Amaury Choplain, un complétiste ambitieux et tout terrain

En septembre dernier, avec son fidèle Berlioz d’Ile, Amaury Choplain franchissait une étape supplémentaire dans sa carrière en participant à son premier CCI 4*-L, à Lignières. Une corde supplémentaire à l’arc déjà bien fourni de ce complétiste trentenaire passionné, qui jongle entre son statut de cavalier de haut niveau, de coach, d’organisateur de concours et de dirigeant d’entreprise.



Aujourd’hui âgé de trente-quatre ans, Amaury Choplain a débuté son parcours aux côtés des chevaux à quatre ans, au centre équestre Les Césardières, à Saint-Yon et a poursuivi son épopée au centre équestre de la Licorne, au Val-Saint-Germain, chez Jean-François Laurent, deux structures situées dans le département de l’Essonne. L’alchimie avec le milieu s’opère très rapidement et l’évidence est là: toute sa vie tournera autour des chevaux.
“J’ai toujours su que je voulais exercer un métier en lien avec les chevaux, c’est donc dans cette optique que j’ai orienté mes études en ce sens en passant un Bac Pro CGEA (conduite et gestion de l’entreprise agricole, ndlr). Je ne me voyais pas faire autre chose.”, confie Amaury Choplain. Après ses études, sa route croise rapidement celle d’Aurélie Durand, sa compagne depuis seize ans et la mère de leurs deux enfants. Ensemble, ils se lancent le défi fou de lancer la construction de leur écurie. “Mon objectif de vie a toujours été de développer mon écurie pour avoir une base solide sur laquelle m’appuyer en tant que compétiteur. Mon activité principale est d’être gérant d’une écurie de propriétaires, je ne suis cavalier de concours complet que dans un second temps”, précise l’Essonnien. 



“Je sais exactement quels chevaux faire naître pour Amaury”, Aurélie Durand

Au prix de nombreux sacrifices, l’écurie d'Aury ouvre ses portes en 2011. Le système de l’entreprise est basé sur la complémentarité de ses acteurs et la diversité de leurs activités. La source principale de revenus de la structure repose sur les pensions mais s’appuie aussi sur la valorisation, le coaching, l’élevage et depuis peu sur l’organisation de compétitions Clubs et Amateurs à domicile. “Tout le monde travaille ensemble avec des tâches bien définies, ce qui permet d’avoir une bonne dynamique dans une ambiance sympathique. Le fait d’être deux à gérer la structure et de pouvoir compter l’un sur l’autre est une réelle force”, déclare Amaury Choplain.
La connivence du couple prend également tout son sens pour la partie élevage, dont Aurélie tient seule les rênes. Si au départ cette activité annexe était un loisir pour la cavalière et gérante, elle est rapidement devenue un moyen de créer des ponts entre les différentes casquettes de son conjoint. “Après toutes ces années de vie commune, je connais Amaury par cœur. Je le vois à cheval tous les jours alors je sais exactement quels chevaux il aime et lesquels il a envie de monter. Aujourd’hui, je fais surtout naître des chevaux pour lui.”, explique Aurélie. 

Amaury Choplain et sa compagne Aurélie Durand

Amaury Choplain et sa compagne Aurélie Durand

© PSV



“Le complet est une discipline très formatrice car sa pratique demande plus d’une qualité”, Amaury Choplain

Dès son plus jeune âge, et en parallèle de ses ambitions entrepreneuriales, le Dourdannais s’est également accompli sur le plan sportif en tant que cavalier de complet. “Le CCE me plaît beaucoup car sa pratique demande différentes qualités, tant au cavalier qu’à son cheval, compte-tenu du fait qu’il est nécessaire d’exceller dans trois disciplines. Tout le travail en amont est très formateur pour le couple”, déclare Amaury Choplain. Sélectionné en équipe de France pour participer aux championnats d’Europe Juniors à Saumur en 2005 avec Flaganum du Boulou (AA, Veganum x Fast), le jeune homme alors âgé de dix-sept ans a depuis poursuivi son ascension en concourant la saison passée, et pour la première fois de sa carrière, un CCI 4*-L avec Berlioz d’Ile (AA, Querdolan Vitarel x Prince du Logis) à Lignières.
Même si la route du complétiste semblait toute tracée, elle n’en a pas moins été semée de difficultés, dont la principale et plus marquante, a été son abandon pour sa première participation au Mondial du Lion d’Angers, en 2018, en raison d’une blessure de sa jument Beaune d’Epte (AA, Quack x Grand d’Escla). Un mauvais souvenir rapidement chassé l’année suivante, car le couple a pris sa revanche en s’adjugeant le titre de champion de France à Pompadour dans la catégorie Pro 2. Un moment fort que le cavalier a partagé avec sa compagne, qui le groom à chaque concours. “Plus que la performance sportive à l’instant T, c’est toute la symbolique du retour de la jument qui a été très marquante. Quand Beaune s’est blessée sur le cross, tout s’est effondré. Il nous a été très difficile de la voir ainsi et il a fallu beaucoup de temps pour la soigner. À son retour de soins, elle devait partir à l’élevage mais la jument nous a fait comprendre qu’elle n’était pas encore prête à tirer sa révérence. Son retour à la compétition était complètement inespéré alors sa victoire avec Amaury nous a tous beaucoup touchés, d’autant plus qu’elle signait son premier sans-faute à l’hippique ! (rires)”, confie Aurélie au sujet de la jument arrivée à l’écurie d'Aury à quatre ans. 

Amaury Choplain et Berlioz d'Ile

Amaury Choplain et Berlioz d'Ile

© Pauline Chevalier



“Les prochains Jeux olympiques ne sont pas un objectif. Mais qui sait ?”, Amaury Choplain

Travailleur et obstiné, le cavalier Tricolore sait qu’il peut compter sur un solide piquet de chevaux pour espérer participer à nouveau à un championnat et recourir en équipe de France. Pour être au niveau, le cavalier s’entraîne régulièrement à Saumur au Pôle France. “Amaury est un cavalier motivé, appliqué et constant. Les stages dispensés à Saumur nous permettent de voir dans quelle forme sont les chevaux et d’accompagner au mieux les couples dans leur progression”, explique Jean-Pierre Blanco, entraîneur adjoint de l’équipe de France pour le dressage. Entre ses entraînements, sa participation au cross indoor de Saumur et l’organisation de concours dans ses écuries, l’année 2022 a débuté sur les chapeaux de roues pour Amaury Choplain, qui tire un bilan positif de sa saison passée. “Ce fut une bonne saison avec mes chevaux de tête, à l’image de ma participation en fin d’année au CCI 4*-L de Lignières avec Berlioz, un cheval un peu tardif en pleine construction. De son côté, Beaune m’offre un classement en CCI 4* et de bons résultats en Pro 1, et Doisy, qui assurera sûrement la relève de sa propre sœur Beaune, a également exprimé tout son talent avec plusieurs classements en 3* dont une deuxième place au CCI 3* du Pouget. Pour la suite, je souhaite que ma cavalerie continue sur cette belle lancée et se renforce avec l’arrivée de jeunes chevaux de six ans très prometteurs à l’instar de Lola ou Gin Tonic. À plus long terme, et très honnêtement, je ne vise pas Paris 2024 car je ne pense pas avoir la cavalerie pour. Mais qui sait?”, conclut-il.
Fort d’une vie professionnelle riche et construite en famille, Amaury Choplain compte bien poursuivre sur sa lancée en relevant chaque défi qui l’attend avec travail et rigueur. 

Amaury Choplain et Beaune d'Epte

Amaury Choplain et Beaune d'Epte

© PSV