Victorieux à Rotterdam, les Bleus veulent confirmer leur progression à Aix-la-Chapelle

Le week-end dernier, l’équipe de France de dressage s’est imposée dans la Coupe des nations du CDIO 4* de Rotterdam, qui a vu les Tricolores accumuler les records personnels, Morgan Barbançon ayant même remporté le Grand Prix et la Libre avec Habana Libre A. Présents cette semaine à Aix-la-Chapelle, où une équipe tricolore est engagée dans le CDIO 5* pour la première fois depuis 2007, les Français ont pour but d'y confirmer leurs scores obtenus aux Pays-Bas, comme l'a expliqué Jean Morel, le sélectionneur national.



Morgan Barbançon et Habana Libre A ont réliasé de très belles performances aux Pays-Bas

Morgan Barbançon et Habana Libre A ont réliasé de très belles performances aux Pays-Bas

© FEI / Leanjo De Koster

“À Rotterdam, plusieurs de nos cavaliers ont presque atteint les 73% dans le Grand Prix, où ils ont été évalués par des juges très expérimentés (qui feront tous partie du jury des championnats d’Europe en septembre à Riesenbeck, ndlr), donc ils ont rempli les objectifs que nous leur avions fixés”, se réjouit Jean Morel, le sélectionneur national français pour le dressage. Il faut dire qu’aux Pays-Bas, en plus de remporter une victoire historique dans la Coupe des nations, où la concurrence était cependant bien moins féroce qu'elle a pu l'être par le passé, ses troupes ont accumulé les records personnels et les scores prometteurs, à commencer par Morgan Barbançon Mestre. Aux rênes de Habana Libre A, la cavalière a d’abord remporté le Grand Prix du CDIO 4* batave jeudi en obtenant la note de 72,696%, avant de s’imposer dans la Libre, samedi, où sa prestation a été évaluée à 79,820%. Elle et son hongre alezan, qu’elle décrit comme “le meilleur cheval qu’[elle] ai[t] jamais monté”, se sont donc offert deux records personnels en un week-end! “Je suis très, très fière de lui”, a livré la cavalière après la dernière épreuve du concours. “C’était seulement la deuxième Libre que nous disputions avec ce texte, que j’ai essayé pour la première fois il y a quelques semaines. Habana était un peu inquiet car il y avait beaucoup d’ambiance, et je craignais un peu la manière dont il allait réagir, mais après le premier arrêt, il s’est détendu et m’a écoutée.” 



Dans ce même Grand Prix Libre, Corentin Pottier et Gotilas du Feuillard sont montés sur la deuxième marche du podium et ont aussi établi un nouveau record personnel en atteignant les 78,220%.Lors de la première épreuve du concours, déjà, le cavalier de Pamfou Dressage avait récolté un solide 72, 326% avec son fils de Totilas, contre 69,392% au même endroit et dans la même reprise l’an passé, ce qui témoigne d’une très nette progression. “Je suis venu ici pour la première fois avec l’équipe l’an passé et nous avions terminé quatrièmes, alors c’est vraiment une belle amélioration d’être cette fois vainqueurs”, a justement noté le cavalier à la fin du week-end.



Deux records personnels aussi pour Pauline Basquin

Comme Morgan Barbançon et Habana, Pauline Basquin et Sertorius ont décroché deux records personnels à Rotterdam.

Comme Morgan Barbançon et Habana, Pauline Basquin et Sertorius ont décroché deux records personnels à Rotterdam.

© FEI / Leanjo De Koster

Peu avant ce doublé français dans la Libre, les Tricolores avaient déjà réalisé de très bonnes performances dans le Spécial, disputé samedi après-midi à Rotterdam. Là, Pauline Basquin et Sertorius de Rima*IFCE se sont classés deuxièmes, n’étant battus que par Emmelie Scholtens et Indian Rock, quatorzièmes sur le même texte aux Mondiaux de Herning l’été dernier. Comme Morgan Barbançon Mestre et Habana Libre A, l’écuyère du Cadre Noir et son hongre ont profité de leur week-end aux Pays-Bas pour décrocher deux records personnels en compétition internationale, atteignant les 72,500% dans le Grand Prix - contre 70,283% l'an passé - puis les 73,468% dans le Spécial, et ce malgré des fautes dans les changements de pied au temps. “Je sais qu’ils vont passer”, martèle la cavalière, qui perd déjà beaucoup moins de points dans cet exercice qu’il y a quelques mois. “À Rotterdam, mon cheval m’a donné un très bon sentiment, ajoute-t-elle. J'ai vraiment bien aimé le monter: il était avec moi, actif. Nous commençons à obtenir le rassembler que nous recherchons, et comme il se tient plus, il est plus expressif.”



Si Alexandre Ayache a eu des résultats un peu inférieurs aux autres membres du collectif tricolore à Rotterdam, Jean Morel explique que le Niçois est “sacrifié à chaque fois lors des Coupes des nations, car il est toujours l’ouvreur de l’équipe.” “Lorsqu’il atteint les 70%, ce qu’il a très bien fait à Rotterdam comme à Compiègne, il sécurise les autres cavaliers, et c'est très important. D’ailleurs, si ses performances avaient compté aux Pays-Bas, nous aurions tout de même gagné la Coupe! Il travaille, et c’est maintenant à lui de corriger les fautes dans ses reprises pour obtenir des scores encore meilleurs.” Au-delà des scores, “pour la première fois, nous avons pu discuter avec les juges, qui sont venus dire aux cavaliers que ce qu’ils faisaient était bien”, explique Jean Morel. “Il faut dire que ceux-ci ont bien conservé la ligne de l’équitation à la française, qui a de l’avenir à haut niveau selon moi, car les chevaux présentés avec un contact léger et une jolie attitude plaisent aux juges.”



Confirmer à Aix-la-Chapelle

Désormais, c’est à Aix-la-Chapelle que les dresseurs tricolores sont présents. La France présente une équipe dans le CDIO 5* allemand pour la première fois depuis 2007! Pour Jean Morel, les objectifs sont clairs: “nous sommes venus à Aix pour voir comment nos chevaux se comportent en concourant deux week-ends de suite, car ils manquent encore un peu de dureté au travail, et confirmer les points obtenus à Rotterdam.” “Avec les scores que nous avons eus, je pense que nous pouvons atteindre la finale par équipes des Jeux olympiques (qui se disputera sur le Grand Prix Spécial et sera ouverte aux dix meilleurs collectifs du Grand Prix, ndlr), mais nous devons essayer d’aller le plus loin possible, même si nous avons déjà franchi un grand palier, et sécuriser les 73% de moyenne au Grand Prix, qui sont l’objectif du staff fédéral pour cette saison.”



Bien sûr, l’enchaînement de ces deux concours d’importance a nécessité une préparation bien en amont. “Nous avions économisé les chevaux auparavant et nous les avons bien gérés avec leurs entraîneurs et tout leur entourage à Rotterdam, en les sortant à la fraîche et en raccourcissant leurs détentes”, explique Jean Morel. “Ils ont été mis au repos complet dimanche, ont voyagé tranquillement lundi et ont repris le travail aujourd’hui, passant également l’inspection vétérinaire de belle manière.” Outre les enjeux précités, l’Officiel d’Allemagne est pour beaucoup de cavaliers un concours mythique, comme le confirme Pauline Basquin. “C’est assez magique d’être ici”, avoue-t-elle. “Nous sommes arrivés lundi, mais c’est surtout depuis hier qu’il y a une atmosphère générale assez particulière avec le public dans les allées, mais aussi tous les autres chevaux qui arrivaient. On sait que le stade va être rempli, et puis il y a aussi les autres disciplines qui sont organisées en parallèle et nous boostent.” “Nous venons ici humbles et sans nous enorgueillir de notre victoire du week-end dernier”, conclut Jean Morel. “Nous avons tourné la page et devons désormais en écrire une nouvelle. Cependant, il est clair que nos cavaliers sont vus différemment, aussi bien par les juges que les autres observateurs, et j’en suis ravi.”



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