que la plupart des sportifs rêvent de cela et le fait d’avoir décroché cette médaille avec ces coéquipiers, aux côtés desquels j’évolue depuis si longtemps, est très agréable. Nous avons tous trois connu des saisons fantastiques, c’est super (l’amazone a notamment remporté l’un des Grands Prix du Longines Global Champions Tour de Rome, le 11 septembre avec H&M Indiana, ndlr).

Il y a quelques jours, vous et vos coéquipiers avez été récompensés par deux prix en Suède. Comment était-ce ? 

Nous avons en effet été récompensés lors d’un gala. Nous y avons reçu les deux prix les plus prestigieux de Suède, à savoir le prix du jury et le prix du public (nommé prix Jerring, ndlr) ce qui est vraiment spécial. Il s’agit d’un grand accomplissement et d’une belle reconnaissance pour le saut d’obstacles. 

Quel est votre avis sur le nouveau format olympique à trois cavaliers et avec l’épreuve par équipes après la finale individuelle ? Contrairement à beaucoup de cavaliers de nations majeures, certains de vos compatriotes dont Peder Fredricson et votre chef d’équipe Henrik Ankarcrona y sont plutôt favorables. 

Je suis un peu partagée. Je pense qu’au regard de la tournure des choses l’an passé, c’était bien sûr super pour nous. Je crois que pour une audience nouvelle et le grand public, c’est plus intéressant car les choses sont beaucoup plus simples à comprendre. Je pense que nous devrions peut-être rehausser les exigences concernant le système de qualification. Je crois aussi qu’il devrait par exemple il y avoir un nombre de pénalités maximum de seize points avant d’être éliminé (ce à quoi croit également Peder Fredricson, qui l’a évoqué dans le prochain numéro du magazine GRANDPRIX, à paraître dans quelques jours, ndlr)

Le saut d’obstacles a-t-il encore gagné en popularité en Suède ? 

Oui, c’est un sport très plébiscité. Il l’a toujours été, mais il l’est désormais bien au-delà des équitants. Beaucoup de gens en Suède sont cavaliers ou s’intéressent à l’équitation, mais nous sommes allés au-delà de ce public. 

Les suédois semblent très concernés par le bien-être animal… 

Oui, c’est vraiment super pour le sport. J’ai le sentiment que nous sommes très en avance à ce sujet. Nous avons d’excellents modèles, il suffit de regarder les Jeux olympiques où nous avons vu du grand sport. Pour que nos chevaux soient dans une forme optimale, il est indispensable qu’ils se sentent aussi bien que possible mentalement. Il faut que nous prenions soin d’eux avec beaucoup d’attention et que nous apprenions aux générations futures à le faire. D’autant plus qu’un cheval bien soigné aura une longévité plus importante. 

Aujourd'hui âgée de quatorze ans, H&M Indiana a mené Malin Baryard-Johnsson vers l'un des plus grands succès de sa carrière à Tokyo.

Aujourd'hui âgée de quatorze ans, H&M Indiana a mené Malin Baryard-Johnsson vers l'un des plus grands succès de sa carrière à Tokyo.

© Arnd Bronkhorst/FEI