Une Allemagne rajeunie s’impose sur le fil devant la France à Rabat

Le CSIO 4*-W de Rabat s’est achevé sur la victoire de l’Allemagne dans la Coupe des nations, ce soir au Maroc. Avec un jeune quatuor mené par David Will, la Mannschaft s’est imposée devant la France, qui a cédé sur le dernier obstacle, effleuré un poil trop fort par Simon Delestre et Tinka’s Hero. La Suisse a complété le podium.



Une fois encore, Grégory Bodo a excellé cet après-midi à Rabat, où l’Officiel du Maroc de saut d’obstacles s’est achevé sur une victoire allemande dans la Coupe des nations. Il a excellé parce qu’il a su proposer un parcours digne de cette épreuve reine, dont le succès est définitivement mondial. À une autre échelle au regard du nombre de spectateurs, le public a été saisi par les mêmes émotions – joies, peines, surprises, incompréhensions – que celles que l’on ressent à La Baule, Aix-la-Chapelle, Rome, Calgary, Abou Dabi et autrefois à Porto Alègre. Profitant aussi d’un parc d’obstacles d’une originalité rare, le chef de piste français a su les faire émerger grâce à un tracé technique et délicat et à une dernière ligne exigeante, composée d’un triple oxer-vertical-vertical suivi d’un épais oxer sur bidet. Rien de tel pour faire gamberger les cavaliers, parmi lesquels on comptait nombre de bizuts en Coupes des nations, et nourrir le suspense. Cette réussite se confirme mathématiquement, avec quatorze sans-faute sur soixante-sept parcours, et deux doubles sans-faute. Chapeau!

Le suspense a tenu en haleine les Marocains et étrangers présents autour du vaste rectangle du complexe équestre de Dar Es Salam jusqu’au bout de cette épreuve par équipes, puisque la France, qui semblait fort bien partie pour gagner une nouvelle Coupe des nations cette année, et la première de la jeune histoire du CSIO 4* de Rabat, a baissé pavillon lorsque Simon Delestre et Tinka’s Hero, déjà fautifs en début de tour, ont un peu trop fortement effleuré l’oxer final. Le malheur, relatif, des Bleus, a fait le bonheur de l’Allemagne, lauréate de cette Coupe dès sa première participation, grâce notamment au double sans-faute de Sophie Hinners et Churchill 48, son étalon de dix ans par Cassito et une mère par Colman né dans le Bade-Wurtemberg et propriété des Chinois Zhang Fuying et Sun Chengzhi.



“Une sensation particulière”, Sophie Hinners

“Le chef de piste a réussi son travail. Sur les deux manches, les fautes se sont bien réparties. C’était très agréable à monter, mais c’était un parcours qu’il fallait bien préparer. Il s’agissait de bien calculer les distances car il y en avait une ou deux où il ne fallait particulièrement pas se tromper. C’était très technique et grâce à ce parcours, nous avons pu assister à du beau sport. C’est une sensation particulière et c’est vraiment formidable de gagner ici, surtout avec Churchill 48, dont c’était la première Coupe des nations. Il a débuté par un double sans-faute qui a beaucoup apporté à l’équipe. C’était tendu jusqu’au bout et la pièce est tombée du bon côté pour nous.” 

La première manche a écarté les deux nations ibériques, l’Espagne et le Portugal, alors que la France et les Pays-Bas se sont installés en tête avec quatre points au compteur, soit cinq d’avance sur l’Allemagne. En seconde manche, les Pays-Bas se sont doucement enfoncés dans le classement, et la victoire a fini par se résumer à un duel entre l’Allemagne et la France. L’écart de cinq points s’est maintenu jusqu’au bout après le sans-faute de David Will, effaçant le lourd tour à treize points de son peu expérimenté My Prins Van Dorperheide en première manche. Le dénouement de l’épreuve était donc entre les mains de Simon Delestre et Tinka’s Hero. Ils avaient droit à une faute, ils en ont commis deux. Même le Lorrain n’y croyait pas, lui qui a levé le poing victorieux une fois le dernier oxer franchi sans se rendre compte que la barre était en train de tomber. Et comme le veut l’adage, à la fin, c’est l’Allemagne qui gagne.

Et pourtant, après la première manche, cela n’avait rien d’évident. “Il ne faut jamais abandonner et toujours y croire”, s’est réjoui Dietmar Gugler, chef d’équipe d’une jour. “Nous étions troisièmes après la première manche et nous n’aurions jamais cru que nous pourrions battre les Français. À part le parcours de Sophie, les autres n’ont pas été très souverains au premier tour. Mais ce sont de super cavaliers, qui ont redressé la barre et démontré qu’il ne faut jamais rien lâcher. Ces cavaliers sont vraiment l’avenir de l’équipe allemande. Sophie, David, Nicola et René sont des gens formidables. Et quel concours! Nous avons vraiment pris beaucoup de plaisir ici et comptons bien revenir.”

Sophie Hinners et Churchill 48 ont merveilleusement servi la Mannschaft.

Sophie Hinners et Churchill 48 ont merveilleusement servi la Mannschaft.

© Stefano Grasso/MRT



La France doit sa deuxième place aux sans-faute de Charles-Henri Fermé et Simon Delestre en première manche, à celui d’Olivier Perreau et GL events Dorai d’Aiguilly dans la seconde, mais aussi aux deux bons parcours à quatre points de Jeanne Sadran et Dexter de Kerglenn, qui ont honoré leur première sélection en équipe de France Seniors. Au second acte, outre le score de Simon Delestre, la France a dû composer avec les seize points de Charles-Henri Fermé et Bellini Dufaure de L. Après un bon premier tour, celui-ci a semblé fatigué, mais il se serait surtout déréglé après avoir pris peur au paddock. La Suisse a fini troisième, juste devant le Maroc, les Pays-Bas, le Brésil et le Canada, qui a pourtant pu compter sur le double sans-faute de Sara Tindale et Elco van hof ter Naillen.

Dès jeudi prochain, la caravane du Morocco Royal Tour s’installe à El Jadida où se tient le Salon marocain du cheval, de retour lui aussi après deux années blanches.

Les résultats
Le parcours 

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