L’Australie et la Chine décrochent leur ticket pour Paris 2024

Le week-end dernier, le CCIO 3*-L de Millstreet, en Irlande, a attribué deux qualifications par équipes pour les Jeux olympiques de Paris 2024 en concours complet. Dimanche, l’Australie et la Chine ont décroché leur place au détriment du Japon, qui raté le coche de quelques points seulement. Une première historique pour l’Empire du milieu, qui devra toutefois pouvoir présenter au moins trois couples ayant satisfait les minima individuels d’éligibilité.



Ce week-end, les complétistes australiens et chinois sont repartis d’Irlande avec le cœur léger. En effet, les cavaliers de ces deux nations ont réussi à décrocher un ticket collectif pour les Jeux olympiques de Paris 2024, grâce à leur performance au CCIO 3*-L de Millstreet. L’Australie a remporté cette qualificative olympique ouverte aux nations des groupes F et G, autrement dit d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Asie du Sud-Est et d’Océanie. Avec un score final de 100,8 points, cette grande nation du complet, qui avait échoué à se qualifier l’an passé aux Mondiaux de Pratoni del Vivaro, a devancé la Chine, deuxième avec 122,1 points. Crédité de 125,7 points, le Japon a fini à une troisième place synonyme de non-qualification.

Millstreet, grand village de 1.400 habitants situé dans le comté de Cork, a pris une importance toute particulière cette année en accueillant cinq nations candidates aux JO de Paris: l’Australie, la Chine, le Japon, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud. À ces équipes s’est ajoutée la présence de Noor Slaoui, cavalière marocaine de vingt-sept ans. Les Australiens n’ont pris aucun risque, alignant le trio médaillé d’argent de Tokyo composé d’Andrew Hoy, Shane Rose et Kevin McNab, habitué de Millstreet. Pour autant, c’est Shenae Lowings qui a porté ce week-end son pays vers la victoire en prenant la tête du classement individuel dès le début de la compétition. Terminant avec son score du dressage (24,9 points), cette cavalière encore méconnue de vingt-sept ans et Bold Venture, ancien cheval de course, ont réussi l’un des temps les plus rapides du cross. Ce couple talentueux avait honoré sa première sélection majeure l’an dernier aux championnats du monde de Pratoni del Vivaro, terminant à une honorable vingt-neuvième place. “Nous visions cette épreuve qualificative de longue date, alors avoir enfin obtenu cette place est formidable. Cela signifie que nous pouvons maintenant nous préparer pour Paris et peut-être espérer faire encore mieux qu’à Tokyo”, a partagé Shane Rose, médaillé d’argent par équipes en 2021, qui avait fait le voyage depuis l’Australie pour participer à l’effort national.

De son côté, la délégation chinoise s’est montrée plus que ravie de sa performance. Ses quatre équipiers n’ont pas démérité lors des tests de saut d’obstacles et de cross, face à une concurrence redoutable constituée de cavaliers ayant déjà participé aux Jeux olympiques et/ou championnats du monde. Alex Hua Tian, cavalier établi de très longue date au Royaume-Uni et premier Chinois à participer aux JO en complet, en 2008 à Hong Kong, était accompagné ce week-end de Sun Huadong et Bao Yingfeng, tous deux basés aux Pays-Bas chez leur entraîneur Martin Lips, ainsi que de Liang Ruiji, qui partage son temps entre la Belgique et la Chine et concourt principalement en jumping.



Déjà qualifiée depuis les Mondiaux de Pratoni, la Nouvelle-Zélande a profité de ce CCIO 3*-L pour aguerrir des chevaux moins expérimentés. Son chef d’équipe, Sam Griffiths, a résumé ainsi cette compétition cruciale pour les autres nations: “Je viens de rencontrer l’équipe chinoise, qui est absolument ravie. Les Australiens ont aligné une équipe incroyablement forte. Le parcours de cross était suffisamment solide et le temps imparti a joué un rôle important. La compétition s’est déroulée dans d’excellentes conditions. Entre Japonais et Chinois, tout s’est joué à l’hippique, ce qui a rendu la compétition palpitante. Le Japon est une nation très forte et le fait que la Chine se soit qualifiée devant le Japon marque un grand pas en avant.”

Attention, toutefois, l’équipe chinoise de concours complet n’est pas encore garantie de pouvoir fouler les pistes des jardins du château de Versailles. En effet, afin de pouvoir valider sa participation aux JO dans cette discipline, le comité olympique chinois devra justifier l’existence d’au moins trois couples ayant atteint les minima individuels d’éligibilité au 31 décembre 2023, et à ce jour, la Chine en compte deux. En théorie, les JO de Paris 2024 sont ouverts à seize équipes, dont celle de la France, pays hôte, ainsi qu’à dix-sept couples concourant en individuel, afin de respecter le quota de soixante-cinq participants, hors remplaçants. Jusqu’à présent, l’Allemagne, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande, la Grande-Bretagne, l’Irlande, la Suède et la Suisse ont obtenu gain de cause aux Mondiaux de Pratoni en 2022. Cette année, l’équipe de Pologne a conquis à domicile la seule place offerte aux nations du Groupe C (Europe de l’Est) lors du CCIO 4*-L de Baborówko. Désormais, la concurrence sera rude pour les cinq places restantes. Les championnats d’Europe, qui se tiendront du 9 au 13 août au Haras du Pin, offriront deux tickets, tout comme les Jeux panaméricains, qui auront lieu du 20 octobre au 5 novembre à Santiago du Chili. La toute dernière place est mise en jeu dans le cadre de la série FEI des Coupes des nations, qui s’achèvera en octobre à Boekelo, aux Pays-Bas. Après trois étapes, la dernière ayant aussi eu lieu à Millstreet, la Belgique pointe en tête devant l’Italie, les Pays-Bas et l’Espagne, quatre nations non encore qualifiées.

Ainsi, pour que l’équipe japonaise, placée depuis longtemps sous la responsabilité de Laurent Bousquet, parvienne à se qualifier, il lui faudrait miser sur ce circuit, qui compte encore six étapes, ou sur l’incapacité de nations qualifiées à satisfaire aux minima individuels. À ce stade, il semble que les règles de réattribution des qualifications n’aient pas encore été définies, alors qu’elles devaient l’être lors de la dernière assemblée générale de la FEI, en novembre 2022. Sinon, le Japon, hôte des derniers JO, pourra toujours obtenir des qualifications individuelles.