Les insubmersibles Henrik von Eckermann et King Edward décrochent la lune à Omaha

Il ne manquait presque que ce titre à leur collection déjà si fournie. Henrik von Eckermann et King Edward ont une fois de plus été sacrés, en remportant cette fois la finale de la Coupe du monde Longines d’Omaha. Ils devancent l’éternel deuxième Harrie Smolders sur Monaco et l’une des révélations de la compétition Hunter Holloway avec la géniale Pepita Con Spita. 



Le podium de la quarante-troisième édition de la finale de la Coupe du monde Longines de jumping.

Le podium de la quarante-troisième édition de la finale de la Coupe du monde Longines de jumping.

© Scoopdyga

Ces deux-là n’en finissent plus d’écrire l’histoire et plus aucun superlatif n’est assez fort pour définir leur suprématie… Champions olympiques par équipes à Tokyo en 2021, où King Edward a été le troisième cheval de l’histoire à ne concéder aucune faute, et doubles champions du monde à Herning en 2022, Henrik von Eckermann et son alezan se sont offert cette nuit un quatrième très grand titre en parvenant à s’imposer dans la finale de la Coupe du monde Longines d’Omaha. Indiscutablement, le Suédois de quarante et un ans et son bondissant alezan entrent encore un peu plus dans la légende des sports équestres.  

Après sa victoire dans l’étape de Bâle, quelques semaines avant le point d’orgue de la saison indoor, Henrik von Eckermann avait fait savoir que son formidable King Edward ne courrait pas les championnats d’Europe de Milan et que la finale de la Coupe du monde Longines était son objectif de saison. Une annonce qui a certainement mis la pression à la concurrence mais aussi aux champions du monde, annoncés partout grands favoris pour le titre. Après une entame idéale grâce à une pole position dans la Chasse, tous deux ont pourtant été en proie au doute lors du deuxième acte de cette finale, à l’occasion duquel une faute les a écartés du barrage. En fin de compte, cela n’a ajouté qu’un point à leur compteur global et a surtout économisé un parcours et des efforts au fils d’Edward 28. “Bien sûr, j’ai été déçu de ma faute dans la deuxième étape du championnat, mais quelque part, cela a épargné un parcours à mon cheval”, a relativisé le premier Suédois de l'histoire à s’imposer dans ce championnat

Avant que la finale en deux manches de cette nuit ne commence, le numéro un mondial figurait donc en troisième position du championnat, juste derrière le Suisse Pius Schwizer et le Danois Andreas Schou, crédités d’un score vierge avec Vancouver de Lanlore et Darc de Lux. En première manche, même le bondissant King Edward n’a pu éviter une faute sur le milieu du fautif triple. Le Suisse et son Selle Français ayant également fauté à une reprise dans le triple, l’écart est resté identique entre ces deux-là, tandis que le Danois a dévissé en concédant douze points. Lors de ce premier acte, seuls trois couples sur les trente au départ ont réussi un sans-faute. Lors du second, plus abordable, six duos, dont les champions du monde, ont réussi un parcours parfait, mettant la pression sur les ultimes prétendants à la victoire, dont Pius Schwizer et l’ancien partenaire de Pénélope Leprevost. Le sexagénaire de soixante printemps et son fils de Toulon ont poussé les obstacles 8 et 9 à terre, laissant filer la victoire et même le podium pour terminer à une rageante sixième place. Douche froide pour Pius, en quête d’un premier sacre après ses deux et troisième places en 2010 et 2012 sur Ulysse et Carlina. 

Henrik von Eckermann a finalement pu lever le poing pour célébrer sa énième victoire avec ce formidable hongre de treize ans. “C’est absolument incroyable, je ne peux pas décrire ce que je vis… […] Malgré la faute dans la première manche aujourd’hui, mon cheval a été fantastique, je savais que je pouvais lui faire confiance pour la seconde. Au paddock, il n’a fait que trois sauts et nous sommes entrés en piste. Pour me reconcentrer sur l’objectif, j’ai l’avantage de ne jamais regarder dans le rétroviseur, je n’ai que ma visée en tête et je ne la lâche pas. Aujourd’hui, tout le monde sait à quel point ce cheval est formidable. Je voulais absolument gagner cette finale et le fait d’y être parvenu me rend si heureux pour ce cheval, qui le mérite tant. Je m’étais fixé cet objectif depuis longtemps et le fait de l’avoir rempli me procure un sentiment incroyable”, s’est réjoui le trentenaire après son sacre. 

Ces trois dernières années, l’équipe de Cyor Stables n’en finit plus de participer aux remises des prix.

Ces trois dernières années, l’équipe de Cyor Stables n’en finit plus de participer aux remises des prix.

© Scoopdyga



Harrie Smolders, éternel deuxième

La jeune Hunter Holloway et sa formidable Pepita Con Spita se sont révélées de la plus belle des manières à Omaha.

La jeune Hunter Holloway et sa formidable Pepita Con Spita se sont révélées de la plus belle des manières à Omaha.

© Scoopdyga

Comme le soulignait l’équipe du CHI de Genève à l’aube du CHI de Bois-le-Duc, Harrie Smolders est un véritable “Poulidor”, selon l’expression rendant hommage au cycliste regretté Raymond Poulidor, éternel second. Déjà deuxième de cette même finale l’an passé à Leipzig sur le génial Monaco, le Néerlandais s’est à nouveau incliné avec le même cheval après avoir signé un remarquable sans-faute puis un parcours à quatre points à cause d’une imprécision de tracé à l’abord sur le n°9. Avec neuf points au total du championnat, les protégés de Jennifer Gates, l’héritière de Bill Gates, terminent à une barre de la tête. Bien sûr frustré, le Batave a relativisé en fin d’épreuve: “Terminer juste derrière Henrik et King Edward, ce n’est déjà pas si mal”

Après deux fautes en première manche, Hunter Holloway a rectifié le tir dans la seconde en signant un remarquable sans-faute sur la géniale Pepita Con Spita. Yuri Mansur a commis autant de fautes que la souriante Américaine avec Vitiki. Comptant chacun onze points, ils ont été départagés au chronomètre pour la troisième place. Ravissant pour la jeune femme, surprenante devant un public acquis à sa cause, un an après sa toute première finale. Rageant pour le Brésilien, si proche du podium avec son rescapé alezan.

En tête de la compétition hier, Andreas Schou a peut-être été submergé par la pression avec Darc de Lux, fautif à trois reprises avant de rectifier avec un sans-faute, ce qui lui permet de terminer cinquième. Même résultat pour le prodige allemand Richard Vogel et son tout aussi prodigieux United Touch S, finalement huitièmes de leur premier grand championnat, juste derrière Denis Lynch, unique cavalier à avoir réussi un double sans-faute sur le très atypique Brooklyn Heights. 

Harrie Smolders, à nouveau deuxième de cette finale avec Monaco.

Harrie Smolders, à nouveau deuxième de cette finale avec Monaco.

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Les Bleus dans le top vingt

À seize mois des Jeux olympiques de Paris, Kevin Staut et Julien Épaillard se sont qualifiés pour la seconde manche en signant tous deux des parcours à quatre points sur Visconti du Telman et Donatello d’Auge. À ce stade, la fille de Toulon a réussi son premier sans-faute de la compétition après plusieurs parcours rageants, permettant au cavalier de Pennedepie de remonter à la douzième place finale. “Je suis très content de Visconti. J’arrivais avec l’ambition de finir dans les cinq premiers. Je vois qu’il y a encore un peu de chemin à faire. La jument a progressé tout au long de cette semaine, ce qui est positif. C'est intéressant comme expérience pour bien gérer la préparation d’un championnat où il faut être constant toute la semaine en comparaison d’un Grand Prix qui n’est qu’une épreuve. Ici, elle a bien sauté toutes les épreuves, mais des petites erreurs par-ci par-là nous privent d’un très bon classement général. Je termine très satisfait de la manière dont elle a sauté cette finale en deux manches aujourd’hui, qui était assez difficile”, a analysé l’ancien numéro un mondial pour la Fédération française d’équitation (FFE). 

Pour l’actuel numéro deux mondial, le second parcours s’est conclu avec des fautes sur les obstacles 8b et le 10. “Pour cette finale, j’avais dans l’idée de donner de l'expérience à Donatello. J’espérais tout de même un meilleur résultat et finir dans les dix premiers, donc je suis déçu. En revanche, j’ai appris beaucoup sur mon cheval. Je pense qu’il a pris énormément de métier. Quant à moi, j’ai couru un championnat de plus. Il va falloir analyser toutes ces fautes. Il y a du manque d’expérience bien sûr, mais aussi quelques erreurs techniques. Nous allons rebondir et préparer l’avenir sur cette base-là. Nous avons appris beaucoup cette semaine, j’espère que cela nous servira pour la suite”, a conclu le cavalier du haras de la Bosquetterie.

Le classement final

Tous les parcours sont à retrouver sur Clipmyhorse.tv




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