À Lons-le-Saunier, la Brabançonne a eu raison de la Marseillaise sur les hauteurs de Montciel

Après un tour initial délicat, qui a eu raison de plusieurs têtes d’affiche au départ du Grand Prix CSI 3* de Lons-le-Saunier, seuls cinq couples ont réussi à se qualifier pour le barrage. Le Belge José Thiry l’a emporté face à une forte délégation française, en selle sur le bon fils de Vivaldi du Seigneur, Jalisco W van de Wolvenhoek.



Trente-huit couples ont pris le départ du Grand Prix CSI 3* de Lons-le-Saunier, et rapidement, le ton a été donné. Le parcours concocté par Jean-François Gourdin – pour qui la piste de Montciel n’a plus aucun secret – s’est avéré sérieux, subtil et délicat. Le tout, dans un temps imparti serré. Les lignes du vertical 7 à l’oxer sur bidet 8, à couvrir en six ou sept foulées, et des barres de Spa en 10 suivie à cinq foulées courtes du vertical 11, ont été particulièrement fautives. Certaines têtes d’affiche ont été privées de barrage, à l’instar de Pierre-Alain Mortier, auteur d’un tour bien maîtrisé sur une Cyclade du Barbin (SF, Nabab de Rêve x Vas y donc Longane) réactive et bondissante. Hélas, le second élément du double de verticaux placé en 13, accompagné de dépassement de temps, leur a été fatal. Mégane Moissonnier est elle aussi passée près du sans-faute. Malheureusement, Baladin des Matis (SF, Padock du Plessis x Trésor de Cheux) a laissé à terre la palanque de l’oxer 12. Une barre sur le 3 a privé Julien Gonin et sa puissante Valou du Lys (SF, Calvaro Z x Galoubet A) de barrage, mais son sens du tracé lui a offert une bonne huitième place et le titre de meilleur cavalier du concours quelques jours avant le départ du couple pour le CSIO 5* de Sopot. 

Avec quatre victoires à son actif sur l’ensemble de la compétition, l’homme en forme, Alexandre Fontanelle, n’est toutefois pas parvenu à sortir sans faute avec Cartouche van de Cumel (Z, Contador x Orioso van de Cumul), écopant de huit points. Lalie Saclier et Uitlanders du Ter (SF, Clinton x Hurlevent), l’ancien partenaire de Benoît Cernin, ont continué à prendre leurs marques ensemble. Au terme d’un tour propre et sans faute aux obstacles, un point de temps leur a coûté une place au barrage. Le couple termine toutefois à une belle sixième place. Score identique pour Constant van Passchen, lauréat de l’édition 2015 avec Diamanthina van’t Ruytershof (BWP, Diamant de Semilly x Carthago). En totale maîtrise de Zahara 5 (DSP, Balou du Rouet x Zenturio), le Belge s’est finalement placé septième.



“Cette édition est une réussite à plus d’un titre”, Maurice Gallet

Cinq couples ont donc réussi un premier parcours parfait. En selle sur son imposant Jalisco W van de Wolvenhoek (BWP, Vivaldi du Seigneur x Sheyenne de Baugy), José Thiry a ouvert la voie, avant d’être imité par Paul Delforge et son fidèle produit maison, Britney du Banney (SF, Marius Claudius x Elcosto du Banney). Geoffroy Bouret s’est également qualifié en selle sur Sunshine de Roy (SF, Tinka’s Boy x Galoubet A), tout comme Mathieu Laveau et Ulysse Condéen (SF, L’Arc de Triomphe x Vondéen). Derniers à partir, Nicolas Deseuzes et sa fidèle Stella de Preuilly (SF, Baloubet du Rouet x Apache d’Adriers) se sont également invités au barrage.

Premier à prendre le départ du parcours réduit, José Thiry a demandé le maximum à Jalisco. Le ton a été donné avec un tour précis, rapide et sans faute. Pour gagner, il a donc fallu tout tenter. Parti dans un bon train avec sa toute bonne Britney, Paul Delforge a commis une première faute, puis une seconde, plus forte, détruisant l’oxer 12. Sagement, le cavalier a signifié son abandon au jury. Geoffrey Bouret a quant à lui sollicité Sunshine de Roy, qui a répondu présente. Sans faute, mais pas assez rapide pour inquiéter José Thiry. Mathieu Laveau et Ulysse ont également tenté leur chance, mais une faute les a provisoirement classés troisièmes. Bien décidé à ne pas jouer les figurants, Nicolas Deseuzes a été le dernier à tenter sa chance. 36“50 contre 36“98 contre le Belge, le temps a été meilleur, mais deux fautes ont relégué le Haut-Savoyard en quatrième position. Finalement lauréat, José Thiry n’a pas caché sa joie d’avoir imposé Jalisco pour la première fois en CSI 3*. 

Créée en 1983, la Société lédonienne de concours hippique, association de loi 1901, a traversé sa trente et unième édition avec une certaine émotion. Véritable événement populaire, dont le but est de promouvoir le jumping international et offrir au public un spectacle de qualité, la SLCH avait dû annuler consécutivement ses deux dernières éditions, à cause de la pandémie de Covid. “Cette édition est une réussite à plus d’un titre”, s’est réjoui Maurice Gallet, président du concours. “D’abord, le temps était de la partie. Les deux journées très chaudes de vendredi et samedi et les imposants nuages de ce dimanche après-midi ont laissé à craindre de violents orages, qui n’ont finalement donné lieu qu’à quelques gouttes à mi-épreuve. “Nous avons connu par le passé des conditions météos catastrophiques. À l’époque, le terrain était en herbe et nous avions dû annuler certaines épreuves, la mort dans l’âme. Depuis 2017 et le passage de la piste en sable, nous avouons être plus sereins car cela permet aux cavaliers et chevaux de concourir dans les meilleures conditions possibles”, ajoute l’organisateur. “De plus, comme à son habitude, le Grand Prix s’est couru devant un public de connaisseurs mais aussi de néophytes, venus en masse. L’âme de notre concours, c’est cela. Nous sommes une équipe de bénévoles, réunis par passion pour cet évènement. Nous tenons à conserver nos valeurs.  C’est ce qui nous motive depuis trente-neuf ans et c’est ce qui donne son âme à ce concours”, a-t-il complété. 

Les résultats

Toutes les parcours du Jumping international de Lons-le-Saunier sont à revoir sur GRANDPRIX.tv