Le président du CIO salue le travail de la FEI “pour assurer l’avenir” du complet

En visite aujourd’hui à Pratoni del Vivaro, temple romain du concours complet, le président du Comité international olympique, l’Allemand Thomas Bach, a exprimé son “appréciation du site emblématique des championnats du monde”, héritage des Jeux olympiques de 1960, selon les termes choisis par la Fédération équestre internationale (FEI) dans son communiqué paru ce soir. Cela suffira-t-il à maintenir la discipline au programme olympique en 2028 et 2032?



Accompagné du Belge Ingmar de Vos, président de la FEI et membre du CIO, de Sabrina Ibáñez, secrétaire générale de la FEI, de l’Américain David O’Connor, médaillé d’or aux Jeux olympiques de Sydney en 2000 et président du comité de concours complet de la FEI, et de Marco di Paola, président de la Fédération équestre italienne, Thomas Bach a eu l’occasion de visiter le site de Pratoni del Vivaro, d’assister au cross des Mondiaux et de rencontrer certains des meilleurs cavaliers. “Ces installations sont incroyables à voir et c’est un plaisir de faire l’expérience d’un véritable héritage olympique et d’une réussite en matière de durabilité”, a déclaré le président du CIO au sujet du site ayant accueilli le complet des JO de 1960, puis celui des Jeux équestres mondiaux de 1998 ou encore les championnats d’Europe Seniors de 1995 et 2007. “Je suis très impressionné par les nombreuses mesures prises par la FEI pour préserver le bien-être et la santé des chevaux, et je suis satisfait de tout ce qu’elle fait pour assurer l’avenir de ce sport.” Faut-il comprendre que le cross d’hier a convaincu l’Allemand de conserver le complet aux JO de 2028 à Los Angeles, puis à ceux de 2032 à Brisbane? Bien que les États-Unis et l’Australie soient deux nations majeures de la discipline, rien n’est gagné d’avance.

Dans le centre sportif équestre de Rocca di Papa, situé au cœur du magnifique Parco dei Castelli Romani, le parcours de cross conçu par l’Italien Giuseppe della Chiesa, directeur de l'événement, comportait des obstacles ayant déjà été utilisées lors des JO de Rome, il y a soixante-deux ans. Ce bel exemple de durabilité n’enlève rien aux critiques de nombreux cavaliers quant au tracé et à la configuration de l’exercice du jour. Interrogé à ce sujet en conférence de presse, l’ancien président du comité de complet n’a guère répondu aux questions et critiques de champions de la trempe de l’Allemand Michael Jung, en lice pour un deuxième titre mondial après celui qu’il avait décroché en 2010 à Lexington. Il semblerait que le choix de ne faire galoper les chevaux que sur une partie de l’immense et sublime domaine italien soit en grande partie lié aux coûts de production audiovisuelle et de transmission des flux d’images. Les coûts d’organisation du complet, encore et toujours. Les mêmes coûts qui font craindre une sortie de la discipline du programme olympique, même si les arguments liés à la sécurités des athlètes, humains et équins, pèsent au moins aussi lourd…



Mixité, “intergénérationnalité” et universalité

Le concours complet est une discipline olympique depuis 1912, et les championnats du monde de Pratoni del Vivaro offrent une première possibilité de se qualifier pour les JO de Paris 2024 aux sept meilleures équipes. Plus de 22.000 spectateurs auraient assisté à la journée de cross-country qui a vu l’Allemagne, les États-Unis et la Grande-Bretagne prendre la tête du classement par équipes avant l’hippique de demain. “Nous sommes très heureux que le président Bach ait pu nous rejoindre ici à Pratoni pour assister à ce que le concours complet a de mieux à offrir”, a déclaré Ingmar de Vos. “La discipline a grandi et évolué au fil des ans, comme en témoigne le niveau incroyablement élevé de l’esprit sportif lors de ces championnats du monde. Ce qui est resté, cependant, c’est la nature très soudée de la communauté du complet et le respect des bonnes pratiques équestres. Il s’agit véritablement d’un sport où l’accent est mis sur les capacités et l’expertise, plutôt que sur le sexe. Les femmes ont participé aux côtés des hommes à tous les Mondiaux FEI de complet depuis 1966 (en saut d’obstacles, il a fallu attendre 1978, ndlr) et je sais que l’atmosphère extraordinaire qui règne ici à Pratoni n’a fait qu’encourager nos athlètes à donner le meilleur d’eux-mêmes et de leurs chevaux.”

Ces Mondiaux mettent également en lumière la dynamique intergénérationnelle de ce sport. À vingt-deux ans, la Suissesse Nadja Minder, le Belge Jarno Verwimp et l’Allemande Alina Dibowski se mesurent au vétéran australien Andrew Hoy qui, à soixante-cinq ans, est le plus âgé des concurrents à Pratoni. Alors que treize anciens médaillés olympiques sont en lice, des cavaliers de Lituanie et de Thaïlande, nation entraînée par le Français Maxime Livio, célèbrent la toute première participation de leur pays à la compétition. Autant d’arguments plaidant en faveur de l’avenir olympique du complet. Au-delà des mots, polis et bien choisis, espérons que Thomas Bach, en poste jusqu’à 2025, aura vraiment apprécié son après-midi romaine, et qu’il joindra les gestes à la parole.